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Actu-Environnement

Nitrates : une pollution disparate des nappes d'eau souterraine

Si la teneur en nitrate dans les eaux souterraines s'est globalement stabilisée depuis 2004, au niveau régional de grandes disparités persistent. Le SOeS a dégagé cinq types d'évolution des nappes.

Eau  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com

Plus du double de la concentration naturelle : en 2011, la teneur en nitrate dans les nappes d'eau souterraine françaises s'élevait en moyenne à 23 mg/l, selon le service de l'observation et des statistiques (SOeS) du ministère en charge de l'écologie.

Cette pollution pèse aujourd'hui sur la facture d'eau potable. Le surcoût lié à la pollution des pesticides et nitrates représente un montant 640 à 1.140 millions d'euros par an pour tous les usagers du service d'eau et d'assainissement, selon le Conseil économique, social et environnemental (Cese). En France, 41 % des captages d'eau potable sont abandonnés en raison de leur qualité. Et les nitrates sont les premiers responsables devant la bactériologie et les pesticides.

A partir des données de surveillance de la qualité des nappes métropolitaines de 1996 à 2011, le SoeS a estimé l'évolution de cette pollution. Des tendances n'ont pu être dégagées que pour 86% des nappes. L'insuffisance des mesures n'a en effet pas permis de calculer la situation de l'ensemble des nappes. D'un point de vue global, de 1996 à 2004, le pourcentage des nappes qui présentent un niveau de concentration naturel (10mg/l) a chuté de 62% à 50%.

Le pourcentage des points dont la teneur en nitrate est supérieur à 40mg/l a lui grimpé de 7 à 10%. Cette progression n'est pas anodine. La concentration maximale admissible pour l'eau potable a été fixée à 50mg/l. C'est également le seuil à ne pas dépasser pour un bon état des eaux souterraines. "La situation se stabilise à partir de 2004", modère le SOeS dans son analyse.

En 2011, 58% des nappes présentent des concentrations inférieures à 25mg/l et 11% plus de 40mg/l. 27% affichent des niveaux entre 25 et 40mg/l.

5 profils d'évolutions des nappes

De ces observations, le SOeS a identifié cinq types de tendance d'évolution des nappes. Tout d'abord, les eaux dont la situation est très défavorable : leurs teneurs en nitrates sont supérieures à 50mg/l et continuent de progresser d'environ 0,25mg/l/an. C'est le cas d'une nappe du Nord-Pas-de-Calais, de la nappe de la Beauce (Centre) et des nappes qui bordent le sud du massif armoricain. Elles représentent 4% des eaux souterraines. Dans une moindre mesure, des nappes du Calvados et dans le Sancerrois ont le même rythme d'augmentation alors que leurs concentrations est déjà supérieure à 40mg/l.

8% des nappes (au Nord de la Bretagne et dans le Bassin parisien, et dans le Bassin Artois Picardie, en région Centre et en Poitou-Charentes) auraient une situation préoccupante, selon le SOeS. Leurs concentrations s'avèrent élevées, mais restent stables.

Une petite proportion des nappes (2%) connaît une amélioration. Toutefois si les teneurs en nitrates régressent de 0,25 à 0,5mg/l/an, elles demeurent importantes. Ainsi les nappes du nord du Finistère affichent des concentrations supérieures à 50mg/l ou supérieures à 40mg/l dans le Poitou.

Pour de nombreuses nappes de la moitié nord, dans le sud-ouest et de quelques aquifères en Rhône-Alpes, l'évolution reste incertaine. Elles représentent 21% des nappes totales.

Enfin, pour 51% des nappes (Alpes, Pyrénées, Massif central), la situation s'avère favorable : des teneurs faibles ou moyennes qui s'améliorent.

Un surplus azoté de 5 à 145kg/ha de surface agricole utile

Les principaux responsables de cette pollution ? Les apports d'azote d'origine agricole (épandages d'engrais azotés ou des déjections d'élevages). Les surplus azotés s'élevaient de 5 à 145 kg/ha de surface agricole utile en 2010.

L'industrie, les transports, les rejets domestiques et urbains et l'amendement des jardins participent également à cette contamination.

Ces activités peuvent également rejeter des oxydes d'azote et de l'ammoniac dans l'air. Infiltrés ces dépôts atmosphériques se transforment en partie en nitrates. Les surplus azotés issus de retombées sèches et humides représentaient 10% des engrais de synthèse épandus en 2010 (581.000 tonnes).

Les nitrates en excès sur les sols sont principalement entraînés en profondeur par les pluies hivernales. En fonction de la nature du sous-sol, il met en moyenne 10 à 20 ans pour atteindre une nappe à 20 m de profondeur. "Dans les formations géologiques fortement fissurées, les pluies atteignent la nappe en quelques heures à quelques mois, alors que dans les formations moins perméables, il leur faudra plusieurs dizaines voire centaines d'années", précise le SoeS.

Réactions8 réactions à cet article

 

TANT QU ON AURA PAS IMPOSÉ DES PLANS PREVISIONNELS DE FERTILISATION SUR L ENSEMBLE DU TERRITOIR ET QUE LES CONTROLES RESTERONT INSSUFISANTS OU INEXISTANTS, LA FERTILISATION AZOTEE RESTERA L AFFAIRE DES VENDEURS D AZOTE.... POURTANT LES AGRICULTEURS AURAIENT BESOIN DE FAIRE DES ECONOMIES... LES PPF ONT PLUS DE 10 ANS, ON CONNAIT LES BESOINS AZOTÉS DES PLANTES ET LA FOURNITURE DES SOLS SELON LES CRITERES DE TEXTURE..pH..CaO et Mat Organique QUI INFLUENT LA MINERALISATION.... L OBJECTIVITÉ ET LE BON SENS N EST PAS FRANCO-FRANÇAIS... BIEN L AGRICULTURE N EST PAS UNE SCIENCE EXACTE PARCE QUE LES PARAMETRES SONT VARIABLES DANS L ESPACE LE TEMPS ET TRES ALÉATOIRES. ON NE FABRIQUE PAS DES KILOS DE BLÉ OU DE VIANDE COMME DES AILES OU MOTEUR D AVIONS... NOS PPF CETTE ANNÉE SERONT TOTALEMNT REMIS EN CAUSE A LA BAISSE POUR LES BESOINS DES PLANTES ET A LA HAUSSE EN EROSION... LES CULTURES D AUTOMNE DANS LE SUD OUEST ONT REÇU PLUS DE 1000 mm DE PLUVIO.... RIEN N EST EVIDENT MAIS RIEN NE DOIT ÊTRE NÉGLIGÉ... IL FAUT UN ECOFERTI COMME UN ECOPHYTO; NOS PAYSANS DOIVENT ÊTRE DAVANTAGE ACCOMPAGNÉS ET NON SYSTEMATIQUEMENT SANCTIONNÉS. LES CONTROLES DOIVENT ETRE DES LIEUX D ECLAIRAGE ET D ECHANGE PAR DES AGENTS COMPETENTS ET NON DES VACATAIRES DE PASSAGE... PAS BESOIN QUE LES SENATEURS SE CASSENT LA TÊTE A EMETTRE DES LOIS POUR COINCER DES PRODUCTEURS QUI NE GAGNENT PLUS LEUR VIE AUX RISQUES, AU TRAVAIL ( + de 3000 heures/an pour un eleveur) ET CAPITAUX IMMOBILISÉS... C EST LA FIN DES PAYSANS.

BERTRAND | 22 mai 2013 à 10h04
 
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Bertrand a raison. On peut totalement éradiquer un groupe social sans violence apparente -pas besoin de rafler les gens- uniquement par la réglementation, les normes, la loi, l'endettement, la manipulation des prix du marché (à la baisse, toujours) sous couvert de l'intérêt des consommateurs. Comment demander, dans ce contexte, aux paysans d'avoir un comportement "citoyen" alors qu'ils sont, en tous domaines sur la défensive, voire en état de survie. Je ne parle pas ici des céréaliers, pollueurs prospères et cyniques qui, eux, finiront par mériter la corde.

Chlamic | 23 mai 2013 à 09h31
 
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Pas d'accord avec ces réactions.

Ce ne sont pas les agriculteurs les plus fautifs à pénaliser. Plus on les culpabilisera, plus ils seront vexés et moins cela évoluera positivement.

IL y a vraisemblablement trop de surfaces classées vulnérables, car au vu des excedents const&tés , la situation des nappes en grande culture devrait être encore bien plus dégradée sur le parmètre NO3-.

En élevage du type breton, il me semble que le cout du traitement des eaux usées devrait lui aussi être intégré dans la filière et qu'il parfaitement immoral et amoral pour ces groupes très souvent coopératifs d'avoir laissé sur l'éléveur de base non seulement la charge financière, mais surtout de l'avoir laissé tout seul face à une responsabilité qui le dépasse.

la question est donc plus poltiique qu'économique et les pouvoirs publics seraient mieux avisés de faire pression sur SOCOPA et les autres pour sauver leur filière à la fois de l'impasse économique et de l'infâmie écologqiue.

audaces | 23 mai 2013 à 10h08
 
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Je suis assez d'accord avec Bertrand sur ce point : pour régler ce problème à l'échelle de la France, il ne faut pas s'appuyer sur le Bio ou autre labels et technique trop minoritaire en terme de surface. Il faut effectivement travailler sur les plans prévisionnels de ferti pour que tous les agriculteurs sachent exactement quelle dose mettre, à l'U près, pour éviter ce surplus de "5 à 145 kg/ha". C'est une question d'environnement, mais aussi d'économie pour le monde agricole (qui en a besoin).

Les prix actuels des céréales n'aident pas, mais la solution serait également que les agriculteurs raisonnent à la marge plutôt qu'au rendement. Je suis à chaque fois consterner de voir, sur le Plateau de Langres (un des château d'eau de la France en plus), certains agriculteurs mettre la même dose d'azote que leurs collègues de la plaine alors que leur champ ne peuvent pas faire un blé supérieur à 70qtx/ha au mieux ! Ils savent très bien que le rendement ne va pas répondre de la même manière à l'engrais et qu'à partir d'une certaine dose ils perdent de l'argent, mais ils le font quand même... Pourquoi ?

Chez moi, le rendement moyen en blé est entre 50 et 60qtx/ha (terre pauvre) mais je peux vous dire que notre revenu à l'ha est très correct. C'est sur, ce n'est pas nous qui faisons la fortune des vendeurs d'azote !

jujuniep | 23 mai 2013 à 10h15
 
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Il n'y a encore eu personne pour dire que c'est du grand n'importe quoi car les nitrates ne sont pas dangereux.
Curieux...

Romario | 23 mai 2013 à 14h25
 
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Romario, c'est parce qu'ils préfèrent se concentrer sur les pesticides et les OGM qui sont bien évidemment inoffensifs. On ne peut pas prétendre à l’innocuité des pesticides, des ogm ET des nitrates en même temps, ça ne fait pas crédible...

Audaces, effectivement, il ne faut pas accuser de manière primaire les agriculteurs (je ne crois pas que les messages allaient dans ce sens, sachant aussi que certains céréaliers abusent réellement...). Mais déclassifier des surfaces vulnérables ne réglera pas le problème que certains agriculteurs mettent trop d'azote sans (forcément) le savoir (qui aujourd'hui fait annuellement des analyses pour connaître ses reliquats azotés qui pourraient faire économiser plusieurs kg/ha dans la plupart des cas ?).

Pour votre remarque sur l'élevage de porc en Bretagne, entièrement d'accord. On peut étendre cela à toute l'agriculture : que devient la rentabilité de l'agriculture intensive si les coûts supportés par la société dus aux pollutions induites le sont par la filière agricole ? Au passage, les français payeraient le coût réel des denrées agricoles et le bio ne paraîtrait plus si cher que ça...

jujuniep | 23 mai 2013 à 19h40
 
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Certaines sources d'eau minérale sont situées en pleine zone de viticulture, et affichent sur les bouteilles 0 nitrates? Comment est-ce possible, alors que les nitrates, comme tous les polluants, migrent lentement, mais sûrement vers la source, activée par les grandes périodes de pluie?

arthur | 07 juillet 2013 à 10h40
 
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Il est vrai que sans apports de phosphates, les nitrates ne sont pas dangereux... pour l'homme. Il serait temps d'arrêter de ne penser qu'à sa pomme! Il n'y a pas que nous qui vivons de l'eau!

Flo | 04 septembre 2013 à 12h04
 
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