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Les microalgues au cœur du projet SYMBIOSE

De plus en plus étudiées pour la production de carburants alternatifs, les algues suscitent également beaucoup d'espoir dans le secteur du captage du CO2. Un projet français vise même à coupler l'absorption de CO2 et la production de biogaz.

Energie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
   
Les microalgues au cœur du projet SYMBIOSE
Photobioréacteur de culture de microalgues
© Ifremer
   
Face aux doutes grandissants vis-à-vis de l'intérêt écologique des agrocarburants de première génération, les recherches pour trouver des sources de biomasse intéressante pour la fabrication de carburants alternatifs au pétrole s'accentuent. La flore marine est une option de plus en plus étudiée. Forte teneur en lipides (jusqu'à 50% de leur poids sec), absence de compétition avec les ressources alimentaires, faible besoin en pesticides : les avantages sont nombreux.
Les microalgues suscitent également beaucoup d'intérêt pour leur capacité à absorber de grand volume de CO2 pour leur croissance. De nombreux projets en cours visent à produire des algues en grande quantité grâce aux effluents gazeux de centrale riches en CO2. En Allemagne par exemple, une installation de production d'algues a été installée près d'une centrale à gaz du groupe E.ON et une autre près de la centrale à charbon du groupe RWE. Dans cette installation d'environ 600 m2, les algues seront approvisionnées en CO2 directement par les gaz sortant de la centrale. À partir du CO2, d'eau et de lumière solaire, les microalgues réalisent la photosynthèse et se multiplient, générant ainsi de la biomasse utilisable dans différents secteurs (carburants, cosmétique, pharmacie, alimentation).

Des chercheurs français veulent désormais aller plus loin et coupler la production de biomasse, le captage du CO2 à la production de biogaz. Dans le cadre du projet Symbiose, le Laboratoire de Biotechnologie de l'Environnement de l'INRA de Narbonne, le Laboratoire Ecosystèmes Lagunaires de l'Université Montpellier 2, l'équipe COMORE de l'INRIA Sophia Antipolis, le Laboratoire de physiologie des Algues de l'IFREMER de Nantes et la société Naskeo Environnement, spécialiste de la méthanisation, vont travailler pendant trois ans sur ce concept. L'idée est de produire de la biomasse grâce à des algues, des émissions de CO2 industriel, l'énergie solaire et de méthaniser cette biomasse et d'autres déchets organiques pour produire du méthane, le tout dans un même réacteur.

Schématiquement, on peut imaginer qu'une partie du réacteur (en surface) sera réservée à la production de biomasse avec l'association algues/lumière/CO2. Cette production de biomasse rejettera de l'oxygène qui sera consommé et transformé en CO2 par des bactéries aérobies. L'autre partie du réacteur sera consacrée à la méthanisation avec l'association algues/bactéries anaérobies qui produira du CO2 et du méthane. Le projet SYMBIOSE a pour vocation d'exploiter des mécanismes qui s'opèrent dans les environnements naturels aquatiques tout en les contrôlant afin d'optimiser l'efficacité du captage de la lumière et du CO2, et la pérennité des cultures, expliquent les partenaires.

Les recherches viseront donc dans un premier temps à identifier des algues qui peuvent répondre aux exigences de ce système de production et de déterminer dans un second temps leurs conditions optimales de croissance. Les organismes sélectionnés et caractérisés seront par la suite mis en culture dans les pilotes à l'échelle laboratoire et pré-industrielle.
   
© Bruno Sialve- Naskeo Environnement
 
   

Côté méthanisation, il s'agira d'optimiser la production de biogaz à partir des biomasses photosynthétiques associées à des substrats organiques externes en recherchant des populations bactériennes naturellement associées aux microalgues. Selon les partenaires du projet, cette technologie permettra de réduire considérablement les coûts inhérents aux processus de transformation des biomasses en énergie, tout en obtenant à plus court terme des bilans énergétiques meilleurs.

Le projet Symbiose bénéficie de la labellisation des pôles de compétitivité Capénergie et Derbi et son budget total s'élève à 2,5 millions d'euros. 1 million d'euros sera apporté par l'Agence Nationale de la Recherche.

Réactions5 réactions à cet article

 
Pourquoi pas?

Ca pourrait être très intéressant. Et le projet TARA pourrait révolutionner ces programmes de recherche. Un hic, cependant : combien de temps faudra-t-il entre le début de ces recherches et la trouvaille de quelque chose d'intéressant? Combien de temps encore pour la démonstration de la viabilité économique? Combien encore pour le passage à la production de masse? Quelle réduction concrète de la consommation des énergies fossiles pourra-t-on attendre (poids carbone du kWh produit dans les deux cas ; proportion de carburants remplacés)? A quel prix?

Umwelt | 05 septembre 2009 à 13h43
 
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Oui, mais svp....accélérez !!!!

Algues, Micro-algues, Très Bonnes Pistes très prometteuses semble-t-il ! Très Bien pour les 2 sites µ-algues couplés à des Centrales de RWE et E.ON chez nos amis allemands...
''....installation d'environ 600 m2, les algues seront approvisionnées en CO2 directement par les gaz sortant de la centrale''...Très Bien mais le ''seront'' indique que c'est encore à venir...très bientôt j'espère ! Est-on plus avancé en concret sur cette piste qq part dans le monde? Merci nous dire....Tellement de promesses attendues...et tellement ne retard pourtant !! Pas d'échéancier indiqué pour Symbiose ? Pourquoi ? ça urge ! donc bouchées doubles voire plus, Non?
L'UE pour mutualiser les efforts matière grise et finances, pourquoi pas ?
Et du coup on pourrait peut-être résoudre le pb de nos algues vertes (en // du pb des nitrates en amont, of course!), qui font du H2S quand pas collectées et tuent des hommes, des chevaux, des chiens,....Si collectées pour en faire de la biomasse, en installation anaérobie ça ferait du méthane utile, Non?
A+ Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 10 septembre 2009 à 10h47
 
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'est -il pas le temps de passer à l'action?

Alors qu'il existe aussi des solutions écologiques, c'est le temps de passer à l'action, la recherche n'est pas seulement pour la recherche, une fois qu'on trouve quelque chose de benifique, il faut en benificier, n'est-il pas de logique? peut être que les mêmes être vivant à l'origine de la vie aerobie sur terre seront les souveurs de la planètes!

obraims | 05 décembre 2009 à 14h29
 
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BRAVO

OUI OUI OUI!!!!

albert | 31 décembre 2009 à 11h59
 
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Bravo

La Camargue qui produit du riz subventionné alors que les producteurs traditionnels....Qu'on lance des expérimentations en Camargue.!!...Les Salins du Midi près de Fos ne font plus de sel...mais du CO2,y en a! Vite vite! Il faut que nous soyons leader!!!

albert | 31 décembre 2009 à 12h05
 
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