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Renouvelables, nucléaire : huit scénarios d'évolution du mix électrique sur la table

RTE a ouvert, jusqu'en mars, une consultation publique sur les futurs énergétiques en 2050. Huit scénarios de neutralité carbone sont sur la table, allant de 50 à 100 % d'énergies renouvelables et de 0 à 50 % de nucléaire.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
Renouvelables, nucléaire : huit scénarios d'évolution du mix électrique sur la table

La stratégie nationale bas carbone (SNBC) table sur la neutralité carbone en 2050. Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité RTE planche donc sur les différents futurs énergétiques envisageables pour parvenir à cette neutralité. Depuis plus d'un an, RTE a mis autour de la table organisations syndicales et patronales, syndicats professionnels, producteurs/fournisseurs d'énergie, gestionnaires de réseau, autorités de régulation, administrations, organisations non gouvernementales, universitaires pour discuter des différents enjeux.

Huit scénarios énergétiques ont été établis à l'issue de ce premier round de concertation. Ils couvrent « un large éventail de configurations : la part du nucléaire dans la production d'électricité en France évolue entre 0 et 50 %, et celle des énergies renouvelables entre 50 et 100 % », indique RTE. Ils dressent un premier tableau des enjeux soulevés par chaque filière et des difficultés de transition.

 
630 TWh de consommation en 2050 Les scénarios s'appuient sur les orientations de la SNBC pour la demande d'énergie. Celle-ci table sur une forte baisse des consommations énergétiques dans les décennies à venir. En revanche, les consommations d'électricité devraient croître modérément, avec le développement de nouveaux usages électriques. « La trajectoire de référence utilisée dans le cadre du Bilan prévisionnel projette ainsi une consommation d'électricité en hausse à compter de 2030, atteignant de l'ordre de 630 TWh en 2050 contre environ 470 TWh aujourd'hui », indique RTE.
 

La place de l'hydrogène, de l'efficacité énergétique, ou encore les enjeux industriels font également partie des préoccupations. Les travaux vont également se poursuivre pour évaluer les coûts des différents scénarios, leurs impacts environnementaux, les contraintes techniques qu'ils posent mais aussi les impacts du changement climatique sur les différentes filières…

En attendant, une consultation publique est ouverte sur les premiers éléments, du 27 janvier au 5 mars.

Quatre scénarios de déploiement massif des ENR

Deux grandes familles de scénarios ont été établies : l'une table sur l'abandon progressif du nucléaire, quand la seconde prévoit au contraire un programme de renouvellement du parc des centrales.

Les quatre scénarios sans nouveau nucléaire tendent donc vers un mix 100 % énergies renouvelables (ENR) d'ici 2050 ou 2060. Ils se distinguent principalement par le choix des technologies déployées, mais aussi par les priorités définies : recherche du moindre coût, développement de solutions locales…

Ainsi, le scénario M1 mise sur une répartition diffuse des nouvelles installations sur le territoire, portées par des acteurs locaux. Ce développement se concentre sur la filière photovoltaïque (185 GW en 2050), avec une logique de maillage du territoire, y compris des régions les moins ensoleillées. Il mixe petites et moyennes installations en toitures et grandes centrales au sol. Le développement de l'éolien est modéré, que ce soit en terrestre (55 GW) ou offshore (40 GW). Ce scénario pose des questions d'adaptation du réseau, de besoin en flexibilité et d'utilisation de matières premières.

Le scénario M2 se distingue par un choix axé sur les réductions de coût. « Il passe en particulier par un développement important de l'éolien terrestre [85 GW] en exploitant les meilleurs gisements, le développement de grands parcs photovoltaïques au sol [90 GW] et le développement de parcs d'éolien en mer [55 GW] dans les zones les plus favorables ». Ce scénario fait davantage face à des enjeux d'acceptabilité sociale, de maillage du territoire, mais aussi de flexibilité et de consommation des ressources.

Le scénario M3 cible les installations en mer, dans le souci de limiter l'emprise des installations renouvelables à terre. Avec 65 GW d'éolien en mer en 2050, dont une grande part de technologies flottantes, il limite les développements de l'éolien terrestre (55 GW) et compense par le photovoltaïque (105 GW) au sol et sur toitures. Il pose des questions d'acceptabilité des parcs, notamment par les autres usagers de la mer, de maturité technologique et de renforcement du réseau.

Ces trois premiers scénarios visent une sortie du nucléaire en 2060. Un quatrième scénario table sur un arrêt du nucléaire en 2050 et donc sur des rythmes d'installation des EnR accélérés dès 2020. En 2050, 130 GW de photovoltaïque, 95 GW d'éolien terrestre et 60 GW d'éolien en mer seront installés. Ce scénario de transition accélérée pose particulièrement la question de la flexibilité et de la stabilité du système électrique.

Quatre scénarios de renouvellement du nucléaire

RTE a également établi quatre scénarios tablant sur un renouvellement plus ou moins poussé du parc nucléaire, à partir de 2035. Tous posent la question de la capacité de la filière nucléaire à suivre le rythme de construction des nouveaux EPR. Le scénario N1 table sur la mise en service d'environ une paire d'EPR tous les cinq ans et conduit à une part du nucléaire de l'ordre de 20-25 % en 2050, contre 75-80 % pour les renouvelables (75 GW de photovoltaïque, 70 GW d'éolien terrestre et 45 GW d'offshore). Ce scénario pose des questions de renforcement de réseau, d'acceptabilité des grands projets renouvelables et de modulation de la production nucléaire face aux énergies renouvelables

Le scénario N2 accélère sur le nucléaire avec l'installation d'une paire d'EPR tous les deux à trois ans sur la période 2035-2060. En 2050, le nucléaire représente le tiers du mix électrique, contre deux tiers pour les renouvelables (60 GW de photovoltaïque, 57 GW d'éolien terrestre et 35 GW d'offshore). Il pose particulièrement la question de l'emplacement des réacteurs nucléaires et de la modulation de la production.

Le scénario N3 va encore plus loin en ciblant 50 % de nucléaire dans le mix électrique au-delà de 2035. Le parc renouvelable s'appuie sur 40 GW de photovoltaïque, 40 à 45 GW d'éolien terrestre et 25 à 30 GW d'offshore. Il fait face aux mêmes enjeux que le N2.

Enfin, « le scénario N0 atteint la même part du nucléaire en 2050, mais prévoit un remplacement plus progressif des réacteurs de seconde génération par des réacteurs de troisième génération de type EPR 2 ».

 

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