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Actu-Environnement

La MSA veut détailler les effets des pesticides sur la santé des agriculteurs

La MSA, régime de protection sociale du monde agricole fait son bilan sur les risques liés à l'utilisation des produits phytosanitaires par les agriculteurs. Résultats : même si la prévention progresse, la toxicité demeure belle et bien !

Risques  |    |  Carine Seghier  |  Actu-Environnement.com
Avec 80.000 tonnes de pesticides par an, la France est le premier consommateur de pesticides en Europe et le 3e consommateur mondial derrière les Etats-Unis et le Japon. Produits visant à la destruction de certains organismes vivants jugés nuisibles (animaux, végétaux, micro-organismes), les pesticides, également appelés produits phytosanitaires sont utilisés depuis de nombreuses années dans différents domaines, comme l'agriculture mais aussi la voirie pour l'entretien des infrastructures routières et ferroviaires, le traitement du bois ou bien encore divers usages privés (jardinage, traitement des locaux…). Or, leur utilisation massive en milieu agricole et non agricole se répercute sur l'environnement (pollution des eaux, de l'air, du sol,…). En outre, depuis plusieurs années, ils font l'objet de soupçons grandissants quant à leur impact sur la santé humaine (favorisation de certains cancers, de troubles de la reproduction, de problèmes neurologiques, d'allergies, d'asthme…).

Différentes actions ont donc été entreprises : en juin 2006, une communication sur le plan interministériel 2006-2009 de réduction des risques liés aux pesticides a été présenté en conseil des ministres. S'inscrivant dans le cadre du plan national santé environnement de 2004 ainsi que dans le volet agriculture de la stratégie française pour la biodiversité de novembre 2005, l'objectif de ce plan consiste à obtenir une réduction de 50 % des quantités vendues de substances actives les plus dangereuses. Diverses actions composent ce plan comme l'amélioration des procédures d'évaluation des produits et de la qualité des pulvérisateurs grâce à un contrôle périodique obligatoire et le renforcement de la gestion des risques liés à la distribution et à l'utilisation des produits phytosanitaires en assurant notamment une traçabilité des ventes. Le plan préconise également d'améliorer la connaissance et la transparence en matière d'impact sanitaire et environnemental et d'évaluer les progrès accomplis. De manière à réaliser ces deux objectifs, un observatoire des résidus de pesticides (ORP) rassemble et valorise les informations sur la présence des pesticides dans l'environnement afin de caractériser l'exposition de la population et des écosystèmes et d'améliorer l'information du public, notamment par la mise en place d'un site Internet.

La MSA, régime de protection sociale du monde agricole a de son côté lancé, depuis février 2004, un numéro vert associé au dispositif Phyt'attitude (0 800 887 887) qui permet de mieux connaître les risques liés à l'utilisation professionnelle des pesticides sur la santé de l'homme. Il offre en effet aux utilisateurs de produits phytosanitaires le moyen de signaler leurs symptômes (maux de tête, vomissements, irritations cutanées, gênes respiratoires), gratuitement et de manière anonyme. Objectif affiché de la MSA : influer directement sur les instances nationales afin de prendre les mesures qui s'imposent pour limiter la dangerosité des produits.

Dans la continuité, elle a présenté le 30 mars dernier, les résultats transmis par le biais des déclarations d'accidents du travail, des données transmises par les professionnels de santé et les observations des conseillers MSA en prévention du dispositif. Le bilan Phyt'Attitude janvier 2004 — juin 2005 est caractérisé par une augmentation des signalements (319 au total), en grande partie due au lancement du numéro vert. Il met la lumière sur les substances les plus préoccupantes, les circonstances d'intoxications courantes ou non et sur les différentes pathologies recensées. Les manifestations cutanées représentent 24 % des signalements, les troubles hépato-digestifs 20 % et les troubles neurologiques et neuro-musculaires 19 %. Près de la moitié des signalements ont nécessité une intervention médicale et 22 % une hospitalisation. La majorité des signalements a concerné les insecticides (35 %), les fongicides (27 %) et les herbicides (27 %).
Les céréales sont les cultures où les signalements d'accidents sont les plus nombreux (33 %), soit une hausse de 17 % en comparaison avec le bilan 2002-2003. La MSA relève que 7 % des intoxications sont passives, dont 80 % dues à des interventions sur culture après traitement et 20 % dues à des interventions à proximité d'un traitement en cours. Fort de ces nouveaux résultats, l'objectif pour tous est de développer des mesures de prévention mieux adaptées à l'ensemble du monde agricole, a indiqué la MSA. Elle engage de ce fait l'ensemble des acteurs à prendre conscience de la dangerosité des produits et à prendre leurs responsabilités dans la lutte engagée pour en prévenir les effets sur la santé. Les agriculteurs avec leurs représentants et organisations professionnelles doivent exiger des fabricants et des pouvoirs publics qu'ils proposent des produits et des techniques de substitution afin de ne plus utiliser de produits toxiques, estime la caisse nationale.

La MSA participe également à plusieurs études sur des pathologies sur le long terme. Selon une précédente étude (TERRE) menée en 1998 et 1999, le risque d'être atteint par la maladie de Parkinson est multiplié par 1,9 en milieu agricole et par 1,8 pour les personnes longuement exposées aux pesticides. C'est pourquoi aux côtés de l'Inserm et de l'InVS, elle a souhaité compléter cette enquête en lançant en février dernier l'étude PARTAGE (Parkinson, Travail, Agricole, Environnement) portant sur 420 cas et 840 témoins. Quatre départements sont concernés : la Charente-Maritime, la Gironde, la Haute-Vienne, et la Mayenne. Objectifs : estimer notamment la fréquence de la maladie de Parkinson en milieu agricole et la comparer aux résultats des non agricoles. Les résultats seront disponibles dans le courant 2008.

Enfin, dans le cadre de l'étude Agrican, lancée fin 2005 et visant à préciser le lien entre cancers et activités agricoles, la MSA a envoyé 570.000 questionnaires à ses affiliés dans 12 départements Haut-Rhin, Bas-Rhin, Côte d'Or, Doubs, Isère, Tarn, Gironde, Vendée, Loire-Atlantique, Manche, Calvados et Somme. Le taux de retour, aujourd'hui de 20 % (120.000 personnes), devrait atteindre les 30 % après relance, soit plus de 150.000 réponses. Les premiers résultats, qui concerneront les cancers les plus fréquents (sein, prostate) et les professions agricoles dont la fréquence d'exposition aux risques est facilement identifiable, seront disponibles en 2008-2009. Il faudra attendre 2013-2015 pour les autres cancers (cerveau, hémopathies) et pour les professions agricoles dont la fréquence d'exposition n'est pas facilement identifiable.

Réactions13 réactions à cet article

 
Introduction tendancieuse, comme d'habitude

Comme d'habitude quand l'article se veut à charge, on peut noter plusieurs techniques:
- parler de chiffre totaux pour la France et ne pas rapporter la consommation de phytosanitaires à l'hectare, ce qui mettrait la France plus loin dans son classement européen (et donc mondial). Il y en a encore trop, mais c'est moins markéting comme manière de présenter l'information (mais l'information serait plus exacte, à condition que cela soit la volonté de ce journal),
- parler de pesticides plutôt que de phytosanitaire, pour associer les produits à la peste,
- parler à charger sur les études en omettant que certaines montrent moins de cancer d'un point de vue global chez les agriculteurs.
Néamoins, l'étude MSA sera intéressante (si elle n'a pas fixé ses conclusions au départ) pour préciser les risques, les conditions de développement de ces risques et les produits à viser en priorité.

Patrick C. | 04 avril 2007 à 11h07
 
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Dénigrement comme d'habitude

Bonjour,

Incroyable votre coup de la peste et des phytosanitaires quand on sait que l'appellation phytosanitaire a été crée justement pour adoucir l'image des produits (tout de même des biocides) auprès du grand public... On croirait même avoir affaire à une appellation de shampoing aux plantes

Manipulations, dénigrement, communication, c'est décidemment l'avatar de notre société...

Daaaavid

Daaaavid | 04 avril 2007 à 11h16
 
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Re:Introduction tendancieuse, comme d'habitude

Pour votre gouverne, l'appellation officielle est désormais "produits phytopharmaceutiques" et non "phytosanitaires". J'attends donc désormais la réaction indignée d'un pharmacien ou d'un fabricant de médicaments !
En revanche, je suppose que ça ne vous gène pas que des plantes soient nommées "pestes végétales"...

botanion

Anonyme | 05 avril 2007 à 08h45
 
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Re:Introduction tendancieuse, comme d'habitude

Quels que soit leur nom, cela reste des biocides et je doute que ce qui tue les petites bébettes soit bon pour les grosses c'est à dire les hommes...

Doudou | 05 avril 2007 à 09h13
 
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les dom oubliés, scandale du chlordécone

Je constate que ces études ne concernent pas les dom martinique guadeloupe ou le chlordécon a été usé pour traiter les bananes alors que l'on connaissait son caractère cancérigène
un empoissonement annoncé
ici le taux de cancers de la prostate est faramineux
C un scandale de "type sang contaminé"

La MSA, régime de protection sociale du monde agricole ne s'ovccupe peut etre pas des dom?
qq 'un pourrait il me renseigner?

martinique | 05 avril 2007 à 15h18
 
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Re:Introduction tendancieuse, comme d'habitude

A charge ou pas c’est évident que s’il faut diviser le tonnage épandu par la surface de la France, quand on aura ajouté la forêt, les montagnes et les zones d’élevage où ils ne sont guère utiles et utilisés, les taux employés sur les céréales, l’arboriculture ou la viticulture seront sérieusement dilués...

Mais selon l’IFEN il reste tout de même un peu trop d’athrazine et autre médicaments pour les plantes dans l’eau des rivières et parfois dans l’eau potable... Je ne souffre ni de mildiou ni oïdium et je ne suis gêné par aucune sur herbe qui me pousserai dans l’estomac... Et mon médecin ne m’a prescrit aucun de ces médicaments, alors j’évite par prudence l’automédication qui est désignée comme une activité à risque.

Marc | 05 avril 2007 à 15h47
 
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pour en savoir plus : un livre à lire absolument

Je recommande à tous la lecture du livre de Nicolo et Villerette paru en mars 2007 (ed. Fayard, 20 euros) "Pesticides, révélations sur un scandale français : ce travail d'investigation remonte le court du temps et montre comment on est arrivé à avoir une société agricole basée sur l'utilisation en grandes quantité des pesticides, y compris dans les DOM. Les informations relatées sont effrayantes mais c'est un livre à lire absolument.

Jade | 06 avril 2007 à 09h31
 
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Re:Introduction tendancieuse, comme d'habitude

Est-il vraiment utile de se demander quel est le classement exact de la France concernant les quantités de produits phytosanitaires ou phytopharmaceutiques répandues chaque année ?
Est-ce que les taux de ces produits ou de leurs métabolites retrouvés au niveau des sols cultivés, des eaux de surface et souterraines, des aliments (fruits, légumes, céréaes...) ne sont pas de meilleurs indicateurs de nos excès ?
Quelle est la formation continue proposée à l'ensemble des professionnels du domaine agricole : agriculteurs, maraîchers, horticulteurs, viticulteurs... concernant les précautions de manipulation, d'épandage, de stockage de ces produits ? Pour les quelques personnes de ce domaine (actives ou retraitées) que je connais : aucune !

Anonyme | 06 avril 2007 à 09h33
 
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Re:Dénigrement comme d'habitude

Les shampoings et colorants peuvent être dangereux, allergisants...

Cultilandes | 13 avril 2007 à 23h05
 
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Re:les dom oubliés, scandale du chlordécone

Bonjour,

Je suis responsable du service de presse de la MSA. Effectivement, la MSA n'est pas présente dans les DOM où la protection sociale de la population est gérée par le régime général quelle que soit l'origine socio-professionnelle.

Delphine MARIE

Anonyme | 23 avril 2007 à 16h44
 
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Re:Re:Introduction tendancieuse, comme d'habitude

Pour information, on divise la quantité par la surface agricole utile : en gros, on se fout des surfaces de bois, de montagne etc... Si on veut être honnète, on prend cette méthode. Si on veut biaiser l'information, on prend les totaux.
L'atrazine est un produit interdit depuis quelques années (5-6 de mémoire) qui pose surtout un problème du fait de sa rémanance (elle dure longtemps). Est-elle pour autant dangeureuse pour la santé ? Pour tous les produits phytosanitaires autorisés, des bases de donnée existent pour indiquer leur toxicité:
- e-phy pour les produits tout formulé,
- agritox maintenu par l'INRA pour les matières actives
Pouvez vous me trouver l'équivalent pour tous les autres produits trouvés dans nos eaux souvent en quantité plus importantes ? Voire la même chose pour nos aliments par pure curiosité...
Ce que l'on trouve dans nos eaux est en dessous des seuils de toxicité qui ont été défini au minimum de ce que l'on pouvait détecter la plupart du temps.

Patrick C. | 24 avril 2007 à 17h50
 
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Re:Re:Re:Introduction tendancieuse, comme d'habit.

Si on veut être honnête, il convient également de prendre en compte les études récentes (depuis 2000 environ) concernant l'accumulation des substances toxiques, produits phytosanitaires notamment, dans l'organisme. Il convient alors de se poser la question des seuils de toxicité fixés puisque pris individuellement. On ne parle pas non plus des "cocktails" classés non toxique aux dosent "prescrites", mais qu'en ai-t-il lors qu'ils sont combinés ?
Certaines études ont amenés les taux de toxicités à être divisés par 2 ou 10 récemment ... par précaution ???

Une autre source intéressante : "Bio, raisonnée, OGM : Quelle agriculture dans notre assiette ?" (extrait ici : https://www.actu-environnement.com/ae/boutique-environnement/catalog/product_info.php?cPath=27_43&products_id=155)

AmaCha | 25 avril 2007 à 18h36
 
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mon mari est mîsculteur

mon lari a semé des pesticides et les maîs le 1er et 2 mai deppuis le 5 il est malade malaises vertiges nausées, hôpital rien trouvé, tas tumeur pas ancéphalite, mais on ne sait rien de plus il boit beaucoup pour éliminer ,a un traitement neurologique, il ne peut pas conduire ; si qq'1 a connu un cas similaire, qu'il me contacte, je suis inquiète. merci davance

aucun | 24 mai 2008 à 21h53
 
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