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-30% de GES en 2020 : un gros effort pour l'Europe et en particulier la France selon le CAS

Selon le Centre d'analyse stratégique, réduire de 30% les émissions de GES à l'horizon 2020 impliquerait une mobilisation forte des ménages français et nécessitera l'internalisation des coûts du carbone dans l'ensemble de la société.

Gouvernance  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
   
-30% de GES en 2020 : un gros effort pour l'Europe et en particulier la France selon le CAS
   
Alors que la commission européenne doit présenter à la fin du mois sa stratégie pour passer à un objectif de 30% de réduction des gaz à effet de serre en 2020, le Centre d'Analyse Stratégique (CAS) prévient que ce nouvel objectif demandera de gros efforts notamment de la part de la France. Dans sa dernière note de veille publiée le 20 mai, le CAS explique que le pays dispose désormais de beaucoup moins de marges de manoeuvre pour réduire ses émissions liées à la production d'électricité du fait de son parc nucléaire et hydroélectrique. ''Sa situation démographique est en outre particulière au sein de l'Europe'', ajoute le CAS. ''Si les tendances récentes se poursuivent, sa population pourrait augmenter de 8,6 % d'ici à 2030 par rapport à 2010, alors que, dans le même temps, la population de l'UE-27 n'augmenterait que de 5 %'', peut-on lire dans le rapport.

Pour le centre d'analyse, il est donc évident que les efforts devront se concentrer principalement sur les secteurs d'émissions diffuses à savoir les transports (-30%) et l'habitat (-50%). Alors que pour d'autres pays comme les Etats-Unis, l'enjeu consiste principalement à améliorer l'intensité carbone du secteur électrique. ''D'une certaine manière, la France a une longueur d'avance et doit la conserver. Il est cependant beaucoup plus facile de mobiliser quelques centaines d'acteurs industriels dans le secteur de l'électricité que des millions de particuliers dans le secteur de l'habitat existant'', prévient le CAS. ''Dès lors, une décision de réduire de 30 % les émissions de l'Union européenne ne devrait être prise qu'au regard de la comparabilité des efforts envisagés par les différents pays développés, en particulier par les Etats-Unis'', estime le centre d'analyse.

Extension du marché carbone à tous les combustibles fossiles

En Europe et surtout en France, ce nouvel objectif risque donc de peser principalement sur les ménages. Le recours au marché du carbone qui concerne surtout les industriels ne sera pas suffisant pour inciter aux économies. Pour le CAS, si l'Europe s'engage vers un objectif de réduction de 30%, l'internalisation du coût carbone s'avère par conséquent indispensable. Cette internalisation peut prendre différentes formes : taxes, marchés de permis, normes et réglementations, péages, certificats verts, bonus-malus, subventions… Le centre d'analyse stratégique plaide pour sa part pour l'élargissement du marché d'échange de quotas carbone (marché ETS) à l'ensemble des combustibles fossiles vendus en Europe en imposant aux importateurs et aux producteurs européens d'acquérir un nombre de quotas correspondant à leur contenu en CO2. Selon le CAS, ce dispositif aurait plusieurs avantages et pourrait notamment être décidé par l'Union européenne à la majorité qualifiée. La mise en place d'une taxe carbone européenne au contraire nécessiterait une adoption à l'unanimité comme tout ce qui concerne la fiscalité en Europe.

Les options de l'Europe seront présentées fin mai

La Commission européenne doit présenter en détail son plan d'action en la matière le 26 mai prochain aux Etats-membres et au Parlement européen. Elle reste convaincue que l'objectif est abordable d'autant plus que la crise économique rend plus accessible l'objectif actuel de -20% d'ici 2020. Selon un scénario du CAS, le niveau des émissions totales de CO2 serait réduit d'environ 7 % en 2020 par rapport à l'évolution tendancielle ''sans crise'' sur laquelle se sont basés les calculs de l'objectif de 20%. Les Etats membres restent quant à eux très divisés sur le sujet comme l'a montré la réunion informelle des ministres de l'Environnement de Séville en janvier : la Commissaire européenne à l'action pour le climat, ainsi que certains pays, envisagent un chiffre de 30 % grâce notamment à l'achat de quotas dans d'autres pays et à la prise en compte des actions liées à l'utilisation des terres et à la lutte contre la déforestation. Cette question sera à l'ordre du jour du Conseil européen de juin.

En attendant les industriels s'inquiètent. L'Association européenne de la sidérurgie s'est ainsi déclarée totalement opposée à toute augmentation unilatérale de l'objectif européen. La Confindustria, le Medef italien, a quant à lui envoyé une lettre au président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, soulignant que les objectifs du paquet énergie climat, adopté en 2008, sont déjà largement contraignants pour l'industrie italienne. La Confindustria estime par conséquent que le nouvel objectif ne pourrait être envisagé que si les autres pays industrialisés assument des objectifs équivalents que les pays émergents acceptent des mesures de réduction concrètes.

Réactions4 réactions à cet article

 
Vous signez ?

Bruxelles propose une baisse unilatérale de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en 2020 ! Vous signez ? Oui, Non ?
Depuis l'automne dernier et le bide de Copenhague - bide incontestable si résultats mis en perspective avec les campagnes de superlatif Zorro "nous allons sauver la planète" qui l'avaient précédé -, l'on n'entend plus beaucoup parler du combat contre le réchauffement climatique et de ses hérauts ! Les drames de l'Euro et les déconfitures du pouvoir en place en France l'obligeant à un véritable tête à queue écolo pour sauver les meubles sont passés par là. L'hiver et le printemps pourris où l'on n'a jamais autant grelotté aussi, et les cendres de l'économie islandaise qui se déversent sur toute l'Europe, présageant de sombres filtres solaires également. Sans revenir méchamment sur les turpitudes de certains membres du GIEC, qui ont apporté du grain à moudre aux climato-sceptiques ! Bref, je fais partie de ceux qui n'étaient pas mécontents de respirer un peu depuis 6 mois, soulagé de cette mise en veilleuse du climat apocalyptique littéralement étouffant en 2009, même si ça a été pour passer à d'autres apocalypses, … mais bon, au-moins c'est pas toujours les mêmes …

Et puis, le quotidien Le Monde nous présente dans son édition datée 21 mai une communication que la Commission doit rendre publique dans quelques jours, avec des conclusions très surprenantes …

OrangeOrange | 21 mai 2010 à 22h34
 
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Des slogans...

Tant que les politiques -et les médias- simplifieront tout, que les citoyens seront paresseux intellectuellement, alors on restera sur des propositions politiques schématiques et donc inappropriées.

-30% pour tout le monde, c'est tellement simple à dire. D'ailleurs, le slogan c'est 20/20/20 qui confond un % d'EnR, un % d'économies, et une date (2020).

Au lieu de quoi, on pourrait fixer un objectif -équitable, ou égalitaire- de3tCO2eq/européen, par exemple.

Forcément, ce n'est plus un pourcentage, c'est plus compliqué, et il faut convaincre chacun de faire un effort différentié.

Christian | 22 mai 2010 à 11h14
 
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Re:Des slogans...

20/20/20 ne mets pas une date: c'est -20% d'émissions de gaz à effet de serre, -20% de consommation énergétique et +20% d'énergie d'origine renouvelable. Le 20/20/20 est à échéance 2020 ce qui tombe bien pour le retenir c'est vrai.

Gilles | 27 mai 2010 à 08h22
 
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Bravo

En accord total avec le CAS, il faut taxer le carbone issues des énergies fossiles. Cette taxe doit être assez forte dès le départ mais aussi progressive! On laisse ainsi le temps aux industries, aux particuliers, et aux collectivités de s'adapter et de faire face!

Kent | 31 mai 2010 à 14h24
 
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