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Le marché des produits bio a quasi doublé depuis 2005

Hausse des conversions des exploitations, accroissement de la consommation de produits certifiés… le bio conserve le vent en poupe. Mais si la filière résiste bien à la crise, elle peine toujours à répondre à la demande. Explications.

Agroécologie  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
   
Le marché des produits bio a quasi doublé depuis 2005
© Dominique VERNIER - Fotolia.com
   
Selon les derniers chiffres révélés le 19 mai par l'Agence Bio, le nombre d'exploitations engagées dans la filière biologique a augmenté de 23,7% l'an dernier par rapport à 2008. Alors qu'elles étaient 13.300 fin 2008, elles sont passées à 16.446 fin 2009. ''Jamais une aussi forte hausse du nombre d'exploitations bio n'a été enregistrée en France !'', et ce malgré la crise, s'est réjouie Elisabeth Mercier, directrice de l'Agence. En 2009, chaque mois, 300 producteurs nouveaux se sont ainsi engagés dans la bio. Les opérateurs de la filière biologique (transformateurs, distributeurs, importateurs) sont plus nombreux également : ils étaient 25.203 en 2009, soit 21 % de plus qu'en 2008. Toutes les régions connaissent cette progression (entre + 11 et + 36%). Tous les secteurs de production sont concernés (fruits, légumes, œufs, viande…).

3,14 % d'exploitations bio

Au total, 3,14 % des exploitations françaises étaient bio fin 2009, soit 677.513 hectares (525.638 certifiés et 151.875 en conversion). Ce qui représente une hausse de 16 % par rapport à 2008 et correspond à désormais à 2,46 % de la surface agricole utile (SAU). Si la filière ''s'accélère'', estime Mme Mercier, ce développement est à relativiser… On est encore loin des 6% de SAU bio prévus en 2012 par le Grenelle même si Pascal Gury, Président de l'Agence Bio, reste confiant et affirme que cet objectif est ''réalisable'' d'ici deux ans…. Pour y parvenir, de nombreux dispositifs de soutien ont été mis en place (dispositif d'aide à la conversion (CAB), doublement du crédit d'impôt applicable aux exploitations biologiques…). D'autant que les surfaces en conversion ont grimpé de 86 % en 2009 !, rappelle l'Agence. 14 départements auraient d'ores et déjà une SAU supérieure à 6%, selon l'Agence. Deux régions sont en tête : Provence-Alpes-Côte d'Azur (8,7 % de la SAU) et Languedoc-Roussillon (6,4 %). ''Cette croissance, qui va permettre de poursuivre le développement de l'offre française en produits bio, est la traduction de la mobilisation des producteurs et entreprises de stockage, conditionnement, transformation, distribution pour répondre aux attentes des consommateurs'', explique l'Agence Bio.

Consommation en hausse malgré la crise

Les consommateurs français restent, malgré la crise, toujours plus demandeurs de produits bio. Les données 2009 confirment cette tendance, avec une progression de 19% pour atteindre 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires (2,6 milliard d'euros en 2008), selon l'Agence. Le bio représente désormais 1,9% du marché alimentaire total. ''Le marché a quasi doublé en 4 ans'', s'est félicitée Mme Mercier. D'autant que les prix des produits bio ''n'ont en moyenne pas augmenté l'an dernier''.

La hausse des achats des produits bio serait donc liée ''à une augmentation des volumes des produits vendus'' dans les circuits de distribution. Les grandes surfaces restent en tête avec 45 % des produits bio achetés, suivis des réseaux spécialisés (26%), des magasins spécialisés indépendants (12%), la vente directe (fermes, marché, Amap…, 12%) et les artisans-commerçants (5%). Parmi les produits : les ventes de lait et d'œufs bio ont plus que doublé en quatre ans. Le rayon crèmerie est le plus plébiscité par les consommateurs représentant 22% des ventes, suivi de l'épicerie (19%), des fruits et des légumes frais (17%).

1,3 % de produits bios en restauration collective

Les achats effectués par les restaurants collectifs, particulièrement dans les cantines scolaires, comptent également pour beaucoup. Favorisés par les mesures du Grenelle, ils ont ainsi représenté 3 % du marché de l'alimentation biologique. Leurs achats ont plus que doublé en un an pour atteindre 92 millions d'euros (hors pain) contre 44 millions en 2008. 1/4 des restaurants collectifs proposent désormais des produits bio ''ne serait-ce que de temps en temps'', soit 29.000 établissements. 13 % d'entre eux introduisent ''au moins 1 produit tous les jours'' contre 5% en 2009. ''Et ils sont de plus en plus nombreux à le faire régulièrement'', souligne Mme Mercier.

Malgré cet enthousiasme, cette hausse reste mesurée : les aliments bio n'ont représenté qu'1,3% du total des achats alimentaires en restauration collective en 2009 (0,63% en 2008) alors que la loi Grenelle 1 prévoit d'intégrer, dans ces établissements, 20 % de produits bio en 2012….

Déséquilibre offre/demande

Revers de la médaille : si Mme Mercier mise sur ''une forte dynamique de croissance'' en 2010, la production biologique française peine toujours à répondre à la demande. D'autant que les importations sont encore trop nombreuses. Alors que pour les volailles, œufs et vin ou viandes bovine et ovine, la production française est suffisante pour satisfaire la demande, 38% des produits bio sont encore importés issus de pays voisins (Espagne, Italie, Allemagne). Un tiers de ces produits est considéré comme incontournables (produits tropicaux, agrumes…). Un autre tiers compte des produits où la France n'a pas d'avantages compétitifs (soja, aquaculture, légumes méditerranéens, épiceries). Mais le tiers restant est constitué de denrées (céréales, laits, fruits et légumes, viandes de porc) qui pourraient très bien être produites dans l'Hexagone…. à moindre coût ?… ''A partir de 2011, les importation de lait devrait diminuer'', assure Mme Mercier en rappelant que la France a de son côté exporté essentiellement des fruits et légumes (36%) et des vins (36%) pour 190 millions d'euros.

Une évolution de la filière française est donc nécessaire : le déséquilibre offre/demande s'étant accentué ces dernières années au profit des circuits d'importations en hausse de 8%. D'autant qu'il faut trois ans pour convertir une parcelle agricole conventionnelle au bio.

Réactions5 réactions à cet article

 
déçus du bio

300 agriculteurs convaincus chaque mois , trés bien ! mais combien quittent la filière ? trés deçus ...

septique ! | 27 mai 2010 à 10h54
 
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M.

Parce qu'il n'ont pas été accompagné dans leur conversion,tout simplement.

La production bio est très technique et les agriculteurs qui ont été formé et formaté à la monoculture intensive qui se sont convertie sans connaissance de la production bio juste pour toucher les aides se sont cassé les dents.(les opportunistes entre autre )

Il faudrait former les agriculteurs conventionel avnt conversion et pas que sous forme d'aides.

friends85 | 27 mai 2010 à 11h22
 
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Vers une bulle du marche bio

Je pense que nombre des agriculteurs qui se lancent actuellement dans la production bio soient decus car la demande pourrait etre freinee par la crise economique qui va toucher les revenus des francais.Le risque: un excedent de l'offre sur la demande et des agriculteurs qui perdront de l'argent car les prix des produits bio baisseront,c'est la loi de l'offre et de la demande, alors que les couts de production du bio ne peuvent pas baisser.

gilook | 27 mai 2010 à 15h52
 
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Re:Vers une bulle du marche bio

Les couts de productions sont effectivement des éléments déterminants pour les agriculteurs.

Mais je ne suis pas d'accord sur votre vision de leur évolution.

Alors que l'agriculture conventionnelle a beaucoup gagné de ce point de vue ces cinquantes dernières années, elle perd au contraire du terrain avec des changements assez récents : du cout du travail à l'évolution des pratiques phytosanitaires qui seraient plus respectueuses de l'environnement (des pesticides moins toxiques et plus couteux)

L'agriculture biologique a toujours été considérée comme une niche commerciale sans grand intéret, délaissée par la recherche et le développement agricole, fait justifié par la marginalité de la méthode : 1% des surfaces...
Mais l'agriculture conventionnelle se rapproche du top de la productivité tandis que le bio lui est loin d'être non seulement au top de la productivité mais est franchement pas au point dans beaucoup de domaine.

Le bio ne consiste pas à refaire l'agriculture de grand papi mais a produire dans un cadre excluant l'emploi des pesticides et engrais de synthèse, le problème étant qu'on part de l'agriculture de grand papi avec une évolution technique faible dans la plupart des domaines.
Mais le développement de l'agribio va entrainer une amélioration des méthodes de production, et une baisse des couts de production.

Le principal éceuil à cette évolution étant l'idée que se fait le monde agricole de la culture : sans pesticides point de rendement...

Mac le Givré | 14 juin 2010 à 00h19
 
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Re:M.

Le conventionnel est assez au point et plutôt facile à appliquer : traitements quasi systématiques à appliquer, on a une recette efficace et facile.

Le bio est non seulement pas au point dans bien des domaines, mais de toute façon bien plus technique...

Mac le Givré | 14 juin 2010 à 00h23
 
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