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L'Union européenne s'attaque aux émissions de CO2 des poids-lourds

La Commission européenne a présenté un troisième et dernier volet mobilité. Cette fois-ci, les mesures environnementales portent sur les poids-lourds. L'approvisionnement en matières premières nécessaires à la production de batteries est aussi abordé.

Transport  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Jeudi 17 mai, la Commission européenne a annoncé des propositions législatives relatives à l'encadrement des émissions de CO2 des camions, à leur aérodynamique et à l'étiquetage des pneumatiques. Ces mesures qui visent à réduire l'empreinte environnementale du transport routier s'inscrivent dans des mesures plus larges qui visent à moderniser le transport européen. Ces mesures abordent aussi la sécurité routière et la mobilité automatisées et connectées.

Avec ces nouvelles mesures, la Commission complète sa stratégie pour une mobilité à faibles émissions de carbone, adoptée en juillet 2016. Le programme, présenté jeudi, est le troisième et dernier d'un triptyque dont la présentation a débuté en mai 2017 et s'est poursuivie en novembre 2017.

Emissions de CO2 et pneus des camions

Pour la première fois, l'Europe va encadrer les émissions de CO2 des poids-lourds. Les émissions de CO2 moyennes des nouveaux camions immatriculés dans l'Union devront être inférieures de 15% en 2025, par rapport à celles de 2019, et d'au moins 30% en 2030. Toutefois, les détails de la proposition ne sont pas encore connus. Cette réduction des émissions devrait entraîner des baisses de consommation qui permettront aux transporteurs d'économiser 25.000 euros sur cinq ans, pour un surcoût de 1.800 euros à l'achat des camions, met en avant l'exécutif européen. Mais là encore, l'étude d'impact complète n'est pas encore publique. Pour parvenir à réduire les émissions, l'Union européenne entend jouer notamment sur l'aérodynamique des camions.

L'Europe va aussi revoir l'étiquetage des pneumatiques pour fournir de meilleures informations en matière d'efficacité énergétique, de sécurité et de bruit. Un nouveau règlement remplacera celui de 2009. Il modifiera en particulier la classification des pneus de A à G en fonction de leurs performances. Parmi les principales mesures figure aussi l'extension de l'étiquetage aux pneus de la catégorie C3 (poids-lourds). L'obligation ne concerne pour l'instant que les pneus C1 (voitures) et C2 (utilitaires). En outre, les pneumatiques seront enregistrés dans une base de données. Ce nouveau texte renforce aussi la visibilité de l'étiquette en exigeant qu'elle soit affichée dans tous les points de vente, y compris sur Internet, ainsi que sur les publicités et les documents techniques. L'étiquette elle même devrait contenir des informations supplémentaires. En matière d'environnement, le règlement envisage ainsi l'ajout d'informations relatives à l'abrasion. Autre mesure proposée : l'étiquetage pourrait concerner les pneus rechapés, si la mesure se justifie.

Batteries : le casse-tête des métaux rares

Enfin, la Commission a présenté un plan d'actions pour les batteries. Le document de l'exécutif se focalise sur les actions stratégiques qui visent à sécuriser l'approvisionnement en matières premières. La Commission travaille depuis 2012 pour sécuriser l'approvisionnement de l'Europe en matériaux critiques, mais ce document se penche plus particulièrement sur quatre d'entre eux : le cobalt, le lithium, le nickel et le graphite. Les autres matières premières importantes pour les batteries (telles que le manganèse, l'aluminium, le cuivre, l'étain, le silicium, le magnésium, le germanium, l'indium, l'antimoine et les terres rares) ne sont que brièvement mentionnées.

Le rapport met en évidence les défis et les goulots d'étranglement liés à l'approvisionnement européen et, "plus important encore, il identifie de grandes lacunes dans nos connaissances au niveau de l'Union européenne". En effet, il apparaît que la situation est difficile à appréhender correctement car "les données concernant les métaux mineurs, tels que le cobalt ou le lithium, sont indisponibles, dispersées, confidentielles ou de mauvaise qualité". Le rapport confirme surtout que l'approvisionnement dépend de pays quelques pays, tels que la République démocratique du Congo, la Russie, le Chili et le Brésil. A noter que la France, grâce à la Nouvelle-Calédonie, figure dans la liste des producteurs importants de cobalt, de nickel et de graphite.

D'autre part, il existe des obstacles à l'exploitation du potentiel européen : manque de données géologiques sur les gisements profonds, difficulté d'accès aux gisements connus, faible intégration de l'aménagement du territoire et de l'exploitation minière et faible sensibilisation du public aux matières premières et à l'acceptation des mines. Sur ce dernier point, un chapitre complet est dédié aux cadres politiques et réglementaires européens jugés les plus pertinents pour favoriser l'attribution de permis miniers.

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