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Municipales : une approche de la biodiversité différente entre ville et campagne

La biodiversité se retrouve dans tous les programmes des candidats. Mais encore davantage dans les villes où sa portée se révèle différente de celle du milieu rural, plus connecté aux réalités écologiques du terrain.

Biodiversité  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com
Municipales : une approche de la biodiversité différente entre ville et campagne

« Le mot biodiversité est apparu dans les années 1990. Il n'apparaissait dans aucune politique publique avant. Aujourd'hui, il est partout », se félicite Michaël Weber, président de la Fédération des parcs naturels régionaux (FNPNR). C'est particulièrement vrai aujourd'hui dans les programmes des candidats aux élections municipales, quelle que soit leur couleur politique.

« Il y a un vrai changement de culture, la question n'est plus réservée aux programmes écologistes », confirme Maud Lelièvre. La déléguée générale des Éco-Maires, dont l'association a commencé à analyser les programmes des candidats, constate l'importance grandissante donnée à la place de l'animal, à celle de l'arbre, à l'éducation à l'environnement ou encore au réaménagement du bâti dans les discours des candidats.

Omniprésente dans les programmes de grandes villes

Mais si la question de la biodiversité gagne en importance dans les programmes des candidats, cette place n'est pas la même selon que l'on a affaire à des communes rurales ou urbaines. Elle est omniprésente dans les programmes des candidats des grandes villes, comme le montre la surenchère sur le nombre d'arbres à planter à Paris ou les propositions de création de forêts urbaines dans la capitale. « Comment faire pour que la prise de conscience soit aussi forte chez les élus ruraux que chez les élus des grandes villes ? », interroge Michaël Weber, qui rappelle que la préoccupation première des communes rurales est de conserver leur population et d'éviter la paupérisation des centre-bourgs.

Mais tout en posant cette question, le président du parc naturel régional des Vosges, élu local, a sa petite idée sur la question. Certaines propositions typiquement urbaines, comme la végétalisation des toitures, n'ont pas de sens à la campagne. D'autres, au contraire, y ont toute leur place, même si cela se fait par la force des choses. L'objectif de zéro artificialisation nette des sols, fixé par le plan biodiversité du Gouvernement, ne peut être tenu à terme par les métropoles, estime M. Weber. Les communes rurales sont donc fortement sollicitées sur cette thématique, même si l'élu déplore que l'effort ne repose au final que sur elles.

« Éviter une perception hors sol de la biodiversité »

L'approche de la biodiversité se révèle aussi de nature différente entre la ville et la campagne. Éric Brua, directeur de la Fédération des parcs naturels régionaux, pointe « le risque de déconnexion entre la réalité écologique sur les territoires et des débats très nationaux sur la biodiversité ». Et de donner l'exemple de l'engouement pour le véganisme qui va tomber à plat sur un territoire qui vit de l'élevage. En bref, « il faut éviter une perception hors-sol de la biodiversité », résume le directeur de la fédération.

 
Je vois un risque de déconnexion entre la réalité écologique sur les territoires et des débats très nationaux sur la biodiversité.  
Éric Brua, directeur de la Fédération des parcs naturels régionaux
 
Là où les urbains vont exiger une protection absolue des arbres ou la création d'aires protégées, l'approche se révèle plus utilitariste à la campagne. Il en va ainsi de la création de mares utiles à la biodiversité, plutôt qu'une citerne, afin de répondre aux exigences réglementaires de protection incendie, illustre Thierry Mougey, chargé de mission Biodiversité et gestion des espaces à la Fédération des PNR. La valorisation économique de la haie par le bois-énergie permettra aussi leur protection. Cette différence d'approche pourrait aussi expliquer pourquoi la végétalisation des cimetières est plus difficile à faire passer en milieu rural.

Approches volontaristes ou contractuelles mieux perçues

La différence d'approche se situe aussi au niveau de la nature des outils à mettre en place. Là où la demande peut se révéler plus forte sur le réglementaire en ville, avec des exigences d'interdiction de certaines activités sources de nuisances, les approches volontaristes ou contractuelles sont mieux perçues en milieu rural. « Plutôt convaincre que contraindre », plaide Michaël Weber qui vante des outils volontaires comme les sanctuaires de nature, les atlas de la biodiversité communale, le concours jardiner pour la biodiversité ou celui des prairies fleuries.

Mais si les approches urbain/rural présentent des divergences, la demande sociale pour l'environnement des moins de 40 ans tend aussi à rapprocher les points de vue. Une convergence qui peut être illustrée par la demande croissante pour des cantines scolaires bio, les différences résidant, là, davantage sur la plus ou moins grande aisance financière des parents que sur leur lieu de résidence.

En tout état de cause, villes ou campagnes, « il est nécessaire de mettre en place des indicateurs clairs et reproductibles », indique Stéphane Woynarosky, président du groupe de travail « Collectivités et biodiversité » du comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). « À défaut, les politiques environnementales se révèlent faibles », indique Maud Lelièvre.

Réactions9 réactions à cet article

 

"La valorisation économique de la haie par le bois-énergie permettra aussi leur protection." : phrase convenue taillée sur mesure pour flatter les intérêts économiques locaux ! La gestion actuelle des haies pour fournir du bois-énergie est fortement mécanisée : de gros engins agricoles ou forestiers coupent les arbres à leur base pour en déchiqueter sur place la partie aérienne. De plus, les exploitants cherchent plutôt à avoir des essences dynamiques au recépage et cela tend vers la culture linéaire monospécifique (châtaigner par exemple) et avec une seule classe d'âge des sujets. A part que la haie n'est plus supprimée, la protection de la biodiversité est ainsi très maigre (diversité de la flore spontanée appauvrie, disparition des vieux arbres à cavités propices aux microorganismes, invertébrés et vertébrés, etc.).
De même, prétendre encore aujourd'hui qu'il faut « Plutôt convaincre que contraindre » est un vieux poncif qui a largement prouvé son inefficacité : les territoires des PNR connaissent une forte régression de leur biodiversité par manque d'intérêt des acteurs socio-économiques. Si leur biodiversité s'avère encore parfois supérieure à celles d'autres secteurs, c'est surtout parce qu'ils ont bénéficié d'un héritage plus conséquent (élément qui a pesé dans leur création).
Le conservatisme des élus des PNR, ainsi que la crainte de se mettre à dos les socio-professionnels locaux, pèse de tout son poids dans l'efficacité environnementale toute relative des parcs.

Pégase | 04 mars 2020 à 10h03
 
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la végétalisation des cimetières est plus difficile à faire passer en milieu rural.
Ha ha ha , décidément les écolos sont vraiment sur une autre planète : en milieu rural les cimetières se trouve au milieu de la nature et font souvent moins de 5000 m2. C'est dire si c'est une priorité de les végétaliser pour compenser peut être la disparition de touts les services de l'État? (HÔPITAL, MATERNITÉ, GENDARMERIE, IMPÔTS, POSTES, MÉDECINS...)

ouragan | 04 mars 2020 à 10h26
 
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@ pégase le manque d’intérêt des acteurs sociaux économique dans les parcs résulte du totalitarisme des administrateurs:
Exemple parc de la vanoise : Le 12 juillet dernier ( c'était en 2015) a eu lieu la 5ème édition de cet événement. Nous échangeons avec vos services depuis la conception du projet en 2010. Nous avions d'ailleurs fait évoluer le parcours en fonction de vos autorisations et préconisations. Nous avons suivi vos recommandations même hors du cœur du parc.
Le 07 juillet vous nous faite part de votre décision d'autorisation en excluant une partie du parcours. Nous contestons vivement votre décision tant sur la forme que sur le fond. Le parcours est inchangé depuis la première édition. Votre décision prise À 5 JOURS de l'événement n'est nullement argumentée. Peut-être qu'en tant que directeur du PNV vous me direz que vous n'avez pas à argumenter vos décisions ?
Le succès de cet événement est prouvé. Avec plus de 20 pays représentés, il fait partie des enjeux de promotion du territoire. Mais sans doute les trailers sont d'horribles pollueurs que nous devrions chasser du territoire. C'est du moins ce que vous laissez entendre lorsque l'un de vos agents me rétorque droit dans les yeux, je cite: « Je trouverai bien une espèce protégée pour vous empêcher d'y aller ».

ouragan | 04 mars 2020 à 12h17
 
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@ ouragan : sauf erreur de ma part, l'article évoque le cas des parcs naturels régionaux, lesquels ne disposent pas d'une règlementation spécifique (à l'exception de la possibilité de réglementer la publicité, faculté dont ils se gardent bien d'abuser...). Un parc national dispose quant à lui de dispositions règlementaires via sa charte pour assurer la conservation de son patrimoine biologique. Ses administrateurs sont donc fondés à interdire telle ou telle activité ou évènement ayant un impact trop important. Rien de bien surprenant donc à ce qu'un trail très fréquenté entre dans cette catégorie. Et rien de totalitaire dans la position des administrateurs du parc de la Vanoise de prime abord, ils ne font qu'appliquer la loi. Ce qui est en revanche beaucoup plus contestable est de considérer seulement la nature, qui plus est dans un parc national, comme un grand terrain de jeu ou un centre de profit. Cela dit, la formalisation de l'interdiction que vous évoquez laisse perplexe.

Pégase | 04 mars 2020 à 18h29
 
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@pegase : La formalisation est exactement le reflet de la dictature qui s'installe en même temps que les parcs.
Jean-Christophe Fossey fabrique et commercialise sur les marchés des gâteaux secs sous l'appellation Les Biscuits du Mercantour. « Le Parc national du Mercantour s'oppose à la présence d'un nom de marque. Mais c'est trop tard. J'avais déjà enregistré Les Biscuits du Mercantour auprès de l'INPI, D'autant que le mot Mercantour n'est pas protégé et n'appartient pas au Parc. C'est le nom d'un massif.
Jean-Christophe Fossey, qui a investi ses économies, sans aucune aide ni subvention, pour créer son entreprise, s'inquiète : « Je vais devoir saisir un juriste ou un avocat pour défendre mes droits. Ces dépenses que le Parc m'impose n'aident vraiment pas le senior que je suis dans la création d'une entreprise ambitieuse en zone de montagne ».

ouragan | 04 mars 2020 à 22h30
 
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@pegase : "Et rien de totalitaire dans la position des administrateurs du parc de la Vanoise de prime abord, ils ne font qu'appliquer la loi".
Sauf que pour que les communes adhérent à la création des parcs pendant les discussions les rabatteurs laisse entrevoir une coopération entre les habitants, les propriétaires, et les agriculteurs, les artisans. En fait il n'en est rien, une fois signée les habitants déchantent. Voir l'exemple des biscuits du Mercantour!
Désolé mais tout ce qui touche à la "sauvegarde de la nature" est en fait l'expression de la colonisation.
Les véritables créateurs des parcs nationaux du monde ne sont pas les idéologues et les évangélistes du mouvement écologiste, mais les peuples qui ont façonné leurs paysages grâce à un savoir et une vision emmagasinés à travers d'innombrables générations.

Comme on peut le constater sur le terrain, les associations de défenses de la nature dénigrent le pastoralisme qui gène les prédateurs mais encense les millions de touristes qui envahissent la nature car l'animal représente un argument touristique non négligeable (cap loup) !!!!!

Toutes ces associations n'ont rien a faire de la nature ensauvagée, juste faire marcher le tiroir caisse après avoir spolié de leurs terres, les ruraux qui les ont préservées , en mettant en avant l'importance d'ensauvager les régions qui sont fondamentalement en bonne santé écologique

ouragan | 05 mars 2020 à 10h45
 
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@Pégase
LES PARCS NATIONAUX :
Selon une nouvelle enquête dévastatrice de l’ONU, un projet du WWF en Afrique centrale est responsable d’abus et de violations des droits à une échelle choquante.

ouragan | 06 mars 2020 à 11h46
 
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J'ai lu des articles sur le sujet. Si ces faits sont avérés, les responsables doivent être poursuivis et condamnés. Mais pour l'instant, à ma connaissance tout du moins, il n'y a pas eu de condamnations en justice. L'Afrique est hélas le théâtre d'autres histoires tout aussi sordides mais bien plus nombreuses impliquant des safaris de chasse et des trafics d'espèces. Des populations locales sont également terrorisées et des gardiens de parcs nationaux tués chaque année dans l'exercice de leurs fonctions. De même, en Europe et en Roumanie en particulier, deux gardes forestiers ont été abattus l'an dernier par des trafiquants de bois en voulant stopper des coupes illégales. En Amérique du Sud, des habitants et militants écologistes s'opposant à l'expulsion de leurs terres pour diverses raisons (ouverture de mines, coupes de bois, mise en culture de soja, etc.) sont terrorisés voire exécutés par des gros bras de sociétés mafieuses. Mais vous n'évoquez curieusement pas ces drames dans votre post. Auriez-vous l'affliction sélective... ?
Pour en revenir à des faits concernant les parcs nationaux français, quatre apnéistes viennent en revanche d'être condamnés à 385 000 € d'amende par le TA de Marseille pour braconnage nocturne dans l'enceinte du parc national des calanques. Ce sont des récidivistes puisqu'ils avaient déjà été condamnés pour des faits similaires.
Et la liste des autres actions de braconnage et tirs sur espèces protégées condamnées ailleurs en France est longue !

Pégase | 06 mars 2020 à 14h04
 
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@pégase. Quand l'idéologie aveugle la raison :
Le WWF 2 millions de dollars de chiffre d'affaire par jour alimente en permanence les associations environnementales qui écoutent bien ses conseils.
Le WWF ne peux réfuter les faits rassemblés par Wilfried Huismann durant ces deux ans de recherches aux quatre coins de « l'empire vert » : Le WWF est de mèche avec les plus gros pollueurs du globe. Le WWF « efface » les crimes écologiques liés aux affaires des compagnies qui détruisent actuellement les dernières forets vierges et habitats naturels restant sur notre planète.
Au nom de la protection de l'environnement le WWF a participé à la délocalisation et à l'extinction culturelle des peuples indigènes partout dans le monde. Plus de 20 millions de personnes.
Des multinationales telles que Coca-Cola, Shell, Monsanto, HSBC, Cargill, BP, Alcoa et Marine Harvest ont ainsi bénéficié du label WWF tout en poursuivant leurs activités à l’identique.

On, a bien remarqué que votre politique est de nier systématiquement touts les témoignages qui remettent en cause les évangélistes sauveurs de la planète.
Je vous conseille d'aller voir sur le site de survival international ce qui se passe réellement, comme par exemple : L'Allemagne bloque le financement du WWF à la suite de violations des droits ...
https://www.survivalinternational.fr/ 10 pages de titres concernant le WWF. Bonne lecture

ouragan | 06 mars 2020 à 15h40
 
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