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Actu-Environnement

Vers un menu végétarien quotidien dans les cantines publiques

L'Assemblée nationale a adopté un amendement qui impose une option végétarienne quotidienne dans les cantines publiques à compter de 2023. Les cantines scolaires échappent toutefois à cette obligation.

Agroécologie  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com

C'est l'une des rares dispositions du projet de loi climat qui trouve grâce aux yeux des associations écologistes. Les députés ont adopté le 16 avril en séance publique un amendement qui impose une option végétarienne quotidienne dans certaines cantines publiques.

Selon la disposition adoptée, les gestionnaires publics et privés des services de restauration collective de l'État, de ses établissements publics et des entreprises publiques nationales devront proposer tous les jours un menu végétarien à compter du 1er janvier 2023 au plus tard. L'obligation ne s'imposera toutefois que si ces gestionnaires proposent habituellement un choix multiple de menus.

L'ensemble des services de restauration concernés par cette disposition représentent plus d'un milliard de repas par an, a précisé la rapporteure Célia de Lavergne (LReM - Drôme), auteure de l'amendement. De nombreuses structures sont en effet concernées : administrations d'État, restaurants universitaires, armée, prisons, hôpitaux, établissements publics comme les agences de l'eau ou les agences régionales de santé, entreprises publiques comme EDF ou Enedis, etc.

À travers ce vote, Greenpeace salue « une des rares avancées du texte ». « L'article voté comporte cependant un manquement de taille, tempère toutefois l'ONG : les collectivités locales ne sont pas concernées par les obligations (…), les élèves de collèges et lycées ne pourront donc accéder à des options végétariennes que lorsque leurs gestionnaires le décideront ».

Menu végétarien hebdomadaire dans les cantines scolaires

La majorité a en effet repoussé les amendements qui proposaient d'étendre l'obligation de menu végétarien quotidien aux collectivités locales. Elle a préféré adopté le principe d'une expérimentation pour les seules collectivités volontaires. Cette expérimentation, d'une durée de deux ans, fera l'objet d'une évaluation par le Gouvernement dont le bilan devra être présenté au Parlement six mois avant son terme.

Les députés ont en revanche pérennisé l'expérimentation de la loi Égalim qui impose un menu végétarien hebdomadaire dans les cantines scolaires. Cette expérimentation, prévue pour une durée de deux ans, est en cours depuis le 1er novembre 2019. Elle a fait l'objet d'une évaluation par la mission d'inspection du ministère de l'Agriculture. « Cette évaluation démontre qu'une telle option est possible et n'entraîne pas plus de gaspillage, pas de coûts supplémentaires particuliers, et surtout que les menus végétariens n'amoindrissent pas la qualité (…) des repas de nos enfants », s'est félicitée la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili.

« L'objet de l'option végétarienne est d'introduire moins de viande dans les menus, mais de la meilleure viande, car seul l'élevage extensif capte du carbone. Or, la viande des cantines provient à plus de 50 % de l'élevage intensif importé », a rappelé la députée LReM Sandrine Le Feur (Finistère), auteure de l'un des amendements pérennisant l'expérimentation.

« Une évolution des référentiels de formation en cuisine pour y inclure les avantages en termes de santé et d'environnement de la diversification des protéines a également été votée », se félicite Greenpeace. Afin d'accompagner les gestionnaires des cantines scolaires, l'Assemblée a en effet adopté des mesures de soutien à la formation. Le succès des menus végétariens « dépend de leur appropriation locale par les personnes chargées de la restauration, a expliqué le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie. C'est pourquoi nous avons prévu des mesures relatives à la formation aux questions nutritionnelles ». Autrement dit par la rapporteure Célia de Lavergne : « La réussite dépend aujourd'hui de notre capacité à proposer dans les cantines des repas végétariens qui soient bons ».

Économiser 1,3 Mt de CO2 par an

« Pour aller plus loin et répondre véritablement à l'urgence environnementale, c'est l'ensemble de la restauration collective, publique et privée, qui devrait proposer une option quotidienne végétarienne, ainsi que deux menus végétariens hebdomadaires pour tous les convives », regrette toutefois Greenpeace.

Les mesures prises dans le domaine de la restauration figurent en effet parmi les dispositions les plus efficaces susceptibles d'être mises en œuvre pour lutter contre le changement climatique.

« Si elle est retenue par 30 % des convives, l'option végétarienne dans l'ensemble de la restauration collective (…) permettrait d'économiser jusqu'à 1,3 million de tonnes de CO2 par an, soit presque autant que les émissions annuelles de tous les transports à Paris », a rappelé la députée LReM Samantha Cazebonne (Français de l'étranger).

Réactions6 réactions à cet article

 

Ce serait bien de savoir quel est le but initial recherché de cette démarche.
1 -Si c'est diminuer la production de CO2, on peut déjà essayer de travailler nettement plus avec les producteurs locaux. J'ai l'exemple d'où je vis (Colmar). Il y a 10 ans, le prestataire qui s'occupait des cantines maternelles et primaires bossait avec une société qui faisait ses plats à .. Vesoul (150-200kms d'ici), et ensuite, acheminement via la route... il a suffit qu'au conseil municipal on s'en émeuve et dans les 6 mois, c'est basculé du côté de Sélestat (25 kms). Ca, c'est un souci du "moins disant", la stratégie du "moins d'impôts" a ses limites.
2 - Si c'est avant tout faire manger du végétarien, çà va ensuite vouloir faire manger du végétalien, et du végétarien/lien bio, etc.... ce serait déjà bien que les enfants mangent de tout correctement. Pour certains, le midi, c'est leur repas le plus important (vécu personnel, en échangeant avec des encadrants d'école).

En conclusion, je trouve que ce serait bien de leur faire manger avant tout de TOUT, mais en local (ici, en Alsace, on peut le faire), quitte à ce ne soit que de l'agri raisonnée, c'est déjà super long de les éduquer et leur donner envie.. plutôt qu'à tout prix vouloir leur faire manger du végétarien à base de soja bio brésilien.

nimb | 26 avril 2021 à 09h47
 
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Ils peuvent tout de même pas dire que bouffer que des légumes et quelques fruits coûte plus cher qu'un steak, un morceau de boudin noir, un andouillette , une côtelette de porc.
Ca risque de manquer de protéines pour leur développement, les protéines végétales s'assimilent très mal.
Une bonne nouvelle tout de même pour des gens comme moi très inquiet du manque de protéines, il y a 60 ans la farine panifiable ne comptait que 8% de gluten fallait faire du levain, on a évolué et on arrive à 14% de gluten dans les nouveaux blés or gluten = protéines. :"laisse leur menu dégueu et bouffe notre cass'dale!" tu grandiras aussi vite qu'on leur dira.

pemmore | 26 avril 2021 à 14h08
 
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Oh non ! C'est foireux comme choix et si ça capote c'est encore les écolos qui vont prendre !
S'il y a toujours de la viande proposée à chaque repas ça m'étonnerai que 30% choisissent le végétarien. D'autant plus si la viande est de meilleure qualité.
Un jour sans viande et notamment dans les écoles me semblent une mesure beaucoup plus pertinente.
A la limite mettre une différence de prix entre les 2 favoriserait le végétarien. Mais Madame de Lavergne a bien saisie le point cruciale : la réussite dépend de la qualité gustative du plat végétarien. Bonne chance.

bIBU | 26 avril 2021 à 14h30
 
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"seul l'élevage extensif capte du carbone". Donc si on impose uniquement de la viande issue de ces élevages non seulement on économise plusieurs dizaines de million d'émission CO mais en plus on augmente le nombre d'élevage captant du CO pour satisfaire la demande!
Une évidence qui n'est pas dans la lignée des associations environnementales qui nient en bloc les bienfaits du pastoralisme.

ouragan | 26 avril 2021 à 15h58
 
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Justement je cherchais les méthodes de calcul pour le stockage de carbone du pastoralisme. Ouragan, vous avez des sources sur ce sujet ?

bIBU | 29 avril 2021 à 13h06
 
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Le pastoralisme avec le retour du loup chez moi, ben on peut oublier, dans l'étable les grosses vaches merci les écolos.
On a aperçu le premier ce mois-ci.
Et puis les poulets de Loué et les moult emplois on oublie.
Merci ste écologie.

pemmore | 29 avril 2021 à 15h45
 
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