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Le mercure peut affecter l'expression des gènes d'une micro-algue, selon une étude

Risques  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

Des chercheuses suisses de l'Université de Genève (UNIGE) ont mesuré la façon dont le mercure peut altérer l'expression des gènes d'une micro-algue,"même lorsque sa concentration dans l'eau est extrêmement faible, comparable aux normes de protection environnementales européennes". Leur étude a été publiée le 14 août dans la revue Scientific Reports.

L'équipe de Vera Slaveykova, professeure en biogéochimie environnementale et écotoxicologie à l'UNIGE a étudié la micro-algue verte Chlamydomonas reinhardtii, dont le génome a été intégralement séquencé. "Cette information génomique lui a permis de dresser des comparaisons entre plusieurs cultures d'algues exposées à différentes concentrations de mercure, et d'en mesurer les conséquences", précisent les scientifiques.

Grâce à des outils de biologie moléculaire, les chercheuses ont pu analyser le transcriptome de ces micro-algues, c'est-à-dire l'ensemble de l'ARN qui pilote l'expression de leurs gènes. "Nous avons pu déterminer avec précision lesquels étaient surexprimés ou au contraire sous-exprimés suite à une exposition au mercure", explique Vera Slaveykova. Et de conclure que le mercure perturbe le métabolisme des algues et que plusieurs gènes sont "dérégulés", que sa concentration corresponde aux normes environnementales européennes ou à celle observée habituellement dans l'environnement.

Avec le mercure inorganique, le methylmercure est l'une des deux formes de mercure étudiées par les chercheuses. "Il nait de la transformation du mercure inorganique provoquée par les bactéries dans le milieu anoxique. Il s'amplifie dans la chaîne alimentaire de façon très prononcée et peut affecter directement le système nerveux central."

"Grâce à l'approche transcriptomique, on sait désormais comment le mercure pénètre dans la chaîne alimentaire et en affecte le premier échelon, les micro-algues, au niveau de leur génome", soulignent les chercheuses.

Cette étude est publiée au moment de l'entrée en vigueur, le 16 août 2017, de la convention internationale de Minamata visant à réduire l'exposition au mercure. La convention prévoit notamment d'interdire les nouvelles mines de mercure, d'éliminer progressivement les mines existantes, de réduire les émissions et l'utilisation du mercure, y compris dans les amalgames dentaires. Applicable à compter de 2018, un nouveau règlement européen alignera le droit européen sur la convention internationale. La France a publié, fin juillet 2016, la loi autorisant sa ratification.

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