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Métaux critiques : le Green Deal européen n'aboutira pas sans une économie plus circulaire

Le Green Deal décuple les besoins européens en matériaux critiques. L'Union européenne envisage de relancer la production en Europe et compte développer le recyclage. Mais cela devrait être insuffisant.

Déchets  |    |  P. Collet
Métaux critiques : le Green Deal européen n'aboutira pas sans une économie plus circulaire

Si l'Union européenne (UE) veut s'assurer un approvisionnement suffisant en matières critiques pour répondre à ses ambitions en matière de transition énergétique, elle ne pourra pas faire l'économie d'une stratégie d'économie circulaire de grande envergure qui aille au-delà du recyclage, estime une étude (1) réalisée par Systemiq et financée par la Fondation européenne pour le climat.

L'essentiel des matières critiques est importé

La transition énergétique dans laquelle s'engage l'Europe nécessitera d'importantes quantités de matières premières (2) pour renforcer l'infrastructure énergétique et décarboner la production. C'est en particulier le cas pour le cobalt, le cuivre, le graphite, le nickel, le lithium, les terres rares, le silicium ou encore les métaux du groupe platine. L'étude prend notamment l'exemple d'une batterie de véhicule électrique de 400 kg (qui nécessite 126 kg d'aluminium, 71 kg de graphite, 41 kg de nickel, etc.) et d'un panneau solaire.

Dans l'absolu, l'offre mondiale devrait permettre de répondre à la demande : l'étude estime que la disponibilité géologique mondiale des matières premières est suffisante pour couvrir la demande cumulée de matériaux jusqu'en 2050. Par exemple, le gisement de cuivre envisagé est de 5,6 milliards de tonnes, pour une demande estimée à 2,6 milliards de tonnes. L'écart est encore plus important pour le graphite, avec une disponibilité évaluée à dix fois la demande.

Le problème qui se pose à l'UE est surtout stratégique. Elle « importe actuellement plus de 98 % du lithium, du platine, du graphite et des terres rares », dont elle a besoin. Surtout, ces ressources sont entre les mains de quelques pays : le Congo produit l'essentiel du cobalt, l'Afrique du Sud a un quasi-monopole sur les métaux du groupe du platine et le Chili domine la production du cuivre et du lithium. Pour faire face aux pressions géopolitiques et aux perturbations mondiales, l'Europe mise d'abord sur une sécurisation de ses approvisionnements et une relance de la production nationale. C'est en particulier le cas du lithium, dont le taux de dépendance de l'UE devrait chuter de 99 à 45 % d'ici à 2030.

Écoconception, réduction et réemploi

Mais cela ne suffira pas, estime l'étude. Pour combler le déficit, l'Europe doit d'abord aplanir la courbe de la demande de matériaux critiques. Cela passe par quatre grands axes. Le premier est la promotion de l'usage plutôt que la possession, afin qu'un même objet puisse être utilisé par plusieurs personnes. C'est le cas, par exemple, des flottes de véhicules partagés et du covoiturage.

L'UE doit ensuite réduire autant que possible ses besoins en métaux critiques en misant sur l'écoconception, la substitution et les usages les plus efficaces. « Si la demande de ventes de voitures neuves était réduite de 1,4 % par an, cela pourrait réduire de moitié la consommation totale de matériaux du secteur automobile d'ici à 2050 », illustre l'étude. Troisième axe de travail : le réemploi. Prolonger la durée de vie du produit pour maintenir les matériaux en circulation le plus longtemps possible est jugé indispensable. Jusqu'à 20 % des batteries en fin de vie pourraient être réutilisées dans des applications stationnaires, explique l'étude, qui précise que cela représente jusqu'à un tiers d'économies en matériaux par rapport aux batteries neuves.

Enfin, le quatrième axe est le recyclage, qui passe par le développement d'une collecte et des outils efficaces de valorisation des matières. L'étude estime que l'ensemble des métaux clés des batteries peuvent être recyclés à 95 %, ce qui permettrait de répondre à 10 % de la demande en 2030 et à 80 % en 2050.

L'exemple des besoins associés à la demande de véhicules électriques illustre ces stratégies. Aujourd'hui, le besoin pour ces véhicules est de l'ordre de 67 millions de tonnes (Mt), si l'on considère un taux de matières recyclées de l'ordre de 30 %. En 2050, 247 Mt seront nécessaires. Porter le taux de matières recyclées à 70 % permettrait de réduire de 141 Mt la demande. Quelque 52 Mt supplémentaires pourraient être économisées en réduisant le demande de véhicules électriques. En 2050, la demande pourrait finalement être réduite à 54 Mt.

1. Télécharger la synthèse de l'étude
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-40710-systemiq-synthese-etude-europe-transition-energetique.pdf
2. Télécharger les fiches « matière » associées à l'étude
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-40710-systemiq-etude-fiches-matieres.pdf

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