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Les négociations sur l'après-kyoto progressent timidement malgré la réticence des États-Unis

À l'occasion de la réunion de la CCNUCC à Bonn, les premières négociations sur la suite à donner au protocole de Kyoto ont timidement débuté même si les États-Unis restent férocement opposés à un plan international de réduction des émissions de GES.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Réunis pendant deux semaines à Bonn pour négocier une nouvelle convention prenant le relais du protocole de Kyoto qui expire en 2012, plus d'un millier d'experts et de responsables de 150 pays ont progressé sur la question. Selon Yvo de Boer, directeur exécutif de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), cette réunion a permis de régler un certain nombre de questions dans la perspective de la conférence de Bali, prévue en décembre 2007. Les discussions ont porté sur le transfert des technologies propres, les adaptations aux effets inévitables des changements climatiques et la lutte contre la déforestation. Les parties au Protocole de Kyoto ont également pris note du dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).
À cette occasion, les pays en développement ont rappelé qu'ils refusaient de porter le poids des émissions et ont insisté sur leur droit à la croissance économique et à la lutte contre la pauvreté. Les incitations économiques aux investissements « verts » dans les pays en développement devraient donc se maintenir voire être développées dans l'après-kyoto. Mais certains pays comme le Brésil ont manifesté leur volonté de négocier sans se contenter de discussions. L'Afrique du Sud a notamment souligné que les pays en développement, comme les pays développés, devaient avancer dans leur lutte contre les changements climatiques.

Les représentants du monde de l'entreprise ont pour leur part rappelé qu'ils avaient besoin d'objectifs à long terme afin de déterminer la nature et l'ampleur de leurs investissements futurs. Dans le même esprit, Yvo de Boer s'est félicité de l'annonce récente par la Chine du lancement d'une stratégie très ambitieuse de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, ainsi que de l'organisation en Inde d'une grande réunion sur les progrès possibles dans l'industrie.
Concernant la Russie, il semblerait que le Président Poutine ait des objectifs de croissance économique particulièrement ambitieux. Pour Yvo de Boer, concilier cette croissance avec une réduction des émissions de gaz à effet de serre représentera un véritable défi pour le pays. Mais le directeur exécutif de la CCNUCC a également rappelé que la Russie s'était néanmoins engagée, là où des pays qui émettent deux fois plus de gaz n'ont pris aucun engagement.

En revanche, les États-Unis ont réaffirmé qu'ils estimaient toujours que le temps n'était pas venu de lancer des négociations sur le long terme et continuaient de préférer la voie de la coopération bilatérale et des progrès techniques à celle d'une réponse multilatérale et globale aux changements climatiques.

Ce désaccord a été à nouveau exprimé fortement ces derniers jours alors que l'Allemagne prépare le prochain G8 prévu début juin à Heiligendamm. Les États-Unis sont en total désaccord avec les mesures prônées par l'Allemagne pour lutter contre le réchauffement climatique et qui doivent figurer dans le communiqué final du sommet. L'Allemagne veut des engagements précis et chiffrés sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui contribuent au réchauffement de la planète. Il s'agit notamment de réduire de 50% d'ici 2050 ces émissions par rapport à leur niveau de 1990 et de s'engager à accroître de 20% d'ici 2020 l'efficacité énergétique dans le transport et la production d'électricité. Les travaux préparatoires du sommet ont ainsi rappelé la ferme opposition de l'administration Bush à tout objectif contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Pourtant, depuis samedi, la présidente de la Chambre des Représentants américains Nancy Pelosi est en voyage en Europe pour aborder ce sujet à travers plusieurs réunions avec des scientifiques et des responsables politiques en Grèce, en Allemagne et en Belgique. Même si la démocrate ne partage pas la position de G.W Bush, il ne s'agit pas pour elle de provoquer l'administration mais de mieux apprécier les positions de l'Europe sur la question. À la suite de sa rencontre avec le ministre allemand de l'Environnement, Nancy Pelosi, a invité le président George Bush à prêter une oreille attentive aux plans de lutte contre le changement climatique, lors du prochain sommet du G8, et à accepter d'explorer de nouveaux moyens d'action avec ses partenaires.

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