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Nuisances aériennes : les premières conclusions de la DGAC donnent raison aux opposants

Une campagne de mesure donne raison aux opposants au relèvement de 300 mètres de la procédure d'approche de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle qui craignaient que les villes éloignées soient plus impactées par le bruit.

Transport  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Nuisances aériennes : les premières conclusions de la DGAC donnent raison aux opposants

Les niveaux de bruit constatés à proximité des nouveaux points d'attente d'approche finale (les FAP pour Final Approach Point) pour l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle à Roissy (Val-d'Oise) sont conformes aux prévisions de l'enquête publique. Par contre, "les résultats divergent (…) essentiellement en raison d'une concentration des vols plus forte que prévue" pour les communes plus à l'ouest. Tels sont les principaux résultats des deux campagnes de mesurage sonore réalisées en neuf sites à l'ouest de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, avant et après le relèvement de 300 mètres des altitudes d'arrivée des avions. Cette mesure controversée avait été prise en novembre 2011 par la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet à la suite du Grenelle de l'environnement.

Ces résultats confirment ainsi les craintes du Collectif inter-associatif du refus des nuisances aériennes (Cirena) qui estimait qu'avec cette mesure les communes proches de l'aéroport souffriraient moins du bruit au détriment de populations plus éloignées et jusqu'alors moins impactées.

Mardi 15 janvier, le ministère de l'Ecologie a publié le rapport de synthèse rédigé par la direction générale de l'Aviation civile (DGAC), ainsi que sept rapports de communes : Beauchamp, Cergy, Conflans-Sainte-Honorine, Cormeilles-en-Parisis, Eragny, Jouy-le-Moutier et Saint-Leu-la-Forêt.

Les villes éloignées en pâtissent

Concrètement, l'étude cherche à évaluer le nombre de vols par jour dont le niveau sonore est supérieur ou égal à 65 décibels (dB); le NA65, dans le jargon de la mesure de bruit. Une première campagne de mesurage a eu lieu entre le 5 octobre et le 16 novembre 2011 avant le relèvement intervenu le 17 novembre et une seconde campagne a eu lieu entre le 15 février et le 31 avril 2012.

Il ressort de ces campagnes que les deux communes les plus proches de l'aéroport ont effectivement vu le nombre de NA65 baisser sensiblement, comme annonçé dans le dossier d'enquête publique. En moyenne ce nombre est passé de 81 à 42 à Beauchamp et de 181 à 131 à Saint-Leu. Néanmoins, si Saint-Leu affiche des résultats conformes à ceux anticipés dans le dossier d'enquête publique, Beauchamp présente des résultats bien supérieurs. Pour cette dernière, l'enquête publique évaluait à 43 le nombre moyen de NA65 avant le relèvement (contre 81 mesurés par la DGAC) et à 3 après relèvement (contre 42 constatés).

En revanche, les résultats sont sensiblement différents de ceux envisagés lors de l'enquête publique pour les villes éloignées de l'aéroport. Cergy nord subit en moyenne 12 dépassements quotidiens, contre 4 prévus, Conflans ouest 39 contre 25 annoncés, Conflans sud 26 contre 6, Eragny 20 contre 8 et Jouy 14 contre 4.

A noter par ailleurs que l'étude s'intéresse aux bruits extrêmes et n'indique rien concernant les niveaux sonores inférieurs à 65 dB qui constituent pourtant des nuisances aériennes. Dans une étude sur l'impact sonore le bruit du relèvement des trajectoires aériennes, Bruitparif s'intéressait aussi au bruit supérieur à 62 dB. Les prévisions de Bruitparif indiquaient que la diminution des dépassements du seuil des 62 dB serait deux fois plus faible que celle escomptée pour les bruits supérieurs à 65 dB.

Adaptation des contrôleurs aériens

Face à de tels écarts, le document de la DGAC ne peut que constater que "les résultats relevés divergent de ceux de l'enquête publique loin du FAP vers l'ouest", se gardant de préciser que l'écart est exclusivement en défaveur des riverains.

En cause ? "Essentiellement (…) une concentration des vols plus forte que prévue constatée à l'altitude d'interception ILS [c'est-à-dire à l'altitude de 4.000 pieds qui correspond au nouveau point d'attente d'approche finale], engendrant ainsi une augmentation de la longueur du palier". Selon la DGAC, "Ces profils de vol différents engendrent probablement une conduite machine moins favorable pour les émissions sonores si les traînées sont sorties plus tôt".

Cependant, les services de l'Etat restent optimistes et jugent qu'"après une nécessaire période d'adaptation du contrôle aérien en région parisienne, l'impact sonore relevé ici pourrait alors décroître". Il ne reste qu'à attendre que les contrôleurs aériens s'adaptent aux nouvelles règles…

Réactions9 réactions à cet article

 

Une étude de la DGAC sur la pertinence des procédures d’atterrissages de l'aéroport de Nantes serait peut-être aussi bénéfique aux opposants à Notre-Dame-des-Landes...?

Lionel | 21 janvier 2013 à 11h37
 
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Pourquoi les terrains d'aviations légères qui maintenant sont offerts aux communes gratuitement ne pourraient ils pas être réquisitionnés par la ministre du logement
cela serait compatible avec la protection des populations

eric | 21 janvier 2013 à 13h09
 
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Les avions on trouve ça pratique quand on part en vacances, et inadmissible quand on habite sous leur créneau de descente.

Un bel exemple (s'il en fallait un de plus) du nimby.

Daaaavid | 21 janvier 2013 à 15h29
 
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J'habite depuis 20 ans Triel/Seine, donc à l'ouest de Charles De Gaulle à 30 Km à vol d'avion, et effectivement par vent d'est Triel est survolé par les avions en phase d'atterrissage, en théorie au moins à 1500 m d'altitude. Je n'ai pas noté de changement sonore. Ces jours là, pas les plus fréquents dans l'année, à certains créneaux horaires il y a un passage toutes les 2 minutes, un peu gênant, mais très supportable, quand on est dans un jardin. En tout cas rien à voir avec ce que doivent endurer les habitants par exemple d'Ecouen, à quelques km de CDG, où les avions rasaient (rasent?) au sens propre les toits des maisons, altitude autour de 300m!
Donc je veux bien échanger quelques jours par an quelques excès de décibels, si cela peut, pour ces mêmes jours, améliorer, je l'espère, le sort des résidents proches. S'il y a mieux, évidemment je suis preneur.
Pour Nantes, sans rien connaitre au dossier, je me dis qu'installer un aéroport international hors la ville, peut quand même améliorer le sort des habitants de la ville et permettre de récupérer des terrains pour construire, et dans la perspective d'un aménagement national contribuer à désengorger l'Ile de France et favoriser un développement local. Il faut évidemment que ce soit les vrais arguments et pas une affaire d'ego de personne. Il y a peu, sur France 2 pour citer les sources, il a été présenté une prévision de croissance de 15% de la population de la façade atlantique.
Civilement

TrielCoteau | 29 janvier 2013 à 16h30
 
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La région de Limours est fortement impactée par le nouveau tracé d'approche d'Orly par vent d'est. Les promesse de réduction de bruit sont fausses, la fréqence des passages parfaitement centrés sur les villages est en hausse, c'est un comble quand on connait le topographie des lieux. Il faut savoir que les mesures de bruit ne sont pas faites par ADP dans ces villages, dons pas de thermomètre, pas de fièvre, pas de malade !
Cette situation est un scandale politique une ministre ayant fait passer en force ses intérêts en sachant pertinament ce qu'il allait en résulter.
Il y a pourtant des solutions acceptables comme l'adoption de la descente continue par les avions en approche, l'élargissement du couloir, le maintient à 200.000 passagers comme le prévoit d'ailleurs la loi actuelle (non respectée), le maitient du couvre feu. Il y des solutions, encore faut-il bouger les politiques qui sont en réalité les donneurs d'ordre d'ADP.

kbay78 | 13 février 2013 à 12h22
 
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OUi, il devient impératif de fermer les terrains d'aviation de loisirs situés en zone urbanisée et de faire cesser également les nuisances intolérables de centaines d'ULM sur les villages en campagne.
L'Etat a été très inconscient en donnant, transférant des terrains militaires indésirables aux maires à leur tour, inconscients en voulant instaurer des activités d'aviation légère sur leur commune, en pleine centre-ville ou sur les maisons de plusieurs milliers d'habitants.

Urgence : fermeture aérodrome des Mureaux-Verneuil et récupération du foncier pour l'habitat tranquille et sécurisé, sans survols, sans pollution, sans pollution sonore.

Groupe de Riverains aérodrome nuisant du Val de Seine | 13 février 2013 à 12h42
 
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Outil pour visualiser le trafic aérien en direct sur votre habitation : FlightRadar24 en temps réel

Survolés | 13 février 2013 à 12h59
 
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Les 16,17 et 18 février, configuration vent d'est, départs en vacances, le hub Air France marche bien apparemment, on voit que la pollution PM 10 (indice 55) et dyoxyde d'azote en IDF (source Air parif)est corrélée avec les descentes d'avion alignées parfois depuis Mantes la Jolie sur les couloirs de CDG et la zone autour de Roissy. Ce n'est donc pas le périphérique qui pollue, et les vacanciers ne partent pas au ski en voiture à Deauville..
Pic de pollution prévu le 19, le trafic aérien sera t' il réduit pour répondre à la loi grenelle 2 ?
Trafic aérien qui ne fait pas partie, évidemment, du plan de Prévention de l'air en Ile de France.
En attendant on préfére payer des amendes à la CEE pour dépassement des PM 10.

philosophe | 18 février 2013 à 15h25
 
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il y a des jours où j'ai envie d'en finir, il y a de plus en plus d'avions qui passent au-dessus de ma ville, mon habitat est isolé mais malgré cela les bouchons d'oreilles sont insuffisants, je ne comprend pas les horaires de passage, c'est à dire incessants, jour et nuit avec très peu de moments de calme, à tel point que lorsque il n'y a plus de bruit je guette l'instant suivant où resurgissent ces vrombissements qui me stressent, je n'ose plus sortir mon fils, que faire ?

desesperance | 08 avril 2013 à 10h54
 
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