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Mine d'or en Guyane : à la recherche des documents du débat public

Le débat public sur le projet d'une mine d'or en Guyane s'ouvre pour quatre mois. Mais le porteur de projet n'a pas publié toutes les informations nécessaires.

Aménagement  |    |  Albane CantoActu-Environnement.com
Mine d'or en Guyane : à la recherche des documents du débat public

Le débat public sur le projet de mine d'or en Guyane, baptisé Montagne d'or, débute le 7 mars 2018 pour durer jusqu'au 7 juillet 2018. Cette procédure doit permettre aux "habitants du territoire de participer à l'élaboration des décisions concernant ce projet d'exploitation minière", indique la Commission nationale du débat public (CNDP). Cependant, au jour de l'ouverture du débat, ni le dossier complet du maître d'ouvrage, ni sa synthèse n'était disponible. Seule une courte présentation est téléchargeable. Les modalités de la consultation (date des réunions…) n'étaient pas non plus précisées. Pour rappel, le porteur du projet souhaitait éviter le débat public et se limiter à une concertation encadrée par un garant.

Ce projet vise la création d'une mine d'or industrielle, à 180 km à l'ouest de Cayenne, sur un territoire où l'exploitation artisanale existe depuis longtemps. L'ensemble des infrastructures minières occupera une surface de 8 km2, dont la fosse minière, à ciel ouvert, prévue sur une longueur de 2,5 km, 400 m de large et une profondeur moyenne de 120 m. L'ensemble de la concession représente une surface d'environ 15 km2. Le porteur du projet, la compagnie minière Montagne d'or, prévoit de débuter l'exploitation en 2022 pour une douzaine d'années. Environ 85 tonnes d'or pourraient être extraites, et 750 emplois créés – 3.000 avec les emplois induits.

Extraction au cyanure

Côté environnement, les enjeux portent sur la préservation des réserves biologiques intégrales à proximité de la mine. Cette dernière implique par ailleurs le déboisement de 374 hectares de forêt primaire, et 200 hectares supplémentaires pour la construction de la ligne haute tension (90.000 volts) qui acheminera les quelque 20 MW nécessaires au fonctionnement de la mine. Le procédé d'extraction de l'or nécessite du cyanure, et induit des risques pour le transport, le stockage et le recyclage de ce produit dangereux. Selon un rapport publié en 2013 sur l'"Utilisation des cyanures dans l'industrie aurifère en Guyane – impacts potentiels et recommandations", "il faut environ 300 à 2.000 grammes de cyanure de sodium par tonne de minerai pour obtenir une extraction efficace". Le BRGM soulignait l'importance d'un système de management environnemental (SME) avec des audits indépendants et la formation du personnel. "A la fin de l'exploitation de la mine, le parc à résidus contiendra sur des dizaines d'hectares des cyanures et métaux résiduels. La réhabilitation doit assurer une stabilité géotechnique et un confinement des produits dangereux et faire l'objet d'un programme de surveillance post-mine." Le climat tropical et les événements pluvieux extrêmes entraînent un risque d'accident (rupture, débordement de digue), existant dans d'autres mines sous les mêmes latitudes.

Pour ce projet, Montagne d'or prévoit un investissement global de 782 millions d'euros, dont 420 millions d'euros de subventions publiques, selon une étude du WWF publiée en 2017. L'association soulignait aussi l'optimisme de ses hypothèses et la volatilité du cours de l'or.

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