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L'Anses identifie des alternatives efficaces et opérationnelles aux néonicotinoïdes

Une étude de cas portant sur la vigne montre qu'il existe des méthodes de lutte alternatives aux néonicotinoïdes efficaces et opérationnelles. C'est ce qui ressort d'un avis de l'Anses qui valide une méthode d'évaluation de ces alternatives.

Risques  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

L'étude des alternatives aux néonicotinoïdes, ces puissants insecticides systémiques qui menacent les populations d'abeilles, tient une grande place dans le programme de travail de l'Agence de sécurité sanitaire française (Anses). Dans un avis publié le 21 mars, elle valide une méthodologie permettant d'identifier ces alternatives et de comparer leur efficacité avec les substances qu'elles sont amenées à remplacer. Pour cela, l'Agence a effectué une étude de cas sur la vigne qui montre l'existence de méthodes de lutte alternatives efficaces et opérationnelles.

L'enjeu de ces travaux ? Disposer d'alternatives opérationnelles au 1er septembre 2018, date d'interdiction des néonicotinoïdes par la loi pour la reconquête de la biodiversité. Ou, à tout le moins, disposer d'un bilan comparant les bénéfices et les risques de ces insecticides, et de leurs alternatives, permettant aux ministres concernés d'accorder en toute connaissance de cause des dérogations à cette interdiction. Une possibilité prévue par la loi jusqu'au 1er juillet 2020.

Méthode non chimique aussi efficace que les néos

"Pour les cicadelles de la vigne, il existe à l'heure actuelle des méthodes de lutte alternatives suffisamment efficaces et opérationnelles pour contribuer à une solution de substitution à l'usage des néonicotinoïdes, en termes d'efficacité, à l'horizon 2018", conclut l'avis de l'Anses.

L'Agence a étudié neuf familles de méthodes de lutte en fonction de quatre critères : magnitude de l'efficacité, durabilité, opérationnalité de la méthode, praticité. Elle relève en premier lieu que d'autres familles d'insecticides chimiques que les néonicotinoïdes présentent une efficacité de même magnitude, avec un même niveau d'opérationnalité et de praticité. La durabilité de leur efficacité est aussi faible que celle des néonicotinoïdes.

L'Anses identifie ensuite une méthode non chimique présentant l'avantage d'être aussi efficace que les néonicotinoïdes mais avec une durabilité plus importante : l'arrachage des plants porteurs de flavescence dorée, la maladie transmise par les cicadelles. Seul inconvénient aux yeux de l'Agence : une méthode jugée un peu moins pratique que l'utilisation des insecticides.

Les travaux identifient également d'autres méthodes non chimiques d'efficacité moyenne mais qui sont opérationnelles : le traitement à l'eau chaude du matériel végétal de vigne et l'utilisation d'huiles et de poudres minérales. "L'utilisation de microorganismes pathogènes pour les organismes nuisibles et la confusion acoustique semblent prometteuses en termes d'efficacité mais sont encore au stade d'étude ou de pré-développement", indique aussi l'avis de l'Agence.

Cette dernière préconise de conduire des recherches en faveur du développement d'outils de lutte biologique, ou de médiateurs chimiques, et des approches génétiques ou agro-écologiques.

Les risques pour la santé et l'environnement évalués plus tard

Ces premières conclusions positives sur les alternatives disponibles sont toutefois tempérées par plusieurs réserves de l'Agence. "Aucune méthode n'assure à elle seule une efficacité suffisante", relève l'avis qui préconise leur combinaison dans le cadre d'une approche de lutte intégrée. "Il convient aussi de souligner l'augmentation attendue du risque de résistance des insectes aux autres insecticides chimiques du fait de la suppression du mode d'action des néonicotinoïdes", pointe l'Anses.

D'autre part, ces premiers travaux ne portent que sur l'efficacité des alternatives et non sur leurs risques pour la santé humaine et l'environnement, qui feront l'objet d'un autre avis de l'Agence d'ici la fin de l'année.

Enfin, cet avis ne constitue qu'une première étape dans les travaux de cette dernière pour évaluer les alternatives aux néonicotinoïdes. Ces premiers résultats permettent de valider la méthodologie d'évaluation en s'appuyant sur une étude de cas plutôt facile. "En effet, rappelle l'Anses, en viticulture, une seule substance active de la famille des néonicotinoïdes (le thiaméthoxame) est autorisée pour lutter contre les cicadelles ".

Des milliers d'usages à comparer

La saisine de l'Agence par le ministre de l'Agriculture est beaucoup plus large puisqu'elle porte sur tous les usages autorisés en France des préparations phytopharmaceutiques à base de substances actives de la famille des néonicotinoïdes. Ces travaux doivent conduire à comparer plus de 3.500 usages de préparations phytopharmaceutiques et leurs alternatives non chimiques, avait précisé Roger Genet, directeur général de l'Anses en janvier dernier.

Dans un communiqué, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll réaffirme "la nécessité d'évaluer [aussi], pour chacune de ces solutions alternatives, leurs incidences économiques et pratiques pour les exploitations agricoles ainsi que les risques d'apparition de résistance parmi les organismes cibles".

Ségolène Royal approuve, de son côté, les conclusions de l'Anses, estimant qu'elles permettent de faire avancer les actions au niveau européen. A cet égard, la ministre de l'Environnement "prend note avec intérêt" du projet de la Commission européenne, présenté aux Etats membres ce 23 mars, d'élargir les restrictions d'usage des trois néonicotinoïdes décidées en mai 2013.

Réactions1 réaction à cet article

 

J'aime beaucoup la volonté de Mme Royal: "élargir les restrictions". C'est comme agrandir le rétrécissement.
Quelle vacuité!
Ce "combat" de notre égérie nationale est vraiment exemplaire... Ou comment utiliser l'environnement et la peur pour donner l'illusion de l'action.

Albatros | 23 mars 2017 à 14h24
 
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