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Deloitte dresse son panorama des défis énergétiques et environnementaux pour 2012

La gestion des ressources naturelles (terres rares, eau), l'incertitude et les risques liés aux marchés du pétrole et du gaz et les questions de sûreté et de gestion des déchets pour le nucléaire sont des défis pour le secteur de l'énergie en 2012.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

L'année 2012 s'ouvre sur un contexte énergétique incertain. Si les scenarii de référence prédisent une hausse de la demande de 15 % pour le pétrole, 45 % pour le gaz, 20 à 60 % pour le charbon et 50 % pour l'électricité dans les vingt ans à venir, le mix énergétique du futur ne fait pas consensus. Le cabinet Deloitte, après avoir mené des analyses sectorielles et des consultations d'experts, livre ses prédictions pour 2012.

Parmi les faits marquants : les risques de pénurie de terres rares et d'eau mettent en difficulté certaines technologies ou au contraire, en propulsent d'autres, notamment le solaire thermique. Les marchés du gaz et du pétrole sont déstabilisés, ce qui permet au nucléaire, malgré l'accident de Fukushima, de se dessiner un futur optimiste.

Terres rares : nanotechnologies et solaire thermique tirent leur épingle du jeu ?

Les terres rares, "indispensables à la production" d'ampoules, de batteries, de réacteurs nucléaires, des turbines éoliennes mais aussi de satellites, de radars, de missiles de croisières, font l'objet d'une demande en hausse et d'une offre contrainte. La Chine, qui représente 37 % des réserves mondiales mais 97 % de la production, baisse régulièrement ses quotas d'exportation de terres rares. Pour en finir avec les incertitudes liées à ces minerais, le cabinet Deloitte estime que le développement de filières de recyclage et l'organisation d'un marché physique et financier au plan international s'imposent.

Le solaire thermique pourrait tirer partie de ces tensions. Ses avantages : il se passe de terres rares contrairement au photovoltaïque et pourrait permettre de couvrir la quasi-totalité des besoins de chaleur industrielle à des coûts compétitifs, note l'étude. A titre d'exemple, dans le domaine de l'extraction pétrolière, le solaire thermique utilisé pour produire la vapeur nécessaire à la technologie de récupération assistée permet d'augmenter la récupération de pétrole tout en laissant disponibles les quantités de gaz associées. Ainsi, selon Deloitte, dans les pays à fort ensoleillement, le solaire thermique pour des applications industrielles devrait être compétitif et même diminuer les coûts de ces industries.

Enfin, les nanotechnologies "pourraient selon les chercheurs accomplir le saut technologique attendu dans le domaine de l'énergie en matière d'efficacité énergétique, de transport et de stockage électrique" et, peut-être, une solution à la pénurie des terres rares… Dans les panneaux photovoltaïques notamment, le nanocrystal pourrait se substituer aux cellules de panneaux de silicium et accroitre les rendements solaires.

L'eau : l'alpha et l'oméga de l'énergie ?

L'utilisation de l'eau est, ces dernières années, au cœur des problématiques stratégiques des grands groupes, souligne Deloitte. La disponibilité de cette ressource, les coûts qu'elle peut engendrer tout au long de la chaine de valeur font l'objet d'une grande attention. La production d'énergie est grande consommatrice d'eau. La production d'1 MWh nucléaire avec des tours de refroidissements nécessite 2.725 litres d'eau, quand la fracturation d'un puits de gaz de schiste au Texas consomme jusqu'à 50 millions de litres d'eau. Enfin, pour produire 1 litre de bioéthanol, 10 à 17 litres d'eau sont nécessaires…
Certaines technologies entrainent une hausse des consommations d'or bleu. Les systèmes de capture et de stockage du CO2 engendreraient des consommations d'eau en hausse de 45 % pour une centrale à gaz et de 90 % pour une centrale à charbon.

Après la réduction de l'empreinte carbone, la réduction de l'empreinte eau du secteur énergétique pourrait donc être un défi majeur pour le secteur, souligne Deloitte, estimant que la définition d'un référentiel commun international pour mesurer la consommation en eau des industriels est nécessaire.

L'instabilité du pétrole et du gaz profite au nucléaire ?

Le gaz pourrait connaître un nouvel âge d'or, porté par une demande en plein essor liée aux sorties annoncées du nucléaire de l'Allemagne et de la Suisse, à la politique chinoise de développement du gaz et aux politiques pénalisantes pour le charbon (réglementations européenne et américaine). Face à cette demande en hausse, l'offre gazière est surabondante, note Deloitte, qui souligne qu'une nouvelle concurrence gaz-gaz pourrait apparaître avec le fort développement de l'exploitation des gaz non conventionnel aux Etats-Unis. Des distorsions de prix apparaissent entre les marchés indexés sur le pétrole (UE, Asie) et les nouveaux marchés concurrentiels (USA, Royaume-Uni).

En parallèle, le trafic pétrolier est menacé par la piraterie, notamment dans le Canal de Suez, le golfe de Guinée, la mer de Chine du Sud et le détroit de Malacca. La Chine s'est d'ailleurs organisée pour sécuriser militairement ses routes maritimes.

Face à ces deux énergies génératrices de dépendance énergétique et d'instabilité des prix et face au charbon générateur d'émissions carbone, le nucléaire semble présenter encore de nombreux atouts, note le cabinet Deloitte. Dans son scénario post-Fukushima, l'AIE prévoit d'ailleurs une croissance de cette énergie de 70 % au cours des 25 prochaines années (de 393 GW en 2009 à 633 GW en 2035). La concurrence entre les nouvelles technologies de génération nucléaire s'organise autour de référentiels de sécurité et des offres de financement associées. L'existence d'un référentiel européen de sureté et d'un cadre industriel et réglementaire de la gestion des déchets sont clés pour l'acceptation publique.

Réactions2 réactions à cet article

 

A propos du solaire thermique, il faudrait plus souvent évoquer le "stockage thermochimiqe dont on parle peu en France et qui est promis à un bel avenir couplé au solaire thermique, pour l'habitat (compétitif avec les pompes à chaleur), l'industrie et le transport, aussi bien pour le chauffage que la climatisation ou le transport d'énergie (en Inde une entreprise refroidit le lait par thermochimie):

Voir le projet Essi : d’origine industrielle (chaleur fatale) ou solaire, plusieurs niveaux de température peuvent être identifiés suivant les applications visées : les procédés basse température (

Verorang | 16 mars 2012 à 01h53
 
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Se concen trer a l'essentiel
Les terres rares sont indispensables a certaine technologies et a la realisation d'aimants permanenrts de qualité. En ce qui concerne les eoliennes modernes on sait tres bien realiser des machines synchrones a excitation (exemple de Renault-Nissan) qui ne demandent pas de terres rares. L"étranglement des terres rares par la Chine va representer un coup dur pour certaines industries pas pour l'environemnt car on arrivera progressivement a en utliser moins. La catastrophe qui pourrait survenir ne sera pas le manque de pétrole, mais que l'on trouve encore du petrole et que l'on exploite massivement les gaz naturel et de schiste. Ce sont des combustibloes fossiles qui emettent du CO2 et participent au rechauffementn climatique.

Attention aux definitions le nucléaire comme toutes les sources d'electricté a combustible fossile ne consomme de l'eau que si il fonctionne avec des refroidisseurs (les grandes tours) autrement comme toutes les autres sources d'energien thermiques il rechauffe l'eau d'une quantité acceptable sauf en cas de canicule. Que penser des grands consommation d'eau pour les jardins public et privés ? pour arroser nos pelouses, nos trop grandes consommations de viande ?

FLEURENT | 16 mars 2012 à 18h42
 
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