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Mulhouse opte pour la désinfection UV de son eau potable

Contrainte de mettre en place un dispositif de désinfection de son eau potable, Eau de Mulhouse a opté pour un traitement par ultraviolets à la place de la chloration jugée trop chère et trop gênante sur le plan organoleptique.

Eau  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Mulhouse opte pour la désinfection UV de son eau potable

Depuis 135 ans, Eau de Mulhouse dessert à 200 000 habitants une eau potable issue de la nappe phréatique de la Doller. Une eau de qualité stable qui n'a jamais nécessité de traitement. Les 200 hectares de foncier acquis autour du captage et le long de la rivière permettent d'y maintenir une prairie et éviter les traitements phytosanitaires. « Nos ouvrages sont de bonne qualité : des puits de 18 mètres de profondeur sur 2,5 mètres de large. Nos agents n'ont jamais accès à l'eau. Tout est fermé et carrelé. Il n'y a pas de contact direct avec l'eau qui est stockée dans l'ouvrage, le tout associé à un système de filtration naturelle très performant », détaille Denis Parmentier, chef du service des Eaux de la Ville de Mulhouse.

Mais un petit grain de sable est venu perturber cette mécanique bien huilée. Cette installation de qualité n'a pas pu éviter l'apparition très ponctuelle d'anomalies et la détection de quelques germes une journée de juillet 2017. À la demande de l'Agence régionale de santé (ARS), elle a dû activer, dans l'urgence, un système de chloration pour continuer à assurer la distribution d'eau. Mais cette option est loin de la satisfaire : « Le chlore a un effet rémanent, certes, mais surtout des inconvénients - odeur, goût – auxquels les habitants que nous desservons n'ont jamais été habitués. Nous étions très réticents mais nous n'avions pas le choix dans l'urgence », explique Denis Parmentier.

Un traitement préventif au niveau des puits

Une fois l'urgence passée, la régie a très vite envisagé une autre solution et suite à un appel d'offres, elle a opté pour un traitement aux ultraviolets en continu. « L'eau est exposée à des rayonnements UV-C qui agissent de façon irréversible et immédiate sur les organismes vivants. La puissance germicide est calculée en fonction du débit et de la qualité d'eau », l'explique Alain Nguyen, ingénieur technico-commercial chez BIO-UV Group, l'équipementier sélectionné. « Tout est automatisé, le capteur UV mesure en continu l'intensité UV. Il n'y a pas de contrôle chimique ou biologique supplémentaires à réaliser. Il n'y a pas de débit maximum, on adapte le nombre de lampes à la situation. Le dimensionnement dépend de l'origine de l'eau, du débit et de la dose UV nécessaire », ajoute-t-il.

À Mulhouse, un premier test a d'abord été réalisé sur un puits avec un appareil doté de lampes à moyenne pression dû aux contraintes d'encombrement. Par la suite, les huit puits ont été équipés de dispositifs dotés de lampes à basse pression moins énergivores. « Le traitement UV se fait préventivement, au niveau des puits. La chloration pourra être activée en cas de pollution sur le réseau, en mode curatif », explique

 
Le traitement UV se fait préventivement, au niveau des puits. La chloration pourra être activée en cas de pollution sur le réseau, en mode curatif  
Denis Parmentier
 

Une maintenance allégée

Fonctionnelles depuis février 2019, les sept installations traitent 15 millions de m3 d'eau par an à un débit de 500 à 600 m3/h. Elle aura coûté 1 million d'euros à la régie de Mulhouse en incluant les travaux de génie civil nécessaires. Un investissement significatif que la ville ne regrette pas. « Nous sommes très satisfaits. La qualité est conforme, sans turbidité, nous n'avons aucun retour négatif de nos consommateurs, et c'est beaucoup plus simple à entretenir qu'un traitement au chlore », résume Denis Parmentier, chef du service Eau de la Ville de Mulhouse. La ville prévoit 50 000 euros/an de budget de fonctionnement dont 42 000 euros pour la maintenance des appareils (fourniture pièces telles que capteurs, joints étanchéité, lampes UV, nettoyage chimique des quartz) et 10 000 euros/an d'électricité (400 MWh/an). Un budget plus léger que les 120 000 €/an du traitement chloré dont 100 000 € de produits.

Ce projet a été soumis à l'accord de l'Agence Régionale de Santé (ARS) et d'un hydrogéologue chargé de rédiger les mesures à mettre en œuvre lors des travaux. L'ARS exige toutefois le maintien des systèmes de chloration dans le cas où il y aurait un problème quelconque dans l'eau qui nécessiterait de les remettre en marche rapidement. Pour l'instant ce système est totalement à l'arrêt. « Le traitement UV n'est pas rémanent contrairement au chlore. À Mulhouse, nous avons la chance d'avoir un réseau sain, entretenu et peu étendu (20 km du puits aux derniers robinets), nous n'avons donc pas besoin de points de chloration le long du réseau. C'est un critère primordial pour le choix de cette solution. Si un réseau présente un risque de contamination ou de stagnation de l'eau alors le traitement UV n'est peut-être pas approprié », prévient Denis Parmentier.

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