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Notre-Dame-des-Landes : la médiation n'a pas encore tranché entre les pro et les anti-aéroport

Après moultes consultations, la mission de médiation sur le projet d'aéroport du Grand Ouest a réuni ce mardi 26 septembre les parties prenantes dans un effort d'apaisement des tensions et de consensus sur la méthode adoptée.

Aménagement  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com

La mission de médiation relative au projet d'aéroport du Grand Ouest s'est réunie le 26 septembre pour un bilan d'étape. Depuis le lancement de cette médiation, le 1er juin 2017, près de 200 personnes, représentant les élus, le monde des entreprises, le monde agricole, les associations favorables ou hostiles au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ainsi que des personnalités qualifiées et les services de l'Etat, ont été auditionnées. La liste en a été rendue publique, ainsi que les principaux points de la concertation en cours.

La mission n'a opposé aucun refus à des demandes d'audition. Elle a ajouté de sa propre initiative des propositions d'auditions complémentaires, estimées utiles à son éclairage (par exemple Vinci, Airbus, compagnies aériennes, SNCF, etc.). Le principe de base a été celui de l'ouverture à toute personne ou groupe de personnes souhaitant être auditionné.

Les médiateurs ont fait le point sur la méthode. ''Ecouter, identifier, expertiser'' sont les trois maîtres mots de la consultation, qui se veut une démarche d'apaisement, difficile à mener en raison de positions très tranchées. Dès l'issue de cette rencontre, le Syndicat mixte aéroportuaire du Grand Ouest, présidé par Bruno Retailleau également président (LR) du Conseil régional des Pays de Loire, a diffusé un communiqué cinglant, dénonçant ''une présentation orientée et partielle qui s'affranchit largement de la lettre de mission des ministres''.

Identifier les controverses

La mission a commencé par identifier les principaux points de controverse. En particulier, l'agrandissement de l'aéroport actuel de Nantes-Atlantique permettra-t-il de faire face à la hausse du trafic, qui devrait passer de cinq millions de passagers par an actuellement à neuf millions en 2040 si le rythme de croissance actuel se poursuit ?

Parmi les autres points en discussion relatifs au maintien ou non de l'aéroport de Nantes-Atlantique, figurent la question des nuisances sonores des survols aériens au-dessus de Nantes, les impacts environnementaux d'un agrandissement éventuel de Nantes-Atlantique sur le Lac de Grand Lieu classé Natura 2000, et la sécurité du survol de la ville de Nantes.

L'enjeu de l'étalement urbain et de l'artificialisation des sols est un critère important de comparaison entre les options. L'analyse de l'occupation des sols recoupe la question de la dynamique agricole, ''qui soulève plusieurs interrogations sur l'avenir des professions agricoles, selon les différents scénarios envisagés'', souligne la mission.

Comparer les coûts

Sur l'opportunité de construire un nouvel aéroport, les controverses sont aussi multiples. La médiation en a identifié les principaux aspects : impacts réels sur la biodiversité malgré la compensation écologique, surdimensionnement éventuel du projet, besoins réels en desserte du nouvel aéroport, devenir actuel de la piste de Nantes-Atlantique, aménagements transitoires de Nantes-Atlantique avant son transfert.

La comparaison de ces options principales – maintenir Nantes-Atlantique ou construire un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes – a également fait débat. Les médiateurs ont commandé des études afin de comparer les aspects budgétaires, financiers et juridiques des différents scénarios. La mission a également consulté les parties prenantes sur le développement de la zone industrielle de Bouguenais et la perspective d'utilisation d'une partie des terrains de l'aéroport actuel, ''qui constituent également des enjeux à préciser et chiffrer'', peut-on lire sur le site de la médiation.

Expertises complémentaires

La médiation a également demandé une étude du bilan carbone comparé des deux aéroports, ''bien qu'il soit délicat d'arrêter un périmètre précis pour comparer les émissions de gaz à effet de serre des différents scénarios au regard de la situation de référence actuelle, une comparaison estimative permettant de fournir des éléments d'appréciation fiables apparaît nécessaire''. Sur ce point, il a fallu mobiliser une ''tierce expertise'' auprès du cabinet Carbone 4, les discussions entre les parties prenantes concernées n'ayant pas pu étayer de réponse suffisante.

L'appréciation des impacts environnementaux d'un éventuel aménagement de Nantes-Atlantique sur le Lac de Grand Lieu a également sollicité une consultation complémentaire, commandée au Muséum national d'histoire naturelle. De même, les besoins de réfection de la piste de Nantes-Atlantique demandent une tierce expertise, avec l'accord des parties en présence sur les modalités d'échanges d'informations.

Etudier les niveaux sonores

Des travaux collaboratifs sont en cours entre la mission de médiation et les experts des parties en présence, en particulier sur les simulations de plans d'exposition au bruit, sujet sensible pour les riverains de l'actuel aéroport, notamment dans la commune de Saint-Aignan. Deux réunions d'expertise ont été organisées par la mission, entre la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) et l'Atelier Citoyen, afin de dégager les hypothèses à retenir permettant de simuler des cartes de bruit à différents horizons de temps et selon différents paramètres de trafic. Des simulations, effectuées par la DGAC, sont en cours.

La mission juge nécessaire d'approfondir des thèmes complémentaires : procédures aéronautiques pour réduire les nuisances sonores, impact sur l'eau et la biodiversité du projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, optimisation dimensionnelle de chacun des projets, conséquences du nouvel aéroport sur l'étalement urbain.

Outre la question de l'indemnisation du concessionnaire de Notre-Dame-des-Landes - le groupe Vinci -, l'enjeu de l'évacuation du site actuel occupé par des ''zadistes'' et des agriculteurs n'est pas des moindres. Les opérations devront mobiliser quelque 3.000 gendarmes pour vider la zone et protéger le chantier pendant trois ans, souligne la médiation, qui remettra ses conclusions le 1er décembre prochain.

Réactions2 réactions à cet article

 

Tout ce projet est conditionné par l'extension du trafic aérien ,mais celui-ci est-il souhaitable ? Etant donné que la pollution due aux aéronefs n'est pas prise en compte dans l'évaluation du volume de gaz à effets de serre, et qu'il va bien falloir finir par l'estimer, car ce sont plusieurs millions d'avions qui transitent par jour...il ne faut pas croire une seule seconde que l'on va pouvoir impunément continuer à développer ce genre de transport. En tous cas pas avec les avions actuels.

gaia94 | 29 septembre 2017 à 18h45
 
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Ce projet est une bombe sociale. Stop

en veille | 05 octobre 2017 à 20h34
 
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