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Actu-Environnement

“Je veux que la nécessaire transition énergétique soit l'occasion de relocaliser des emplois”

En amont du premier tour de l'élection présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la France précise pour Actu-environnement ses propositions en matière de mix énergétique, d'agriculture ou encore de santé environnementale.

Interview  |  Gouvernance  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
   
“Je veux que la nécessaire transition énergétique soit l'occasion de relocaliser des emplois”
Nicolas Dupont-Aignan
Candidat à la Présidentielle 2017 pour Debout la France
   

Actu-Environnement.com : Comment vous inscrivez-vous par rapport à la transition énergétique lancée par le précédent quinquennat ?

Nicolas Dupont-Aignan : Il va falloir sortir des bavardages et passer à l'action. Je propose que nous nous fixions pour objectif de lancer un grand plan d'isolation phonique et thermique. Ce plan disposera d'un milliard par an. Nous créerons un vrai livret d'épargne à dispositifs d'économies d'énergie sur le mode du plan épargne logement. Parallèlement, nous constituerons une vraie filière artisanale pour répondre à cet objectif d'isolation des logements sans qu'il y ait lieu de recourir à des travailleurs détachés.

Un autre point fondamental sera de remplacer les dix millions de véhicules les plus énergivores en dix ans par le biais d'un bonus pour l'acquisition de voitures peu consommatrices, comme les véhicules électriques. Je prévois pour cela également un milliard d'euros par an. Toutefois, il n'y aura pas de bonus automobile si le véhicule n'est pas produit majoritairement en France. Je veux que la nécessaire transition énergétique soit l'occasion de relocaliser des emplois.

Sur la question du mix énergétique, il faut développer le vrai renouvelable. Je n'ai pas d'idéologie sur la hauteur à atteindre. Cela dépendra de l'évolution des technologies notamment concernant la biomasse, le biogaz, la valorisation des déchets et les panneaux solaires de demain.

La part du nucléaire va rester importante car c'est grâce à cette technologie que nos émissions de CO2 par habitant restent à un niveau inférieur de 33% à celles des Etats-Unis et de 50% à celles de l'Allemagne. Mais il faudra aussi moderniser et sécuriser la filière mais donc investir également dans le développement de réacteurs au thorium. EDF redeviendra publique à 100% pour éviter la sous-traitance qui peut être préjudiciable.

Enfin, il faut arrêter de subventionner ce qui n'est pas produit en France, notamment les panneaux solaires. Il faut rebâtir une vraie industrie des panneaux solaires dans notre pays. Cela passera par de la recherche pour obtenir des panneaux solaires à haut rendement énergétique. En revanche, nous allons arrêter de détruire les paysages français avec l'éolien et dépenser de l'argent public pour rien.

AE : La santé est une préoccupation majeure des Français. Que prévoyez-vous en matière de santé environnementale ?

NDA : Nous pensons qu'il faut être beaucoup plus ferme notamment vis à vis de l'Union européenne et arrêter les lobbies qui ont considérablement favorisé les diffusions des produits chimiques. Nous devons contrôler de plus près les produits importés pour vérifier leur composition, je pense aux tissus, à l'ameublement, aux chaussures, etc. Nous souhaitons également mieux contrôler les antennes relais. Je suis aussi pour le maintien de l'interdiction des OGM et opposé au Tafta comme au Ceta - qui permet l'importation de viande bovine bourrée d'hormones et d'antibiotiques du Canada.

Il faut également protéger les lanceurs d'alerte. Pour cela, après leurs révélations, nous pourrions utiliser leurs compétences en les réemployant dans leur domaine antérieur pour aider l'Etat à rétablir une politique impartiale. Ils auraient un rôle dans les ministères … Les lanceurs d'alertes sont les professionnels les mieux placés pour aider l'Etat à défendre l'intérêt général.

AE : Comment envisagez-vous l'évolution du modèle agricole français ?

NDA : Nous imposons des normes très strictes à nos agriculteurs et nous importons des produits qui n'y sont pas soumis. Il faut mettre en place des barrières douanières et être plus exigeants sur les produits qui entrent sur notre sol. Je propose que nous interdisions l'importation de ceux qui ne respectent pas les normes françaises.

Ainsi, il est inacceptable que nous importions du "bio" non contrôlé. Le cadre de l'Union européenne n'est pas respecté. Allez voir en Sicile ou en Espagne comment sont contrôlés les produits soi-disant biologiques. Ces normes sont totalement hypocrites.

Pour permettre à la filière de se développer, il faudra également instaurer des prix garantis et relever le niveau de la rémunération.

Nous souhaitons enfin favoriser une agriculture économe en engrais et en eau, par exemple avec du goutte à goutte, etc. Mais pour cela, il faut arrêter la concurrence déloyale : si nous continuons à être en concurrence avec le Canada pour la viande bovine ou avec les fermes-usines de Pologne, d'Allemagne ou des Pays-Bas, la Ferme des Mille vaches deviendra le standard français.

AE : L'arrivée du phénomène de zone à défendre (ZAD) complique l'aménagement du territoire. Comment concilier développement économique local avec le respect des milieux ?

NDA : Il y a suffisamment de place en France pour concilier les deux avec suffisamment d'intelligence. Je souhaite que le ministère de l'Environnement ait un vrai rôle de contrôle sur certains aménagements, notamment concernant l'artificialisation des sols. Par exemple sur les projets de grandes surfaces, je veux abaisser le nombre de mètres carrés pour laquelle une autorisation est requise de 1.000 m2 à 300 m2.

AE : De quelle manière entendez-vous mettre en oeuvre une politique environnementale au sein de votre gouvernement ? Quel budget prévoyez-vous pour vos mesures et comment les financez-vous ?

NDA : Je souhaite mettre en place un ministre de l'Environnement d'un rang protocolaire élevé. Son budget serait le budget nécessaire et surtout il bénéficierait de la confiance et du soutien du Président. La question n'est pas d'avoir un ministère de l'Environnement mais d'obtenir des arbitrages favorables à la protection de l'environnement.

Je ne vois pas l'intérêt d'instaurer une fiscalité confiscatoire et je veux me placer sur un modèle incitatif. Quand je prévois un bonus automobile pour changer 10 millions de véhicules et des crédits à taux zéro pour faire l'isolation énergétique, j'aide les Français à réduire leurs émissions.

Le gouvernement créerait également des agences indépendantes et veillerait à supprimer les confits d'intérêts en évitant que des chercheurs aient une double rémunération.

Je souhaite enfin supprimer le Conseil économique social et environnemental (CESE) car il ne sert à rien. C'est sympathique de réunir des gens mais c'est un gâchis de les rémunérer pour des rapports et des missions qui n'aboutissent à rien. Il y a des parlementaires pour cela !

Réactions1 réaction à cet article

 

On chercherait vainement un tel programme écologique chez les autres candidats pour qui écologie se ramène à énergie à produire quels que soient les dommages infligés à la nature :paysages ou rivières .

sirius | 04 avril 2017 à 10h11
 
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