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Les projets MDP de destruction du N2O favoriseraient des réductions fictives des émissions de GES

Gouvernance  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

Selon le Stockholm Environment Institute (SEI), la réduction des émissions de protoxyde d'azote (N2O) via le mécanisme de développement propre (MDP) du protocole de Kyoto aurait donné lieu à des fuites de carbone et des réductions fictives des émissions de ce puissant gaz à effet de serre.

Une étude du SEI démontre que les industriels auraient profité d'un effet d'aubaine lié aux crédits carbone pour modifier la répartition de leur production d'acide adipique et d'acide nitrique. En effet, grâce au MDP, il est possible d'obtenir des crédits carbone lorsqu'on détruit le N2O généré par la production de ces acides sur un site industriel situé dans un pays en développement.

Les chercheurs du SEI ont découvert que pour obtenir des crédits MDP associés aux projets de destruction du protoxyde d'azote, les industriels du secteur ont sensiblement modifié la répartition géographique de leur production d'acide. Ainsi, les sites bénéficiant des crédits MDP ont vu leur production subitement augmenter au détriment des sites ne bénéficiant pas du MDP. Le rapport considère que ce report de la production en faveur des sites couverts par le MDP ne vise qu'à bénéficier au maximum du mécanisme onusien. "Nous estimons que 20% des crédits carbone obtenus par l'industrie de l'acide adipique en 2008 et 2009, soit environ 13,5 millions de tonnes équivalant CO2, ne représente pas de réelles réductions d'émission", concluent les chercheurs.

Le rapport du SEI sème à nouveau le trouble sur les crédits MDP obtenus en éliminant des gaz industriels ayant un fort potentiel d'effet de serre. En août le secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) avait ouvert une enquête sur les projets de destruction du gaz industriel HFC-23. Les industriels étaient soupçonnés de gonfler la production d'un gaz réfrigérant (HCFC-22) afin d'obtenir des crédits MDP pour la destruction du sous-produit HFC-23.

Par ailleurs, les crédits MDP obtenus en contrepartie de la destruction de gaz industriels pourraient être exclus du marché européen d'échange de quotas de CO2 (ETS) pour la période post-2012. Interrogée par le quotidien britannique Guardian, Connie Hedegaard, la commissaire européenne chargée de l'action pour le climat, juge "qu'il y a de trop nombreux exemples de projets basés sur les gaz industriels, en premier lieu avec le HCF-23, qui manquent totalement d'intégrité environnementale lorsqu'on les étudie attentivement."

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