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Sobriété énergétique des Step (2/5) : Mont-de-Marsan fait le pari du biogaz

La nouvelle station de Jouanas, à Mont-de-Marsan, peut désormais injecter dans le réseau le biométhane qu'elle produit. Un apport financier non négligeable pour elle et qui devrait, à terme, lui assurer de tendre vers la neutralité énergétique.

Eau  |    |  Dorothée Laperche
Sobriété énergétique des Step (2/5) : Mont-de-Marsan fait le pari du biogaz

« La ressource financière apportée par l'injection du biogaz n'est pas négligeable, souligne Pierre Tanguy, directeur adjoint responsable des services assainissement à Mont-de-Marsan Agglomération (Nouvelle-Aquitaine). Elle permet même d'amortir une partie des investissements de la station de Jouanas. » Avec un prix du gaz de 0,15 euro du kilowattheure, les revenus de la station pourraient, en effet, atteindre 150 000 euros en 2022 et avoisiner 300 000 euros par an, à terme.

Décidé en 2010, le remplacement de l'une des deux stations de Mont-de-Marsan – datant des années 1970 – par une nouvelle, à Jouanas, s'est finalement concrétisé en octobre 2021. La nouvelle station récupère les effluents de la partie ouest de Mont-de-Marsan et de la commune de Saint-Pierre-du-Mont. Elle est conçue pour traiter, à terme, les eaux usées de 55 000 équivalents habitants.

L'injection plus avantageuse que la cogénération

« Initialement, nous souhaitions partir sur un projet de station avec une digestion des boues pour bénéficier de la réduction de leur volume et de leur stabilisation, et nous avons ajouté un volet sur la valorisation du biogaz, explique Pierre Tanguy. Le candidat que nous avions retenu prévoyait que le biogaz soit transformé en électricité avec revente à l'opérateur. » Mais entre-temps, en 2014, a été publié au Journal officiel le cadre réglementaire qui autorise l'injection du biométhane produit en station d'épuration dans le réseau de gaz naturel. « L'étude technico-économique montrait que la solution d'injection du biogaz était la plus avantageuse », indique Pierre Tanguy. Et c'est cette option qui a été retenue. Pour alimenter le digesteur, la régie a décidé de mutualiser les filières des boues des deux stations de Mont-de-Marsan : les boues de la seconde station, celle de Conte, sont acheminées jusqu'à celle de Jouanas.

 
L'étude technico-économique montrait que la solution d'injection du biogaz était la plus avantageuse  
Pierre Tanguy, Mont-de-Marsan Agglomération
 

Pour l'instant en phase de démarrage, la station produit 400 Nm³ par jour et devrait atteindre un objectif de 1 000 Nm3 lorsqu'elle sera à sa capacité nominale. « Nous sommes aujourd'hui à la moitié de la capacité de la station », situe Pierre Tanguy. Cependant, même à terme, il restera un pas à franchir pour atteindre l'équilibre entre la consommation et la production d'énergie de la station. « Nous produirons 2 millions de kilowattheures par an et notre consommation est de 2,5 millions », précise Pierre Tanguy.

La régie de Mont-de-Marsan Agglomération étudie également la possibilité d'équiper la toiture de la station d'épuration de panneaux photovoltaïques, mais aussi la surface qu'occupait l'ancienne station, désormais détruite.

Valorisation du biogaz : quelques points de vigilance

Si l'injection du biométhane dans le réseau ouvre des perspectives pour les stations d'épuration, elle nécessite également une vigilance sur certains points. Tout d'abord, cette solution n'est envisageable que si un réseau de distribution de gaz à basse pression (4 bars) passe à proximité de la station.

 
Des formations et du matériel spécifiques à prévoir Comme l'a rappelé la fuite de biogaz, en octobre 2022, de l'un des digesteurs du Siaap, ce type d'installation nécessite une surveillance rapprochée et la formation du personnel aux risques d'incendie, électrique ou chimique et aux atmosphères explosives (Atex). Mais aussi de disposer de matériel adapté comme des détecteurs quatre gaz (gaz explosifs, oxygène, monoxyde de carbone et hydrogène sulfuré) et des vêtements de travail Atex.
 

La mise en œuvre d'un digesteur implique également une étude de danger – notamment en cas d'explosion – et des préconisations techniques de construction de la station. « Il faut surdimensionner la file eau de la station, constate Pierre Tanguy. Car les digestats issus du méthaniseur devront être déshydratés et l'eau qui en découle, très chargée en azote, sera orientée en tête de station pour être traitée. »

La méthanisation implique également une approche particulière de la gestion de la station d'épuration. « Le système a énormément d'inertie : il dérive très lentement et est très difficile à corriger, explique Pierre Tanguy. Il faut alimenter le digesteur de façon très progressive et réaliser beaucoup d'analyses sur les intrants. Il faut donc organiser le service et lui donner les moyens en conséquence : du personnel formé, un laboratoire et du matériel spécifique. »

Autre paramètre à prendre en compte : la sensibilisation des habitants à proximité de la station. « Nous avons choisi de communiquer très en amont avec les riverains : nous avons régulièrement organisé des points d'étape, nous les avons informés et leur avons fait visiter le site », détaille Pierre Tanguy.

Des exigences réglementaires doivent également être anticipées. « Outre la réglementation liée à la loi sur l'eau, avec la mutualisation de la filière boues de la station de Conte, nous étions également soumis à la réglementation ICPE : il a fallu rédiger deux dossiers d'enquête publique, mais aussi répondre à des contraintes techniques supplémentaires comme la mise en place d'une rétention sur le digesteur », décrit Pierre Tanguy.

Enfin, concernant l'évaluation économique du projet, certains frais fixes ne doivent pas être oubliés. « Le module d'injection, qui permet de contrôler en continu le gaz et l'odoriser, est loué à GRDF. Cela représente un montant conséquent – 60 000 euros par an –, souligne Pierre Tanguy. Comme nous n'étions pas formés sur les questions liées au gaz, nous avons préféré être assistés par le constructeur durant les premières années avec un contrat de maintenance. »

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