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Nouvelle PPE : des ajustements pour les ENR, des précisions pour le nucléaire

La nouvelle PPE proposée par le Gouvernement contient quelques ajustements dans les objectifs de déploiement des énergies renouvelables. La baisse de la production nucléaire et les réacteurs à fermer sont également précisés.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Nouvelle PPE : des ajustements pour les ENR, des précisions pour le nucléaire

La procédure d'adoption de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) entre dans sa dernière ligne droite. Le Gouvernement soumet à consultation du public de nouveaux documents accompagnés de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). La PPE est en discussion depuis plusieurs années. Son adoption a été ralentie par les travaux de la loi énergie-climat, et le mouvement des gilets jaunes qui a provoqué l'abandon de la trajectoire de hausse de la fiscalité carbone. Une mise à jour était donc nécessaire. L'État en a profité pour ajuster et préciser certains éléments, en répondant notamment aux nombreux avis rendus sur le projet (autorité environnementale, CNTE, CESE, bilan du débat public, etc.).

Modifications générales

Ainsi, en conformité avec la loi énergie-climat, le projet de PPE a été modifié pour viser une réduction de 20 % de la consommation d'énergie finale en 2030 (par rapport à 2012) au lieu de 17 % ; une réduction de 40 % de la consommation d'énergie fossile primaire en 2030 (par rapport à 2012) au lieu de 30 % ; un niveau de 33 % de consommation d'énergie d'origine renouvelable en 2030 au lieu de 32 % ; un objectif de réduction de 50 % de la part du nucléaire dans la production d'électricité en 2035.

Le projet de PPE intègre également plusieurs nouvelles mesures, notamment : le gel de la croissance de la composante carbone dans la taxation de l'énergie ; les mesures et objectifs de la loi énergie-climat concernant la rénovation des logements ; l'identification à venir de dispositifs de soutien aux actions de décarbonation ou d'efficacité énergétique dans l'industrie dans le cadre des travaux sur le Pacte productif 2025.

Mais il est aussi écrit que les mesures en place ou annoncées dans le document, « devront être complétées par des mesures additionnelles pour atteindre les objectifs fixés par la loi, notamment en matière de réduction de la consommation d'énergie finale. » Ces mesures additionnelles seront définies « à l'issue de concertations supplémentaires et en tenant compte des conclusions de la convention citoyenne pour le climat », explique le Gouvernement.

Ajustement des ENR

Le Gouvernement revoit ses ambitions légèrement à la baisse pour l'éolien terrestre et le photovoltaïque. Mais les professionnels du solaire restent positifs : « Nous sommes prêts à relever ce défi ambitieux mais atteignable, sous réserve que les mesures visant à débloquer les freins au déploiement de l'énergie solaire soient prises rapidement et que les appels d'offres soient adaptés en conséquence », prévient Daniel Bour, président d'Énerplan.

Les objectifs restent similaires pour l'hydroélectricité et la méthanisation. Pour cette dernière, la trajectoire du tarif d'injection du biométhane via des appels d'offres a été ajustée à la hausse, avec une cible de 75 €/MWh en 2023 (contre 65 €/MWh dans la version précédente). La cible du tarif d'achat pour 2028 n'a pas été modifiée et reste de 60 €/MWh. À la lecture de cette PPE, la filière biogaz se désole que les volumes injectés prévus pour la période 2019-2023 de 6 TWh/an n'aient pas été, a minima, maintenus à 8 TWh/an comme pour la PPE en vigueur (2016-2018). « Bien que le Gouvernement ait rehaussé l'enveloppe de soutien public à 9,7 milliards d'euros pour la période 2019-2028 (contre 7,9 milliards précédemment), il continue à conditionner fortement la production de biogaz pour la seconde période 2023-2028 à 14 ou 22 TWh à une trajectoire de baisse des coûts non atteignable », regrette France gaz renouvelables.

Par contre, l'éolien en mer est clairement favorisé. Les capacités allouées par appels d'offres ont été augmentées avec, notamment, le doublement de la capacité d'un projet d'éolien flottant en Méditerranée en 2022 (500 MW contre 250 MW) et un nouveau projet d'éolien posé à réaliser en 2021-2022 (pour une capacité de 500 à 1 000 MW). Dès l'année 2025, les projets (éolien posé ou flottant) seront de 1 000 MW (selon le gisement) contre 500 MW dans la précédente version. Ces différentes modifications portent alors la capacité installée en 2028 à 5,2 GW voire 5,5 GW (contre entre 4,7 GW et 5,2 GW).

Le soutien financier pour les premiers déploiements alloués à la filière hydrogène a été porté à 50 M€/an (contre 100 M€ sur la période 2019-2023 dans la version précédente), en complément des soutiens accordés dans le cadre du plan d'investissement d'avenir.

Enfin, la trajectoire du Fonds chaleur est maintenue à 350 M€/an à partir de 2020 (contre une trajectoire décroissante dès 2022 dans la version précédente). « Elle pourra être revue en fonction des autres mesures à définir visant la maîtrise de la demande en énergie », explique le Gouvernement.

Précisions sur le nucléaire

 
En conformité avec la loi énergie-climat, le projet de PPE a été modifié pour viser une réduction de 20 % de la consommation d'énergie finale en 2030.  
 
Pour atteindre l'objectif de 50 % de la production d'électricité d'ici 2035, il va falloir fermer 14 réacteurs nucléaires de 900 MW, dont les deux de la centrale de Fessenheim. Le Gouvernement pose le principe général que l'arrêt des réacteurs (hors Fessenheim) sera à l'échéance de leur 5e visite décennale, soit quand ils auront fonctionné 50 ans. Les arrêts s'échelonneront entre 2029 et 2035. Le Gouvernement estime que ces fermetures sont cohérentes avec la stratégie industrielle d'EDF, qui amortit comptablement les réacteurs de 900 MW sur une durée de 50 ans, et ne donneront donc pas lieu à indemnisation.

Mais ce principe conduirait à arrêter, en moyenne, deux réacteurs par an entre 2030 et 2035, ce qui pose la question de la maîtrise de cette programmation sur les plans social, technique, et en termes de capacité politique pour les gouvernements à cette période. Le Gouvernement préfère donc anticiper et demande à EDF de prévoir la fermeture de deux réacteurs en 2027 et en 2028, au titre de la politique énergétique.

Le Gouvernement pourrait également demander à EDF l'arrêt de deux réacteurs supplémentaires, en 2025-2026, sous certaines conditions. L'analyse de ces conditions fera l'objet d'un rapport remis par la Commission de régulation de l'énergie au Gouvernement avant le 1er décembre 2022, et s'appuyant sur l'expertise de RTE.

Second principe édicté par le Gouvernement : les fermetures ne doivent pas conduire à la fermeture complète d'un site. Elles doivent donc concerner des sites qui possèdent quatre ou six réacteurs. Sur la base de ces critères, EDF a proposé au Gouvernement d'étudier la mise à l'arrêt de paires de réacteurs sur les sites du Blayais (deux réacteurs arriveront à 50 ans en 2031 et 2033), de Bugey (2029-2030), Chinon (2034), Cruas (2034-2035), Dampierre (2030-2031), Gravelines (2030-2031) et Tricastin (2030).

Réactions11 réactions à cet article

 

Rendez vous en 2025, dans 5 ans , se poseront déjà la fermeture de plusieurs réacteurs supplémentaires en France qui ne serviront plus à rien à ce moment là :l'Allemagne dès cette année va atteindre les 50 % d'électricité renouvelable , et la GB est en passe de dépasser tout le reste de l'Europe en 5 ans...A qui vendre de l'électricité qui sera la plus chère d'Europe à ce moment là ?

Darwin | 22 janvier 2020 à 13h01
 
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La consommation d'énergie ne baisse pas, bien au contraire, et ça traduirait une baisse drastique du PIB donc une crise sociale. Arrêter des réacteurs de façon anticipée est donc totalement inepte : on décide a priori de se mettre en sous-capacité de moyens pilotables, sans proposer de moyens de remplacement (par définition les intermittentes ne rentrent pas dans l'équation) en phase avec l'Allemagne qui fait de même. Politique de gribouille.

dmg | 22 janvier 2020 à 18h28
 
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Les professionnels de En R, importateurs de panneaux solaires et d' éoliennes sont prêts à tout pour augmenter leurs confortables revenus: ils demandent pour cela que les subventions attribuées à ces matériels augmentent encore. De la folie pure et simple vis a vis des finances publiques

1noel2 | 23 janvier 2020 à 11h35
 
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On assiste à la mise en place d'une politique énergétique incohérente et suicidaire. Suicidaire car elle conduit à la ruine du développement industriel du pays. Incohérente car elle ne tient aucun compte des impératifs techniques nécessaires à la mise en place d'un niveau acceptable d'énergies dites "renouvelables" : stabilité des réseaux de distribution et taux de retour énergétique.

glaudius92 | 23 janvier 2020 à 17h09
 
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Que tous les fans de centrales nucléaires se rassurent : même si elles sont arrêtées, on les verra encore trôner dans le paysage pendant des dizaines si ce n'est des centaines d'années pour la bonne et simple raison qu'on ne sait pas techniquement les démanteler (voyez Brennilis, centrale à eau lourde donc plutôt simple mais où plus personne n'ose pourtant encore évoquer le "retour à l'herbe" ni réévaluer le coût réel de l'opération, déjà multiplié par 20 entre la date de décision de création et 2005 !) et que ni EDF ni Areva/Framatome n'en ont prévus les moyens financiers adéquats. Quelqu'un citait une "politique de gribouille" ?
@ Darwin : vous mettez pile le doigt là où ça fait mal !

Pégase | 24 janvier 2020 à 21h27
 
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Bizarre , cet amour immodéré du nucléaire et du diesel, les énergies renouvelables sont tout à fait capable de remplacer le nucléaire sauf pour la production de déchets pour des durées indéterminées.

wibart | 29 janvier 2020 à 18h19
 
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"La consommation d'énergie ne baisse pas, bien au contraire, et ça traduirait une baisse drastique du PIB donc une crise sociale."
Autant l'association consommation-PIB, bien que simpliste, je la conçois. Par contre l'association PIB-Crise sociale, a part si on s'enferme dans le postulat que la société ne peux s'épanouir que par la consommation (mais là la question des ENR n'est même plus à poser, quitte à aller dans le mur, autant y aller pied au plancher).
C'est ce genre de raccourci qui mène à ne rien changer.

Bref

Tombour | 26 février 2020 à 17h34
 
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Le nucléaire n' et pas seul avec les problèmes de déchets
Pour produire l' équivalent électrique de nos réacteurs REP (420Twh) il faudrait
3,5 Milliardss de M² de panneaux solaires classiques(350 GWc)
Ces chiffres imposeraient le recyclage annuel de 140 millions de M² (2 000 000 tonnes) de panneaux, soit 450 000 M² (6 000 Tonnes) par jour . Est ce possible ? Non!!
En outre la production s' effectuant pour le 1/3 seulement les 6 mois de mauvais temps (hiver), il faudra disposer impérativement d'un stockage (12 à 15 millions de Mwh) qui n' existe pratiquement pas actuellement

1noel2 | 29 février 2020 à 10h40
 
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Si chaque français propriétaire devient adulte et installe des énergies renouvelables chez lui, si chaque maire installe des panneaux photovoltaïques sur les batiments municipaux, si chacun se sent concerné, tout devient possible, il faut absolument ne pas laisser les déchets nucléaires s'accumuler pour nos descendants!

wibart | 04 mars 2020 à 17h30
 
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Parler de couvrir la France de panneau... en se basant sur les consommations actuelles... Sobriété, efficacité, énergies renouvelables... Il est temps de prendre les choses dans l'ordre (y compris dans nos raisonnements).

Transformer "moins de nucléaire" par un remplacement 100% PV, sans baisse des consommations (càd sans changement des mentalités, business as usual), excellente idée ... pour tuer le PV.

En dehors du potentiel de baisse des consommations (je ne parle pas de l'exil industriel), c'est sur la chance d'avoir en France : un ensoleillement assez favorable au PV et au solaire thermique, plusieurs bassins de vent, souvent complémentaires, de nombreux bassins hydrauliques ayant du potentiel au fil de l'eau, d'un potentiel de méthanisation diffus sur les territoires... C'est bien sur tout cela qu'une réponse doit être mise en oeuvre.

Enfin niveau déchet, il ne me semble pas que le PV génèrent des déchets à durée de vie longue comme le nucléaire et surtout que les 1ères opérations de recyclage de panneau (panneaux de 20 ans, donc fabriqués sans toutes les attentions de durabilité/recyclage qui ont pu émerger depuis) ont donné des taux de recyclage satisfaisant (au moins encourageant selon le niveau attendu).

Non nous ne sommes pas capable d'assurer le volume de recyclage que vous citez, pour la bonne raison que ce "gisement" n'existe pas. Mais je suis certain que nombreux industriels seraient partants (avec quelques emplois à la clé)

Tombour | 09 mars 2020 à 19h07
 
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PV Cycle pense pouvoir recycler 50 000 tones de panneaux PV en l' an 2030

La PPE prévoit une production d' électricité par En R de 32 % de la consommation d' énergie finale ce qui représente environ 600 Twh. Si cette énergie est produite pour moitié par des parcs PV, cela représente 300 Twh produits par 250 Gwc de panneaux soit environ 2 milliards de M² soit 30 millions de tonnes Un panneau ayant une durée de vie de 20 ans, il faudra recycler annuellement 1 500 000 tones soit 4 000 tonnes par jour soit 12,5 jours pour 50 000 tonnes
Il faudra une trentaine de PV Cycle pour assurer le recyclage  en 2030 !!!!

Même si l' on peut baisser notre consommation d' énergie de quelques %, le problème du recyclage des panneaux PV reste entier
Bien a vous

1noel2 | 10 mars 2020 à 17h05
 
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