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Actu-Environnement

Le CNRS lance une étude de toxicité relative aux nanotubes de carbone

Menée dans le cadre d'un projet de l'Agence nationale de la recherche (ANR), une vingtaine de chercheurs et ingénieurs, répartis sur quatre laboratoires dont deux du CNRS vont étudier à la loupe la toxicité relative aux nanotubes de carbone.

Risques  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Les nanotubes de carbone, découverts en 1991, forment l'un des quatre états organisés connus du carbone sur Terre, avec le graphite, le diamant et les fullerènes. Ils sont formés d'une ou plusieurs parois concentriques où les atomes de carbone sont organisés en réseaux d'hexagones. Leurs dimensions vont de quelques microns à quelques dizaines de microns de longueur et leur diamètre est inférieur à quelques nanomètres. Ils sont employés dans diverses applications (écrans plats, pneumatique, industrie automobile et articles de sport) principalement pour leurs propriétés mécaniques et électriques. Aujourd'hui, la production mondiale de nanotubes de carbone atteint plusieurs centaines de tonnes par an. Cependant, l'étude des effets sur la santé humaine est encore très embryonnaire et leur impact sur l'environnement demeure à ce jour quasiment inexploré.

C'est dans ce cadre qu'une étude de toxicité relative aux nanotubes de carbone vient d'être lancée. Menée dans le cadre d'un projet de l'Agence nationale de la recherche (ANR), une vingtaine de chercheurs et ingénieurs*, répartis sur quatre laboratoires dont deux du CNRS**, seront impliqués dans ce projet au budget de 300.000 euros. Trois thématiques seront abordées : le caractère polluant des nanotubes et notamment la toxicité pour la faune, la toxicité pour l'homme et la façon de rendre la synthèse des nanotubes plus propre et notamment de réduire les rejets gazeux.

L'impact environnemental est le volet est le plus innovant, car la question n'a encore jamais été étudiée, explique le CNRS dans un communiqué. Les recherches porteront principalement sur le milieu aquatique où se concentre la pollution, et seront réalisées par les chercheurs en mettant des amphibiens en contact avec des suspensions de nanotubes.

Pour analyser les effets des nanotubes de carbone sur la santé humaine, les chercheurs examineront in vitro l'interaction des nanotubes de carbone avec les macrophages humains mais aussi in vivo au niveau pulmonaire chez la souris, en collaboration avec le laboratoire Macrophages, médiateurs de l'inflammation et interactions cellulaires (Université Toulouse 3), pour savoir si l'inhalation de nanotubes provoque des réactions inflammatoires.

Le porte-parole des Verts, Yann Wehrling, a salué la mise en place du groupe de travail, bienvenue mais tardive. Il faut éviter des catastrophes coûteuses en vie humaine et en argent public. Par exemple, les nanotubes ont un cousinage préoccupant avec l'amiante. Or, il faut tirer les leçons du scandale de l'amiante, en interrogeant et vérifiant de manière indépendante et fiable l'innocuité de toute nouvelle technologie ou de tout nouveau matériau, a-t-il précisé.


*Le projet est coordonné par Emmanuel Flahaut, chercheur CNRS dans l'équipe Nanocomposites et nanotubes de carbone, au CIRIMAT (Centre inter-universitaire de recherche et d'ingénierie des matériaux de Toulouse, CNRS/Université Toulouse 3/INP Toulouse).

**Centre inter-universitaire de recherche et d'ingénierie des matériaux de Toulouse (CNRS/Université Toulouse 3/INP Toulouse), équipe Nanocomposites et nanotubes de carbones, et Laboratoire d'écologie des hydrosystèmes (CNRS/Université Toulouse 3), en collaboration avec le laboratoire Biomatériaux et réparation tissulaire (INSERM/Université Bordeaux 2) et le laboratoire Macrophages, médiateurs de l'inflammation et interactions cellulaires (Université Toulouse 3)

Réactions2 réactions à cet article

 
Pour quel objectif ?

Tout celà m'a l'air bien intéressant.
Est-ce que l'on sait à quoi ces études vont elles servir ?

Gauthier | 18 janvier 2007 à 15h46
 
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Re:Pour quel objectif ?

Ce que j'en sais : les nanotubes vont d'ici peu envahir notre cotidien et remplacer les leds et les écrans grands format, et bien d'autres choses.

Mon idée est que la matière étant proche de la fibre de verre ou de kevlar, elle peut perdre des particules dans certains contextes, et l'intérogation porte sur l'impacte de ces particules sur la santé. Puis aussi, c'est probablement une matière tout aussi difficile à recycler que les deux autres que je cite.

Marc

Marc | 18 janvier 2007 à 20h04
 
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