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Mégot, autopsie d'un pollueur de taille

Malgré ses 3 cm, un mégot de cigarette pollue considérablement le milieu. Le principal défi ? Empêcher qu'il ne se retrouve au sol. Pourtant 40 milliards de mégots seraient jetés par terre chaque année en France. Alors comment faire ? Punir ? Collecter ? Recycler ? Voici notre nouveau reportage.

Reportage vidéo  |  Déchets  |    |  Marie Jo SaderActu-Environnement.com

Les villes n'en peuvent plus des mégots de cigarettes. Véritable fléau, ils se retrouvent par milliers sur les trottoirs, les jardins et les routes et constituent une véritable pollution visuelle qui nuit à leur image. A Paris, 350 tonnes de mégots seraient retrouvés au sol annuellement, ce qui a conduit la ville à verbaliser les responsables d'une amende de 68 euros pouvant doubler en cas de non respect des délais de paiement.

Comme d'autres gestes de notre quotidien qui nuisent à l'environnement, jeter son mégot au sol a des conséquences bien plus importantes que ce que l'on imagine. Le mégot est en effet le premier déchet marin. Emporté par le vent et la pluie, il se retrouve rapidement dans les réseaux d'assainissement puis dans le milieu aquatique qu'il va contaminer. Un filtre à cigarette contient 4000 substances chimiques (nicotine, phénol, métaux lourds...) ainsi que du plastique, l'acétate de cellulose, et il pollue à lui seul 500 litres d'eau.

Un recyclage possible ?

Considéré jusqu'à présent comme un déchet insignifiant et mélangé aux autres ordures, le mégot est pourtant une matière recyclable. Des entreprises de collecte ont compris l'enjeu et propose via des contrats passés avec les collectivités, la SNCF, et des entreprises privées, d'équiper les points sensibles de la ville de cendriers adaptés, comme les gares, les arrêts de bus ou les immeubles de bureaux.

A Bordeaux (Gironde), la métropole a ainsi confié ses cendriers à Ecomégot, une start-up qui installe des bornes de collecte et qui récolte quotidiennement à vélo les mégots de ses clients. L'objectif ? Sensibiliser les fumeurs à jeter leur cigarette dans un contenant adapté, mais aussi amasser suffisamment de mégots pour les valoriser en matière plastique. Mais l'entreprise attend que la réglementation définisse le statut de ce déchet hautement pollué par les substances toxiques qu'il contient.

Une récente étude de l'Ineris, l'Institut national de l'environnement industriel et des risques a en effet conclu à sa dangerosité, ce qui pourrait bientôt conduire l'Etat à le classer comme "déchet dangereux". A Brest (Finistère), une entreprise nommée MéGO spécialisée dans leur collecte a décidé d'anticiper les prescriptions réglementaires en développant une technologie qui garantit la dépollution du mégot et son recyclage en plaques en plastique. Il s'agit d'une première en France car jusque là les mégots étaient acheminés par l'entreprise de collecte TerraCycle vers la Grande-Bretagne où des solutions de valorisation sont en cours de test. L'unité bretonne, classée ICPE, est dimensionnée pour recevoir 80 tonnes de mégots par an. Elle en est loin pour l'instant avec seulement deux tonnes collectées ces deux dernières années. En attendant, MéGO a bon espoir de faire changer les comportements en donnant un débouché aux filtres à cigarettes qu'elle recycle en palettes et en mobilier urbain.

Mais être informé que son mégot peut être recyclé suffit-il pour nous inciter à le jeter dans un cendrier ou une poubelle ? Pas si sûr... Alors comment faire ? Eléments de réponse dans notre nouveau reportage vidéo.

Réactions6 réactions à cet article

 

Bonjour,
je suis épaté de constater que des start-up sont déjà sur le coup. Belle réactivité ! Et belle besogne. Mais le prix du paquet de clopes intègre-t-il le coût de la démarche de collecte / reçyclage ?
En revanche, qu'en est-il des paquets, composés d'un blister souple en plastique, de carton et d'une feuille d'aluminium ? Ils se retrouvent par millions dans la nature et ne se dégradent pas intégralement.
La seule solution : faire baisser fortement la consommation de tabac.

Pégase | 11 décembre 2017 à 14h03
 
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Bonjour
Merci pour ce reportage intéressant.
Si nous étions rationnels, avant de ne plus jeter notre mégot partout, nous arrêterions de fumer !

Viniasco | 11 décembre 2017 à 16h41
 
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Seul hic à la démarche... son coût qui dissuadent les entreprises. Si seulement le prix des cigarettes incluaient une taxe de recyclage...

AdelineA | 12 décembre 2017 à 10h15
 
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@Pégase

Bonjour
Bien que cette proposition fut évoquée par certains responsables politiques, il n'existe à ce jour aucune taxe visant les fabricants de tabac pour couvrir le traitement des mégots cigarettes.
Les entreprises de collecte à l'instar de celles que vous avez aperçues dans le reportage sont bien entendu très demandeuses d'une telle REP, responsabilité élargie du producteur.

Merci de votre fidélité.
Marie Jo Sader, journaliste.

Marie Jo Sader Marie Jo Sader
12 décembre 2017 à 11h27
 
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Bonjour,
imputer le coût de la gestion des déchets au producteur, ce n'est jamais qu'incorporer dans le bilan financier ces externalités. Ca fait tout de même quelques dizaines d'années (si ce n'est centaines) que les producteurs de tabac engrangent des bénéfices en "confiant" à la nature le soin de gérer une part non négligeable des déchets de son activité. Il me paraît légitime que le législateur leur demande désormais d'exercer pleinement leurs responsabilités économiques.

Pégase | 12 décembre 2017 à 13h36
 
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Complètement d'accord avec Pégase, d'autant plus que le fumeur étant insouciant de sa propre santé, il n'est pas prêt de se préoccuper de celle de la Nature qu'il pollue avec son mégot.

gaia94 | 29 décembre 2017 à 19h49
 
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