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Halte aux fuites d'air : les enjeux de la perméabilité pour les projets de construction et de rénovation

Nicolas Régnier, Président fondateur de Green Soluce, nous explique pourquoi il est indispensable de prendre en compte la problématique de la perméabilité à l'air dans les projets de construction et de rénovation.

Avis d'expert  |  Energie  |    |  Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°337 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°337
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Lors du lancement d'un projet de construction ou de rénovation, le maître d'ouvrage a un objectif principal : obtenir un bâtiment performant, qui réponde à ses attentes en termes de qualité de conception et de réalisation. Parmi les nombreux éléments à considérer afin d'atteindre cet objectif, la perméabilité à l'air est une variable clé. Elle doit être prise en compte aussi bien dans les projets de construction que dans les projets de rénovation.

Perméabilité à l'air, étanchéité à l'air, fuites d'air… : Kézako ?

La perméabilité à l'air d'un bâtiment peut être caractérisée par la quantité d'air qui traverse de manière non contrôlée les parois de celui-ci. Elle se quantifie par la valeur du débit de fuite traversant l'enveloppe du bâtiment sous un écart de pression donné. Lorsque nous parlons de perméabilité à l'air, il est en réalité question de traiter la problématique de la perméabilité à l'air en améliorant le plus possible l'enveloppe d'un bâtiment afin de la rendre étanche.

Garantir un bon niveau d'étanchéité à l'air pour un bâtiment, c'est donc être capable de maitriser les flux d'air qui transitent à travers les parois du bâtiment (via la ventilation), tout en limitant les flux incontrôlés, qui peuvent être source de pathologies, d'inconfort, et de gaspillage d'énergie. En effet, les infiltrations d'air parasites perturbent l'efficacité de la ventilation et entrainent ainsi une dégradation de la qualité de l'air intérieur et du confort de l'utilisateur. Elles engendrent par ailleurs des surconsommations, en particulier sur les dépenses en chauffage, allant de +15% à +25%.

Il existe quatre types d'actions permettant de limiter les sources d'infiltration d'air :

  1. Traiter les zones à risques sur la façade et les cloisons (traversée de réseaux électriques, multimédia, climatisation, chauffage)
  2. Traitement des trappes et gaines techniques (ascenseurs, colonnes, locaux techniques non chauffés…)
  3. Pose éventuelle de membranes étanches, dans les plafonds ou sur les murs
  4. Etre particulièrement vigilant lors de la pose des éléments de façade

Par ailleurs, l'idée reçue la plus répandue sur cette problématique selon laquelle une enveloppe trop étanche du bâti impliquerait un « effet thermos » et serait néfaste (apparition de moisissures, etc.) reste complètement erronée. Au contraire, une parfaite étanchéité de l'enveloppe permet d'utiliser le système de ventilation de manière optimale.

Un levier important sur la performance énergétique bien souvent oublié

Il est regrettable de constater assez fréquemment en phase finale de travaux que des constructions neuves ou des bâtiments nouvellement rénovés peuvent être considérés comme des « passoires thermiques » car la problématique de la perméabilité à l'air n'a pas été suffisamment prise en compte. Cette négligence de la perméabilité à l'air peut entraîner d'autres effets néfastes pour le maître d'ouvrage : retards sur le planning de travaux initial, livraison retardée de l'ouvrage et surcoûts engendrés.

L'obtention d'un label BBC par exemple peut également être compromise si ce poste n'est considéré qu'en fin de chantier, donnant ainsi lieu à des travaux et correctifs d'urgence !

Les origines du problème sont nombreuses et interviennent à tous les niveaux du projet aussi bien en phase de conception qu'en phase travaux. En effet, la sensibilisation de l'équipe de conception et de travaux aux problématiques d'interfaces et de perméabilité à l'air est un élément clé de la démarche. Cette problématique doit également être contractualisée avec les entreprises réalisant les travaux. Il est par ailleurs important de réaliser des contrôles réguliers en cours de chantier, afin de supprimer le risque de non validation de conformité en fin de chantier, en particulier pour l'obtention de labels.

Le manque de sensibilisation des maitres d'ouvrages et des professionnels du bâtiment sur le sujet est l'une des explications du traitement insuffisant de la perméabilité à l'air dans les projets.

L'autre explication pourrait être le « vide juridique » sur ce sujet ; autrement dit la prise en compte de l'impact de la perméabilité à l'air dans les calculs thermiques réglementaires.

Actuellement, sur un projet de rénovation, il suffit pour la maitrise d'œuvre (Bureau d'études thermique) d'utiliser une valeur de perméabilité à l'air dite « par défaut » dans son calcul thermique pour en occulter le problème et ne pas avoir à mettre en place d'action spécifique visant à rendre le bâtiment étanche à l'air. Autre exemple, pour un projet de rénovation qui vise le label BBC, une bonne étanchéité de l'enveloppe du bâtiment n'est pas exigée, seule la connaissance de son niveau est nécessaire, et cela reste optionnel !

La nécessité d'une stratégie cohérente et d'une démarche volontaire

Traiter la problématique de la perméabilité à l'air suppose donc qu'une démarche qualité rigoureuse soit mise en place afin de sécuriser la performance énergétique et la qualité du bâtiment. Une démarche volontaire et cohérente est ainsi nécessaire afin de prendre en compte cet élément clé du succès de tout projet de construction ou de rénovation. Cependant, cette approche est encore insuffisamment assimilée par les équipes de maîtrise d'œuvre. Ceci s'explique notamment par un cadre réglementaire qui ne pose pas d'exigences claires en la matière. Le levier d'action que représente l'étanchéité à l'air en termes de performance énergétique du bâti et des bénéfices engendrés par le maître d'ouvrage mériterait d'être reconsidéré à sa juste valeur.

Avis d'expert proposé par Nicolas Régnier, Président fondateur de Green Soluce

Réactions12 réactions à cet article

 

Sur les vrais labels de performance énergétique( passivhaus, minergie) se paramètre est pris en compte

lio | 14 avril 2014 à 12h57
 
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Pour lio, c'est vrai que les labels étrangers comme paussivhaus et minergie prennent en compte quelques points de cette problématique mais comme le dit l'article pour les labels et certifications françaises, il n'y a rien de très exigeant...

c'est un article intéressant qui amène à se poser des questions..

Babko | 14 avril 2014 à 18h16
 
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Article très bien construit (sans jeux de mots) pour tout ce qui touche la perméabilité des structures bâties, mais qu'en est il de la perméabilité (étanchéité) des gaines de ventilation ?

Ces deux paramètres sont totalement liés et ont le même objectif, à une enveloppe "étanche" on ne peut associé un réseau aéraulique dont l'étanchéité n'est ni maîtrisée ni connue.

L'un ne va pas sans l'autre, tous simplement.

Pierre | 15 avril 2014 à 07h33
 
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Bonjour,

J'ajouterai aussi une meilleure performance des matériaux d'isolation qui se trouvent dans une lame d'air stabilisé et ne sont plus traversés par de l'air froid.
La pose d'un frein vapeur hygrovariable et d'un isolant en laine de bois, par exemple, sur un mur perspirant permet de régler une partie des problèmes de concentration de vapeur d'eau.

Legrandnord | 15 avril 2014 à 08h01
 
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Arrêtons de critiquer systématiquement les règles et labels français.
La Rt2012 impose la prise en compte de l'étanchéité à l'air pour tous les logements neufs.
Les labels EFFINERGIE+ et BEPOS renforcent les exigences de perméabilité à l'air de l'enveloppe et y ajoutent des contraintes de perméabilité des réseaux (et demande accessoirement une réflexion en cycle de vie et en potentiel d'écomobilité)

Christophe | 15 avril 2014 à 09h43
 
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Peut-être, mais comment je fais avec mes chatières ? Mon compagnon félin a besoin d'aller et venir !

hlnlink | 15 avril 2014 à 10h26
 
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Pour le neuf certains labels intègrent la perméabilité à l'air mais je me suis penché sur le problème pour la rénovation et le tertiaire (car propriétaire d'un petit immeuble de bureaux) et ce paramètre est réellement très peu présent... dans mon cas précis, régler le problème avec des salariés qui travaillent sur place est également loin d'être évident

Yves | 15 avril 2014 à 11h38
 
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Le ministère de la santé indique et rappelle régulièrement qu'il faut aérer et ne pas vivre dans ses miasmes
donc s'il y a des fuites d'air cela ne peut nuire à la santé
UNE ETUDE en vase clôt avec une famille pendant 1 an a t'elle été réalisé pour voir si les gens peuvent rester confiner sans maladie et allergie
Ha ha
Enfin pendant qu'ils causent ils n'abordent pas les vrais problèmes de santé publique

électeur | 15 avril 2014 à 14h39
 
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@électeur

Vous confondez deux choses : les infiltrations d'air et le renouvellement d'air.

Les infiltrations d'air doivent être minimisées tandis que le renouvellement d'air est apporté par le dispositif de ventilation, qu'il soit naturel ou mécanique (conseillé car meilleure maîtrise des débits, d'où une meilleure qualité d'air). En aucun cas, les infiltrations d'air n'ont pour fonction d'améliorer la qualité d'air, au contraire, c'est parfois ce qui peut nuire au bon fonctionnement de la ventilation.

Laurent A | 15 avril 2014 à 17h26
 
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@électeur

Vous confondez deux choses : les infiltrations d'air et le renouvellement d'air.

Les infiltrations d'air doivent être minimisées tandis que le renouvellement d'air est apporté par le dispositif de ventilation, qu'il soit naturel ou mécanique (conseillé car meilleure maîtrise des débits, d'où une meilleure qualité d'air). En aucun cas, les infiltrations d'air n'ont pour fonction d'améliorer la qualité d'air, au contraire, c'est parfois ce qui peut nuire au bon fonctionnement de la ventilation.

Laurent A | 15 avril 2014 à 18h00
 
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Cette recherche de l'étanchéité totale des bâtiments me semble complètement aberrante. Qui plus est avec quels types de matériaux est réalisé cet étanchéification? quand on sait que l’utilisation de matériaux qui « respirent » (matériaux naturels et sains type chaux, laine de bois, terre cuite, paille, plâtre) permet de réguler l’humidité ambiante et la réalisation d’échange gazeux. Isoler est important, mais laisser circuler l'air est essentiel. L'implantation de paroi respirante répond à un souci économique et de qualité de vie. Étanchéifier les maisons avec des matériaux toxiques pour mieux s'intoxiquer avec l'air ambiant intérieur déjà bien saturé en COV et autres substances.

Eva | 16 avril 2014 à 09h28
 
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@ Eva
L'étanchéité à l'air est à réaliser avec un frein vapeur qui permet l'évacuation de la vapeur d'eau et est uniquement compatible avec des matériaux naturels. La membrane est classée A+.
Rien n'empêche de recouvrir l'isolant de plâtre recouvert de chaux ou de Fermacell ou toute autre combinaison. L'important est que l'ensemble de la paroi reste perspirant.
Du coup, la ventilation joue son rôle à 100% en "organisant" son circuit de flux et donc la bonne évacuation des COV et autres substances.

Legrandnord | 16 avril 2014 à 11h37
 
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