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Les technologies clés du ministère de l'économie pointent la réparation des dommages environnementaux

Le ministère de l'économie a retenu dix technologies environnementales porteuses pour la décennie à venir. Avec huit technologies identifiées, trois domaines sortent du lot : la dépollution, l'eau et le traitement des déchets.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
   
Les technologies clés du ministère de l'économie pointent la réparation des dommages environnementaux
   

Dans le cadre de la quatrième édition de son étude sur les technologies clés, le ministère de l'économie a retenu dix technologies dans le domaine de l'environnement. Des technologies jugées porteuses en termes de croissance et de création d'emplois.

Constatant que l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) "ne prévoit pas, à l'horizon 2020 de dissociation entre la consommation des ménages et son impact sur les ressources environnementales", les technologies retenues se classent principalement dans trois grandes catégories : la dépollution, l'accès à l'eau et le traitement des déchets. A cela s'ajoutent l'écoconception et la métrologie.

La dépollution, promise à un bel avenir

En matière de dépollution, le rapport retient quatre technologies axées sur les sédiments, l'eau, l'air et les sols. En premier lieu, les auteurs jugent pertinent le soutien aux "technologies pour la captation maîtrisée et le traitement des sédiments pollués" par les métaux lourds, les pesticides et les polluants organiques persistants (POP). En effet, l'entretien des525.000 km de cours d'eau français nécessite le dragage 50 millions de m3 de sédiments par an. Quant aux trois principaux ports d'estuaire (Rouen, Nantes-Saint Nazaire et Bordeaux), ils génèrent un déplacement de 25 millions de m3 de sédiments auxquels s'ajoutent les 6,2 millions de m3 dragués dans les cinq grands ports maritimes (La Rochelle, Dunkerque, Calais, Boulogne et Le Havre). Le marché semble particulièrement important puisque "le coût moyen du dragage en Europe est légèrement supérieur à 1 euro par m3, mais avec le traitement, le coût peut atteindre 100 euro par m3."

De la même manière, les "technologies pour le traitement des polluants émergents de l'eau" ont été retenues. L'accent est mis sur "les produits pharmaceutiques (antibiotiques…) et cosmétiques, les plastifiants" pour lesquels les procédés classiques de traitement de l'eau ne sont que partiellement efficaces. Le marché semble colossal puisque "le marché municipal mondial des composants (produits chimiques, filtration et traitement) pour le traitement de l'eau et des eaux usées représentait 23.000 milliards de dollars en 2007, et 22.000 milliards de dollars pour les industries."

S'agissant du traitement de l'air, l'intérêt est porté sur la qualité de l'air intérieur, car "la taille de ce marché est plus modeste que celle du traitement des fumées industrielles mais il est en forte croissance en raison des enjeux de santé publique", estime le rapport. Prenant en référence la croissance de 10% par an du marché américain, le document anticipe "des perspectives plus qu'intéressantes sur notre territoire."

Enfin les technologies "pour la dépollution in situ des sols et des sites pollués" font elles aussi partie des filières d'avenir. En la matière, le rapport estime que "le marché annuel de dépollution des sols devrait représenter 2,6 milliards d'euros en 2020 soit une augmentation de 9,5 % par an." Quant aux emplois, ils devraient passer de 8.400 (dont 2.400 directs) en 2008 à 25.000 (6.000 directs) en 2020. En effet, "350.000 sites sont potentiellement pollués en France [soit] 100.000 ha pour un coût total (hors BTP) de l'ordre de 15 Milliards d'euros." Par ailleurs, "ce marché est tiré par le renforcement de la réglementation et par la pression immobilière."

Dessalement et protection de la ressource en eau

La première technologie associée à l'accès à l'eau concerne "le dessalement de l'eau à faible charge énergétique." Alors que l'osmose inverse et la distillation sont les deux technologies actuelles pour le dessalement de l'eau de mer, le rapport propose d'investir dans les technologies faisant appel "aux nanotechnologies et plus précisément à des nano-membranes constituées de nanotubes de carbone." Des techniques qui devraient progresser selon deux axes : "la diminution, de 30 à 50 %, de la consommation énergétique" et "l'atténuation de leur impact" notamment en matière d'utilisation et d'élimination du sel. Un marché qui devrait être soutenu par "la démographie croissante de certaines régions du globe et […] l'accroissement des phénomènes climatiques extrêmes."

Les "technologies pour la gestion des ressources en eau", font aussi partie des secteurs porteurs. Le rapport précise qu'"on entend la protection des ressources et la gestion du cycle de l'eau, de manière préventive." Il s'agit ici de gérer la ressource aussi bien d'un point de vue quantitatif que qualitatif. Là encore, le marché est important puisque "le rapport sur l'état des masses d'eau en France, transmis à la Commission européenne le 22 mars 2010 […] mentionne que plus de la moitié des eaux de surface […] en France ne sont pas 'en bon état écologique' (au regard de la biodiversité animale et végétale, des teneurs en phosphate, nitrates, du pH…)." De même, "41 % des eaux souterraines ne sont pas en bon état chimique (40 substances chimiques mesurées)."

Le recyclage des déchets soutenu par la préservation des ressources

Enfin le dernier secteur est celui du traitement des déchets. Le premier angle retenu est le développement des "technologies pour le recyclage des matériaux rares et leur valorisation." Il s'agit ici de progresser dans le traitement des déchets électroniques qui recèlent des terres rares et des métaux rares ou précieux. "Des procédés de recyclage existent mais aucun ne semble complètement développé commercialement", note le rapport qui appelle au développement du recyclage "afin de maintenir la sécurité d'approvisionnement de certaines filières françaises, mais aussi européennes et mondiales" alors que la Chine contrôle strictement ses exportations.

Le second axe, est la gestion des déchets ménagers et assimilés (DMA) ou agricoles avec les "technologies de tri automatique des déchets" et la "valorisation matière des déchets organiques." S'agissant du tri, le but est de préserver les ressources en améliorant le tri des déchets en vue du recyclage. Quant à la valorisation des matières organiques (boues de stations d'épuration, fraction fermentescible des déchets agricoles, ordures ménagères, invendus des hypermarchés...), l'objectif est de favoriser "le retour au sol d'une matière organique de qualité".

Réactions1 réaction à cet article

 

"le marché municipal mondial des composants (produits chimiques, filtration et traitement) pour le traitement de l'eau et des eaux usées représentait 23.000 milliards de dollars en 2007"

--> ça fait deux fois le PIB des Etats-Unis ! Hum...

tof | 22 mars 2011 à 17h48
 
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