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Actu-Environnement

''L'objectif est de proposer aux acteurs de la construction des normes permettant de répondre aux exigences du développement durable !''

David Amadon, responsable développement Construction à l'Unité Afnor Normalisation, commente pour Actu-environnement.com, le vaste chantier de réexamen des normes du secteur de la Construction au regard des principes de développement durable.

Interview  |  Gouvernance  |    |  Françoise Ascher  |  Actu-Environnement.com
   
''L'objectif est de proposer aux acteurs de la construction des normes permettant de répondre aux exigences du développement durable !''

   
AE : Le COS Construction* doit réexaminer l'ensemble des normes Afnor sous l'angle du développement durable. Quel contexte prévaut à cette décision ?
David Amadon :
Le contexte, c'est clairement le Grenelle de l'environnement, et plus particulièrement les différents programmes qui en sont issus et qui vont forcément impacter la normalisation. Sur la proposition de François Pellegrin, président du COS Construction, nous avons donc organisé le 22 novembre dernier une réunion dédiée à ces travaux, afin d'en extraire tout ce qui pouvait concerner le bâtiment. D'où la décision de passer au crible l'ensemble des normes du secteur, estimé à plus de 5000 documents. La démarche va consister, à travers une méthodologie de lecture qui reste à définir, à identifier les normes qui ''prédisposent'' ou ''indisposent'' l'application des principes de développement durable. Il ne s'agit pas de coller une étiquette environnementale et les options pourront aller jusqu'à l'abrogation de certaines normes. Toutefois, une norme ne peut résoudre tous les problèmes. Les acteurs doivent aussi améliorer leurs produits et systèmes, afin de mieux répondre à ce concept. Et c'est au marché de réguler en coût global, la durée de vie des ouvrages, les temps de retour, le prix des matières premières, etc.

AE : Quel est l'état des lieux dans ce domaine ?
DA :
En particulier en matière de normalisation, il s'avère important de préciser que le secteur de la construction n'a pas attendu le Grenelle pour démarrer des réflexions sur les aspects du développement durable. En fait, les travaux ont démarré en 1999, avec l'élaboration de normes spécifiques sur les déclarations environnementales des produits de construction - partie intégrante de l'action 15 du Plan national Santé Environnement (PNSE). Ces travaux ont trouvé un écho renforcé au sein de l'ISO, lorsqu'en 2002, la France a pris le leadership de l'Organisme international de normalisation. D'autres travaux ont également démarré en 2005 au niveau du CEN (Comité européen de normalisation) avec là aussi un leadership partagé avec les Français, dans le cadre d'un mandat de la Commission européenne sur la performance environnementale intégrée des bâtiments. Enfin, d'autres comités internationaux sur l'accessibilité dans l'environnement bâti, la prévision de la durée d'usage des bâtiments, la conception de l'environnement intérieur des bâtiments, etc, sont venus compléter ce panorama.

AE : Quels sont les principes de développement durable appliqués au secteur de la construction ?
DA :
Bon nombre d'acteurs s'interrogent en effet, sur la façon d'appréhender les trois piliers environnemental, sociétal et économique du développement durable. C'est pourquoi l'un des premiers travaux de l'ISO a été d'accorder tous les acteurs internationaux sur un même langage et surtout, de décliner des principes opérationnels à partir de cette vision tridimensionnelle. Un autre projet de norme ISO doit paraître prochainement sur une méthodologie pour l'établissement d'indicateurs de développement durable considérés comme importants pour le secteur de la construction. D'ores et déjà, on peut citer l'amélioration continue, l'équité, une approche sociétale impliquant toutes les parties intéressées, le fait de penser global et d'agir local avec une préoccupation sur le long terme, le principe de précaution et de risque, le principe de responsabilité, etc. Bien sûr, la norme va développer la manière d'utiliser ces différents principes. L'objectif consiste à mettre à la disposition des acteurs de la construction, des documents très opérationnels permettant à terme, de répondre aux exigences liées au développement durable.

AE : Vous parliez de méthodologie. Comment allez-vous procéder ?
DA :
La volonté du Comité stratégique de la construction implique d'étudier le panorama de la normalisation d'une manière à la fois globale et détaillée. Donc, tout réside dans l'élaboration d'une méthodologie de lecture. Ce travail qui doit débuter début janvier 2008, devrait être validé à la fin du premier trimestre ! Bien sûr, les normes existantes intégrant déjà un fort pouvoir environnemental - donc un peu dédiées au développement durable - vont entrer en ligne de compte en chapeau et de manière transversale dans la démarche ! Je pense à celles relatives à l'accessibilité ou au confort, par exemple. L'autre étape, c'est évidemment le recensement de tous les documents à réexaminer et la mise en place d'un tableau de bord des priorités. Il me semble qu'il sera nécessaire de classer ces normes dans différentes catégories, produits, conception, services. Dans ce package de 5.000 normes, s'intègrent logiquement les règles de l'art - soit 80 NF-DTU de mise en œuvre (qui reste l'apanage de chaque Etat membre) - dont la réécriture pour tenir compte des exigences normatives européennes au niveau des produits, s'avère déjà très avancée. Quant à la définition d'une échéance globale, beaucoup de facteurs entrent en ligne compte, comme la disponibilité des compétences techniques pour relire et classer ces normes.

AE : Au-delà de ces préoccupations, qu'attendez-vous de cette démarche ?
DA :
On ne peut pas dire que la France soit reconnue comme un acteur majeur de l'environnement. Et si le secteur de la construction n'a pas tout à fait attendu le Grenelle, il semble que ses programmes constituent une bonne opportunité pour accélérer très fort le mouvement. En outre, le chantier de la relecture des normes peut être multiple et donner lieu à d'autres aspects qui répondent aux besoins des acteurs. Ainsi, il semble plus pertinent aujourd'hui, de partir des problèmes rencontrés au quotidien par les artisans dans leurs activités pour voir comment ces derniers peuvent utiliser les exigences de la norme et obtenir le marquage CE ! L'intérêt de ce chantier est également de porter la position française au niveau international, en particulier sur les déclarations environnementales des produits de construction et sur un contexte globalement plus orienté démarche HQE. En ce sens, la présidence française de l'Union européenne représente un cadre important pour harmoniser une démarche déjà notable !



* Le Comité d'orientation stratégique de la construction a pour vocation d'initier les thèmes nouveaux et de veiller à la pertinence des normes produits en adéquation avec le marché et les besoins exprimés par les utilisateurs. L'ensemble des ministères et administrations, des professionnels de la construction et des industriels y est représenté.

Réactions1 réaction à cet article

 
Une piste à travailler

Une idée pour aller dans le sens du développement durable est de retirer tout un tas de normes qui vont à l'encontre des effets recherchés. Les documents d'urbanismes comme les DTU en sont criblés.
Cette piste est à travailler sérieusement et peut-être avant tout.
Aussi, le niveau de saturation, donc du possible, en terme de normes et autres règles est depuis très longtemps atteind, donc, retirons les règles désuettes avant d'en ajouter.

lipo70 | 14 décembre 2007 à 17h34
 
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