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Mix électrique : RTE suggère de reporter à 2030 la réduction à 50% de la part du nucléaire

RTE a présenté des scénarios de transition énergétique à l'horizon 2035. Le gestionnaire du réseau de transport électrique propose de fermer 18 à 27 réacteurs d'ici 2030 pour réduire à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Mix électrique : RTE suggère de reporter à 2030 la réduction à 50% de la part du nucléaire

Il est possible de réduire la part du nucléaire à 50% sans augmenter les émissions de CO2, mais pas en 2025, explique RTE. Si le gouvernement maintient l'ambition affichée dans son plan climat, le gestionnaire du réseau de transport électrique estime qu'il devrait alors reporter à 2030 l'atteinte de l'objectif de réduction de la part du nucléaire inscrit dans la loi de transition énergétique. C'est en substance le message qui ressort des cinq scénarios de transition énergétique aux horizons 2025 et 2035 présentés ce mardi 7 novembre par le gestionnaire du réseau de transport électrique.

Pas de marges avant 2020-2022

 
Le gouvernement devra donc choisir entre la fermeture de toutes les centrales au charbon, des quatre réacteurs nucléaires ou une combinaison des deux politiques.  
RTE
 
Pour arriver à ces conclusions, RTE a établi une prévision à court terme, un scénario pour 2025 et quatre pour 2035. Ces exercices prévisionnels se basent sur des milliers d'hypothèses, et en particulier sur l'évolution de la consommation électrique française. "Toutes les trajectoires de consommation électrique sont en baisse ou stable", explique François Brottes. Sur ce point, le gestionnaire du réseau de transport est particulièrement confiant puisque "depuis trois ans la réalité donne raison à [ses] prévisions", rappelle le président de RTE.

A court terme, la situation offre peu de marges de manœuvre, estime RTE. D'ici 2020-2022, "il n'est pas possible" de fermer simultanément les centrales au charbon et les quatre réacteurs nucléaires qui atteindront 40 ans, explique Olivier Grabette. Le directeur général adjoint de RTE en charge de la prospective juge que "l'étendue des choix est limitée". Le gouvernement devra donc choisir entre la fermeture de toutes les centrales au charbon, des quatre réacteurs nucléaires ou une combinaison des deux politiques. Si le gouvernement reprend à son compte cette analyse, le quinquennat d'Emmanuel Macron devrait perpétuer le statu quo et repousser au début des années 2020 la fermeture effective de réacteurs nucléaires (en dehors des deux de Fessenheim (Haut-Rhin) qui fermeront lorsque l'EPR de Flamanville (Manche) entrera en service).

La réduction à 50% du nucléaire en 2025 fait l'objet d'un scénario spécifique, appelé "Ohm", qui impose plusieurs contraintes selon RTE. Tout d'abord, il faut réduire très fortement le nombre de réacteurs nucléaires : 24 des 58 réacteurs français devraient être fermés, en plus des deux de Fessenheim. Il faut ensuite doubler le rythme actuel de développement des énergies renouvelables. La capacité de production éolienne devrait atteindre 35 gigawatts (GW), contre 11,7 GW en 2016, et la capacité photovoltaïque 24 GW (6,7 GW en 2016). Parallèlement, la fermeture des centrales à charbon devrait être reportée à 2025 et de nouvelles centrales au gaz devraient être construites (pour 11 GW). En conséquence, les émissions de CO2 du système électrique français atteindraient 42 millions de tonnes, contre 22 MtCO2 en 2016.

Fermer 18 à 27 réacteurs d'ici 2030

A l'horizon 2035, RTE propose quatre scénarios. Les deux premiers permettent d'atteindre 50% de nucléaire en 2030. Le premier, "Ampère", est construit sur l'hypothèse d'une réduction de la part du nucléaire en fonction du développement des renouvelables. En 2035, 18 réacteurs nucléaires seraient fermés et les capacités de production renouvelable tripleraient pour atteindre 149 GW (dont 67 GW d'éolien et 48 GW de photovoltaïque). Les émissions de CO2 du système électrique seraient divisées par 2, à 12 MtCO2. Le second scénario qui reporte à 2030 la réduction de la part du nucléaire à 50%, prévoit la fermeture de 27 réacteurs. Ce scénario, appelé "Hertz", se distingue du précédent essentiellement par un développement moins rapide des renouvelables (50 GW d'éolien et 36 GW de photovoltaïque en 2035) et par l'ajout de capacités thermiques (8 GW). Les émissions de gaz à effet de serre seraient légèrement supérieures, à 19 MtCO2.

Les deux derniers exercices pour 2035 proposent deux approches différentes. Le premier, appelé "Volt", propose un développement des moyens de production en fonction des débouchés économiques. Les renouvelables se développeraient au même rythme que dans le scénario Hertz, mais seulement 9 réacteurs nucléaires seraient fermés. Autre différence de taille : dans ce scénario, la France exporterait près de 150 TWh, contre seulement 15 TWh dans le scénario Hertz. Enfin, un dernier scénario "Watt" propose de fermer les réacteurs nucléaires français dès qu'ils fêtent leur quarantième anniversaire. Cinquante-quatre réacteurs seraient fermés en 2035 et les capacités de production renouvelables atteindraient 67 GW d'éolien en 2035 et 48 GW de photovoltaïque.

Réactions2 réactions à cet article

 

Envahir nos sites naturels ou culturels par des milliers d'éoliennes
-cf la photo en tête d' article- ne servirait à rien .
Les 6200 machines actuelles n'ont fourni que 4,3 % de notre électricité ,combien en faudrait-il pour compenser la fermeture des réacteurs ?

sirius | 08 novembre 2017 à 10h08
 
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Bonjour.

Je me permets de réagir car cet argument maintes entendus peut être légitime.

Mais...avez-vous le nombre de pylône électrique nécessaire afin de relier les centre de productions massifs (type centrale nucléaire) et les centre de consommations ?

La "beauté" est par définition totalement subjective. A cet égard, je préfère 10 éoliennes à un pylône HT (au moins en Suisse ont-ils fait l'effort de les peindre en vert foncé).

De toute façon c'est un débat dépassé car le gisement est à chercher avec les éoliennes maritimes (vent plus fort et plus stable, moins de contraintes humaine et environnementale). Et savez-vous combien la France a de machine ? 0. Simplement 0. Pas vraiment une invasion...

Nicolas | 09 novembre 2017 à 01h36
 
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