En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Des polluants mesurent le renouvellement des nappes phréatiques

L'agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse fait appel à une méthode originale pour estimer le taux de renouvellement des nappes phréatiques. Enjeu : piloter les efforts à réaliser pour réduire les nitrates et les pesticides en surface.

Eau  |    |  Albane CantoActu-Environnement.com
Environnement & Technique N°379 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°379
[ Voir un extrait | Acheter le numéro]

Améliorer la qualité de l'eau des captages prioritaires implique souvent de réduire l'usage des nitrates et des pesticides en surface. Mais combien de temps faut-il pour observer les effets de ces efforts sur la nappe phréatique ? C'est pour répondre à cette question que l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse (RMC) a lancé une étude, dont les résultats viennent d'être publiés, sur le renouvellement des nappes. En 2017, elle a porté sur les 108 captages du bassin Rhône Méditerranée considérés comme prioritaires au titre de la pollution contre les nitrates et les pesticides dans le Sdage 2016-2021.

Etonnamment, ce sont deux polluants de l'atmosphère qui permettent de répondre à cette question : les chlorofluorocarbures (CFC) et l'hexafluorure de soufre (SF6). La production industrielle de ces gaz a débuté dans les années 50 – c'est également à partir de cette période qu'on les retrouve dans l'atmosphère. La méthode se base sur "le principe de conservation de la signature atmosphérique que l'eau acquiert au moment où elle pénètre dans la nappe d'eau souterraine", indique le rapport. En clair : l'eau se charge en CFC et en SF6 dans l'atmosphère, et les entraîne sous forme diffuse lorsque les gouttes s'infiltrent dans le sol. Comme on connaît parfaitement les concentrations atmosphériques en CFC et SF6 depuis les années 70, il est possible de comparer les teneurs des polluants dans les eaux souterraines avec les données atmosphériques historiques. Et donc de retrouver l'année où la goutte d'eau est passée de l'atmosphère à la nappe phréatique. A noter que les résultats font état d'un âge "apparent" ou "moyen", car une nappe est rechargée par plusieurs lignes de flux. Il existe également des "facteurs de retard", liés au temps nécessaire pour que l'eau passe du sol en surface à la nappe, et aux éventuelles interactions entre les nitrates, les pesticides et le sol, qui retardent également leur arrivée dans la nappe.

28% des eaux ont moins de 15 ans

L'étude a été confiée à la plateforme Condate Eau de l'université de Rennes 1, spécialisée dans la datation des eaux via l'analyse des CFC et du SF6, et à Antea Group. En tout, 116 points de prélèvements ont été investigués dans huit départements. "Parmi les 116 points de prélèvement, l'indice de confiance des résultats peut être considéré comme acceptable sur 100 d'entre eux", note le rapport. Ainsi, 28% des captages ont des eaux d'un âge moyen inférieur à 15 ans, 55% des captages se situent entre 15 et 30 ans, et 17% des captages ont des eaux de plus de 30 ans.

L'étude va se poursuivre en 2018. Deux campagnes de prélèvement sont prévues sur 151 captages au sud du bassin Rhône Méditerranée.

Ces nouvelles connaissances vont permettre d'éclairer et d'orienter les décisions des collectivités dans le dimensionnement et l'ambition des programmes d'actions territoriaux.

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…