Robots
Cookies

Préférences Cookies

Nous utilisons des cookies sur notre site. Certains sont essentiels, d'autres nous aident à améliorer le service rendu.
En savoir plus  ›
Actu-Environnement

Mines d'uranium : quelle gestion à long terme des anciens sites d'exploitation français ?

Le groupe d'experts pluraliste chargé d'évaluer la gestion des anciennes mines d'uranium françaises vient de clore ses travaux. Il recommande une clarification de leur statut juridique et un suivi à long terme.

Aménagement  |    |  Sophie Fabrégat
Mines d'uranium : quelle gestion à long terme des anciens sites d'exploitation français ?

Après deux ans de travaux, le groupe d'expertise pluraliste (GEP) sur les sites miniers d'uranium a présenté son rapport final à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et à la direction générale de la prévention des risques (DGPR). Il évalue la mise en œuvre des recommandations qu'il avait formulées dans un premier rapport publié en septembre 2010, notamment à travers la réalisation par l'exploitant de bilans environnementaux et d'études sur l'impact à long terme des sites.

Le GEP attire l'attention sur "la nécessité de clarifier le statut juridique des sites ainsi que les outils réglementaires dont disposent les pouvoirs publics pour prescrire des caractérisations complémentaires ou des actions de réaménagement". Certains d'entre eux ont des titres miniers arrivés à échéance. Le GEP pose donc la question de "la base juridique qui permet au préfet de demander la réalisation d'un bilan environnemental" et, plus généralement, de "la situation administrative des sites, des conséquences sur les responsabilités encore portées par Areva Mines et du pouvoir réel des autorités publiques sur chacun des cas particuliers".

Enfin, alors que s'achève sa mission démarrée en 2005, le GEP préconise de poursuivre un suivi pluraliste de ces anciens sites miniers et la mise en réseau des 16 instances d'information locales existantes, afin de favoriser le partage d'expérience et leur montée en compétence.

   
Localisation des instances locales et des sites miniers © GEP
 
   

En réponse, l'ASN et la DGPR encouragent les membres du GEP à participer aux commissions de suivi de site (CSS) et propose de créer un réseau national des CSS "à qui seraient confiées des missions relatives à des questions techniques présentant une composante sociétale".

Des sites encore méconnus

Dans un premier temps, le GEP a analysé les bilans environnementaux (BE) réalisés par l'exploitant, d'abord de manière volontaire, puis encadrés par une circulaire (22 juillet 2009) et un arrêté type. "Fin 2012, Areva Mines avait produit 18 BE, couvrant un total de 218 sites miniers. La finalisation des derniers bilans par Areva Mines est prévue pour fin 2013".

Cet exercice a permis de disposer d'une meilleure connaissance des anciens sites miniers d'uranium, exploités entre 1948 et 2001. Alors qu'en 2004, seuls 180 sites avaient été recensés, désormais 250 sites sont dénombrés par Areva, répartis sur 25 départements. "Le travail effectué a également permis d'identifier neuf sites orphelins et un site sous responsabilité du CEA (le site Les Driots, en Haute-Loire). Cette situation marque une évolution notable du panorama : contrairement à ce qui était jusque-là avancé, Areva Mines n'assume donc pas la responsabilité de l'ensemble des anciens sites miniers d'uranium français".

Sur ces 250 sites, une quarantaine font l'objet d'une surveillance régulière, note le GEP. "Les autres sont, pour certains, contrôlés selon des fréquences variables. D'autres étaient pratiquement inconnus des équipes d'Areva Mines".

Sur le contenu même des bilans, le GEP reste sur sa faim : "Le calendrier serré de réalisation des bilans a contribué à leur donner un caractère “d'état des lieux”, établi sur la base des informations disponibles ou faciles à acquérir". Il indique cependant qu'Areva Mines a prévu de réaliser un travail de hiérarchisation des sites vis-à-vis des impacts et enjeux environnementaux fin 2013, lorsque l'ensemble des bilans aura été publié.

Des impacts à approfondir

Dans le cadre du plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), Areva devait également fournir des études sur l'impact à long terme de ces sites. Huit documents ont été remis fin 2012 sur le stockage de résidus, le traitement des eaux rejetées et les impacts associés aux stériles.

"Ces études (..) traduisent des avancées significatives sur plusieurs aspects considérés comme importants", notamment le traitement des eaux ou la stabilité des digues retenant les résidus sur certains stockages, estime le GEP après analyse. Il regrette toutefois qu'elles ne couvrent qu'une partie de ses recommandations émises en 2010.Par exemple, sur les verses à stérile, le GEP regrette que ses préconisations sur la maîtrise des usages (bâtiment, remblais routier…) et sur l'identification des situations les plus à risque n'aient pas été suivies.

Réactions5 réactions à cet article

 

La pollution circulaire, du berceau à la tombe,qu'elle belle invention!

lio | 06 décembre 2013 à 12h27
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Malheureusement on ne peut agrandir suffisamment la carte pour lire les légendes !

gerard | 10 décembre 2013 à 07h17
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Des sites de France où il y a des déchets radioactifs, (exemple : Pargny sur Sault en Haute Marne ... sont oubliés des études.
Là où sont "déposés" les déchets radioactifs issus de l'extraction, type yellow cake, idem ...
Les mines d'uranium et leurs déchets à l'étranger, exploités ou l'ayant été par l'industrie française pareil ...
Le tri des sites à "étudier" est sélectif alors que les études pour leur traitement devrait concerner TOUS les sites ayant été pollués par l'industrie du nucléaire à l'étranger comme en France.

remifasol57 | 10 décembre 2013 à 10h43
 
Signaler un contenu inapproprié
 

AREVA joue la montre et finira par laisser les sites en question (y compris ceux "oubliés" ou plus dans les listes) et sans décontamination ni réelles mesures des impacts sanitaires sur les personnes et le biens. "On" dit qu'en 2018 ce sera aux collectivités (communes) de le faire !!?? Elles ne sont même pas au courant.
Et pendant ce temps là le MDP (A. Montebourg) parle de véritable filières d'avenir ... et le passé ? Comme au Niger ? ... Quelle crédibilité de notre grand industriel mortifère ?
Patrice.

PATOU-22 | 10 décembre 2013 à 17h04
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Mais que font les Verts ? Rien... Ils se mêlent de tout sauf d'environnement !

alix2013 | 16 décembre 2013 à 14h24
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Sophie Fabrégat

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]