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EPR de Flamanville : trois nouvelles soudures posent problème

Trois nouvelles soudures ne respectent pas l'intégralité des exigences qui permettent de réduire sensiblement le risque de rupture. Or, si elles rompaient, la brèche serait plus importante qu'envisagé dans les études de sûreté.

Risques  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
EPR de Flamanville : trois nouvelles soudures posent problème

Mardi 16 mars, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé la découverte d'un nouvel écart affectant le circuit primaire principal de l'EPR de Flamanville (Manche). Cette fois-ci, il s'agit d'un écart de conception concernant trois piquages du circuit primaire du réacteur en construction, c'est-à-dire des raccordements entre ce circuit et d'autres tuyauteries ou récipients. L'écart consiste à la non-prise en compte d'une brèche plus importante qu'initialement envisagé en cas de rupture de la soudure de ces piquages. Or, l'ensemble des exigences censées assurer le caractère hautement improbable de cette rupture n'ont pas été respectées lors de la réalisation des soudures.

Pour l'instant, l'Autorité attend qu'EDF lui indique sa stratégie de traitement de cet écart avant de prendre position. Jusqu'à maintenant, l'ASN a considéré que la « solution de référence » pour traiter de tels écarts sur des soudures du circuit primaire de l'EPR était la réparation avant la mise en service du réacteur.

Par ailleurs, « l'ASN a également demandé à EDF d'identifier les causes profondes de cet écart et les raisons de sa détection tardive ». En effet, les défauts sur les trois soudures aujourd'hui en cause n'ont été signalés à l'ASN que fin 2020 (voire en 2021, selon EDF), alors que les problèmes affectant de nombreuses soudures sont connus depuis 2017. L'Autorité attend aussi d'EDF qu'elle « [mette] en œuvre les actions correctives qui devront notamment permettre de s'assurer de l'absence d'autres écarts sur le circuit primaire principal ».

Modification des piquages

   
Piquages "set in" © ASN
 
   
Concrètement, les trois piquages défectueux « raccordent des tuyauteries de petits diamètres (environ 100 mm) aux tuyauteries primaires principales, de diamètre plus important (environ 780 mm) », détaille l'ASN. Ces piquages « sont raccordés à la tuyauterie du circuit primaire principal par l'intermédiaire d'un raccord soudé à la tuyauterie principale dit "set-in" ».

« En 2006, afin de faciliter le contrôle de la soudure du "set-in" à la tuyauterie principale, EDF et Framatome ont fait évoluer la conception de ces trois piquages en élargissant le diamètre de cette soudure », explique l'ASN. Problème : «°Ils n'ont alors pas identifié que la taille de la brèche à prendre en compte en cas de rupture de cette soudure devenait alors supérieure à celle considérée dans les études de sûreté ».

Le problème, identifié par EDF en 2013, après fabrication des piquages, a été traité en appliquant la démarche d'exclusion de rupture, c'est-à-dire en renforçant les exigences de réalisation des soudures. L'objectif est « d'assurer un caractère hautement improbable de la rupture des équipements, et ainsi de ne pas avoir à étudier l'ensemble des conséquences d'une rupture dans la démonstration de sûreté de l'installation ».

Toutes les exigences n'ont pas été respectées

Après la découverte en 2017 de défauts de fabrication sur des soudures du circuit primaire classées en exclusion de rupture, l'ASN a demandé à EDF de passer en revue toutes les soudures en exclusion de rupture. « Dans ce cadre, l'instruction menée par l'ASN des derniers éléments de réponse apportés par EDF sur ces piquages fin 2020, a mis en évidence que les soudures de ces trois piquages ne respectaient pas l'ensemble des exigences de la démarche d'exclusion de rupture », explique l'ASN.

Début mars, EDF a évoqué différemment le problème. Pour l'entreprise, ce sont « des contrôles réalisés en janvier 2021 [qui] ont démontré une application incomplète du référentiel d'étude pour l'implantation de ces trois piquages ». Ces contrôles ont été réalisés « dans le cadre de la sécurisation des dernières phases d'avancement du projet », explique EDF qui n'évoque pas l'examen de conformité des tuyauteries primaires imposé par l'ASN.

Pour l'instant, « les équipes d'ingénierie d'EDF et de Framatome ont lancé une instruction de nature documentaire qui vise à regarder les propriétés des piquages et leur adéquation avec le référentiel d'étude pour proposer des actions correctives ».

Réactions3 réactions à cet article

 

"application incomplète du référentiel d'étude" : qu'en termes technocratiques ces choses là sont dites, alors que le mot "défaut" suffirait amplement !
Un nouvel évènement montrant sans ambiguïté qu'EDF n'a pas les compétences requises pour assumer la complexité et la dangerosité de cette usine à gaz (radioactifs, tout de même...) qu'est un EPR.

Pégase | 18 mars 2021 à 10h00
 
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En clair, on change les règles du jeu en cours de partie : à ce petit jeu, il est évident qu'on trouvera toujours des failles. On peut difficilement là mettre en cause la réalisation initiale. Maintenant, les règles sont ce qu'elles sont, si le risque est avéré (et un vrai risque de sécurité, pas de sûreté, d'ordre purement administratif), il faut remédier au défaut. Juste espérer qu'un principe de réalisme finira par prévaloir : l'objectif de l'EPR n'est pas d'engraisser l'ASN. A quand la prise en compte de la chute de l'ISS ?

dmg | 21 mars 2021 à 09h59
 
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J'apprécie particulièrement le " caractère hautement improbable de la rupture des équipements pour ne pas avoir à étudier l'ensemble des conséquences d'une rupture dans la démonstration de sûreté de l'installation ». Cela me, rappelle feu (pardon, "gloup !") le Titanic. Réputé insubmersible, le paquebot l'était… jusqu'à la preuve flagrante du contraire. En d'autres termes, s'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème (pcc les Shadocks).

Tonton Albert | 25 mars 2021 à 09h38
 
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