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La métropole lilloise teste le BIM dans l'assainissement urbain

Optimiser en amont la collaboration entre les acteurs de la construction des infrastructures de gestion de l'eau : voilà l'intérêt des maquettes BIM. Focus sur le retour d'expérience menée entre des acteurs du béton et la Métropole de Lille.

Eau  |    |  Emmanuel Miculita  |  Actu-Environnement.com
La métropole lilloise teste le BIM dans l'assainissement urbain

Utilisé de plus en plus fréquemment dans le bâtiment, le BIM, ou Building Information Modeling, permet d'optimiser les étapes précédant la construction autour d'un projet numérisé et partagé. Cette maquette numérique 3D enrichie peut aussi s'appliquer au patrimoine existant. Dans les deux cas, elle faciliterait la communication entre tous les maillons de la chaîne. Et désormais, ce procédé s'intègre aussi aux infrastructures du secteur de l'eau. La Métropole européenne de Lille (MEL) et le Centre d'études et de recherches de l'industrie du béton (Cerib) ont expérimenté l'outil sur plusieurs types d'infrastructures de gestion de l'eau. Ils ont présenté leur retour d'expérience à l'occasion du Carrefour des gestion locales de l'eau, en juin dernier. Détails.

Des projets optimisés

La métropole lilloise a choisi de modéliser trois projets : des travaux sur un réseau d'eau potable, la construction d'un bassin d'orage et l'extension d'une station d'épuration, avec pour chacun d'entre eux des résultats différents. Pour le réseau du boulevard Gambetta, à Tourcoing, le BIM a permis au maître d'ouvrage de collaborer avec les entreprises sélectionnées, notamment dans la conception et la définition des propriétés des canalisations. Pour un site plus important, comme le bassin d'orage de Roncq, le BIM a servi à la compréhension du projet entre maître d'œuvre et maître d'ouvrage et à une bonne coordination entre les composantes de l'ouvrage (du gros-œuvre à l'insertion paysagère) ainsi que la gestion des travaux et la réduction des risques, tout en prenant compte des contraintes d'exploitation.

Enfin, pour les travaux d'extension de la station d'épuration de Wattrelos, le but était de maîtriser l'existant, de gérer le patrimoine et de disposer d'une base solide dès le démarrage du marché public de construction-exploitation-maintenance.

 
L'outil répond toujours aux trois mêmes enjeux : connaître, communiquer et optimiser la gestion des équipements  
Rémi Montorio, expert BIM-CAO-DAO de la MEL
 
Concrètement, le BIM au service des infrastructures de l'eau rassemble de multiples fonctionnalités et accompagne le projet, de l'aide à la décision au suivi de chantier. Selon la métropole de Lille et le Cerib, il facilite l'accès à la documentation de référence en passant par la visualisation et l'analyse de données propres à chaque site. Ainsi, les concepteurs du projet peuvent détecter les points susceptibles de déboucher sur des conflits, calculer les quantités de matériaux et matériel nécessaires et les coûts en lien avec le chantier. Une maquette BIM peut aussi recenser les données liées à la performance énergétique et à la consommation d'énergie, sans oublier le référencement des éléments d'entretien et de maintenance de l'ouvrage. Le BIM permet aussi un suivi entre les acteurs grâce à l'établissement d'un calendrier de construction intégré. Selon la MEL, l'outil répond « toujours aux trois mêmes enjeux : connaître, communiquer et optimiser la gestion des équipements » explique Rémi Montorio, expert BIM-CAO-DAO de la métropole.

La nécessité d'un langage commun

Reste que pour la réussite du processus, un travail préalable sur la connaissance des infrastructures est nécessaire. Pour le projet de rénovation du réseau d'eau potable, il a ainsi fallu renseigner l'outil sur les propriétés physiques des tuyaux ou des caniveaux hydrauliques. Les dimensions, la résistance, la durée de vie ou encore les certifications sont autant d'informations collectées. Ces données seront ensuite enrichies par les données du maître d'ouvrage exploitant, notamment pour apporter une meilleure visibilité sur le type d'effluent transporté ou sur les conditions de mise en œuvre des ouvrages. Rémi Lannoy, responsable du département construction numérique du Cerib, met en avant « l'analyse fonctionnelle » apportée par le maître d'ouvrage, complétée par « l'analyse d'offre » de l'industriel, « permettant au système numérique de décrire les objets de manière systémique ». Néanmoins, un enjeu peut apparaître comme un frein : la disponibilité des données. En effet, il est difficile d'alimenter et d'enrichir les maquettes si les parties prenantes ne s'impliquent pas totalement.

La Métropole de Lille semble avoir dépassé ces écueils et avoir tiré pleinement bénéfice du BIM. Selon elle, l'un des avantages de l'outil réside surtout dans une communication unifiée entre les acteurs d'un même projet, indépendamment du secteur d'origine. L'enjeu est l'instauration d'un « langage universel » de portée nationale. D'ailleurs, pour la MEL, un des objectifs de ces expérimentations est la standardisation dans un dictionnaire (ou un référentiel) des diverses normes et propriétés, surtout dans le secteur du béton. Pour Rémi Lannoy, « cette expérimentation s'inscrit dans un élan national ». En effet, le plan BIM 2022 a pour but de généraliser cette technologie dans les secteurs de la construction à travers un dictionnaire national. Pour cela, une organisation des filières est nécessaire afin de favoriser une déclinaison sectorielle des normes.

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