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Le parvis de Notre-Dame rouvre malgré la pollution au plomb

Risques  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com

Un peu plus d'un an après l'incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris, le parvis de la cathédrale a été partiellement rouvert au public dimanche 31 mai. Le préfet de police a donné son feu vert par arrêté en se fondant sur un avis favorable de l'agence régionale de santé (ARS) rendu deux jours plus tôt.

« Les opérations de nettoyage coordonnées avec les services du préfet de police et de la préfecture de la région Île-de-France (PRIF) réalisées à plusieurs reprises ont permis de diminuer très fortement les concentrations au plomb », se félicitent la Ville de Paris, le Diocèse de Paris et l'établissement public chargé de la restauration de la cathédrale dans un communiqué commun.

« Les derniers nettoyage et les fortes pluies de début mai montrent que la résine posée sur le parvis permet un nettoyage à l'eau efficace. Les dernières mesures effectuées les 7 et 15 mai sont compatibles avec le "bruit de fond" et l'hétérogénéité de la présence de poussières de plomb relevées dans l'espace public parisien », estime en effet l'ARS. Mais, dans le même temps, l'agence reconnaît que certains points particuliers restent supérieurs à 5 000 microgrammes par mètre carré (µg/m2) de poussières de plomb, valeur repère utilisée pour orienter les actions de prévention à défaut de norme établie. « Leur situation particulières, sur des points isolés, n'interdit pas une fréquentation des lieux concernés par le public », estime toutefois l'agence sanitaire, qui recommande des mesures de nettoyage hebdomadaire et des prélèvements réguliers.

« S'asseoir en short sur des bancs contaminés »

De son côté, l'association Robin des bois déplore « la réouverture de ce site pollué » à tous les publics, y compris les enfants et les femmes enceintes, et l'absence d'information sur les risques sanitaires et les précautions à prendre. « Quelques minutes après [la réouverture], les premiers arrivants ont eu le privilège exceptionnel de s'asseoir en short et en jupe sur des bancs de pierre plus blanche que nature et déjà recouverts de pellicules de 300 à 1 995 µg/m2 de plomb. Avant de se reposer, ils ont marché sur de l'asphalte, des dalles de granit et des pavés pollués au-delà du seuil toléré sur les lieux de vie et de récréation après les travaux de dépollution, et pour certains pollués au-delà de la valeur de 5 000 µg/m2 instaurée par l'agence régionale de santé », ironise l'ONG.

« Le parvis a été en partie librement et sans aucune information préventive fréquenté et piétiné par des dizaines de milliers de touristes et de curieux de la mi-mai à la mi-août 2019 alors que les teneurs en plomb pulvérisaient tous les seuils réglementaires », rappelle aussi l'association, alors que l'avis de l'ARS laisse à penser que la fermeture au public avait eu lieu immédiatement après le sinistre. D'après les prélèvements effectués par le Laboratoire central de la préfecture de police (LCPP), le point le plus contaminé du parvis avait atteint la valeur de 1 300 000 µg/m². Soit 1 300 fois la valeur de 1 000 µg/m² retenue par l'arrêté du 12 mai 2009 relatif au contrôle des travaux en présence de plomb dans les logements.

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