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Nucléaire : le Gouvernement demande un plan d'action à EDF

Bruno Le Maire demande à EDF un plan d'action pour redresser la filière nucléaire française. Le Gouvernement entend tirer les leçons de « l'échec » de l'EPR de Flamanville, avant d'éventuellement envisager la construction de nouveaux réacteurs.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
Nucléaire : le Gouvernement demande un plan d'action à EDF

Le retard de l'EPR et la hausse vertigineuse de son coût sont « un échec pour toute la filière électronucléaire française », estime Bruno Le Maire, ce lundi 28 octobre, à l'occasion de la présentation du rapport de Jean-Martin Folz sur la construction du réacteur nucléaire de Flamanville (Manche). Le ministre de l'Économie demande à EDF de lui remettre d'ici un mois « un plan d'action » pour remettre à flot la filière nucléaire française.

Après validation par l'État, le plan d'action fera l'objet d'un point d'étape fin 2020. Le Gouvernement compte ainsi disposer de toutes les données mi-2021, avant de décider d'une éventuelle construction de nouveaux réacteurs. Cette décision ne sera pas prise avant la mise en service de l'EPR de Flamanville, fin 2022, a toutefois rappelé Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire.

Un plan d'action en six points

« La filière nucléaire doit se ressaisir », prévient Bruno Le Maire. Le ministre souhaite que le plan d'action commandé à EDF aborde six sujets. Le premier point est la gouvernance des grands projets d'EDF. Il s'agit ici de réorganiser les équipes de l'entreprise pour, notamment, mieux fixer les responsabilités. Dans le même esprit, le plan portera aussi sur « l'établissement des responsabilités tout au long de la chaîne de production ». Un autre point concerne la poursuite de l'amélioration de la coordination entre EDF et Framatome. Cette meilleure coordination, engagée avec la reprise de Framatome par EDF, doit assurer « une intégration industrielle de la plus haute qualité ».

L'échec de l'EPR est aussi lié au retard de signalement des défauts de construction à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Bruno Le Maire attend donc « un dialogue plus étroit entre l'ASN et EDF » pour placer au même niveau la construction des réacteurs et la sûreté en exploitation.

Le ministre souhaite aussi que le plan d'action dresse un bilan des compétences de la filière nucléaire, en particulier s'agissant des métiers critiques. Cet aspect du plan d'action, qui pourra être élaboré dans le cadre du 
Groupement des industriels français de l'énergie nucléaire (Gifen), abordera, par exemple, le problème de la pénurie de soudeurs de haut niveau. Enfin, le plan devra montrer comment les problèmes rencontrés 
à Flamanville ont été pris en compte en vue de l'exportation, en particulier sur le chantier de Hinkley Point  Angleterre).

Un programme de construction pour relancer la filière

 
La filière nucléaire doit se ressaisir.  
Bruno Le Maire, ministre de l'Économie
 
Ces demandes du ministre s'appuient sur le rapport remis par Jean-Martin Folz. Ce dernier estime que les déboires du chantier de Flamanville ne remettent pas en cause « la pertinence du concept » de l'EPR. Changer de modèle de réacteur entraînerait une perte de l'expérience acquise. L'ancien président-directeur général de PSA recommande surtout au Gouvernement de s'assurer qu'EDF et ses sous-traitants gagnent en efficacité pour assurer le succès d'éventuels futurs chantiers. Cela passe notamment par la poursuite de la restructuration de la filière nucléaire autour « d'une équipe de projet puissante, disposant de moyens propres importants et d'effectifs pérennes ».

La filière doit aussi réaliser un effort d'investissement et de recrutement pour reconstruire ses compétences. Le rapport pointe en particulier la nécessité d'une « profonde remise à niveau des capacités industrielles et des ressources humaines » de Framatome, ainsi que « [les] efforts considérables de formation initiale et d'entretien des compétences » qui doivent être réalisé en matière de soudure. « Le renouveau d'une culture de qualité (…) est aujourd'hui une nécessité absolue », estime aussi Jean-Martin Folz.

Pour réussir cette refondation, la filière nucléaire doit avoir de la visibilité sur plusieurs années. « Il s'agit concrètement d'afficher des programmes stables à long terme de construction de nouveaux réacteurs en France et d'entretien du parc existant », recommande Jean-Martin Folz en conclusion de son rapport.

Réactions7 réactions à cet article

 

« La filière nucléaire doit se ressaisir » : c'est précisément la raison pour laquelle le Gouvernement envisage de lui confier la mise en chantier de 6 nouveaux EPR ! Loin de tirer la leçon qui s'impose face à ce désastre industriel (tirer un trait définitif sur cette énergie du passé et dépassée), nos dirigeants persistent dans le déni, l'erreur funeste et la voie sans issue. Nouvelle version du pompier pyromane. Le ridicule de la situation pourrait prêter à rire s'il ne s'agissait pas de programmes aussi dangereux pour la sécurité civile et si des sommes aussi folles n'étaient pas en jeu.
Que les brav's gens (au sens usité par BRASSENS dans sa chanson La mauvaise réputation) ne viennent pas ensuite se plaindre que fleurissent les actions en justice et les ZAD...

Pégase | 28 octobre 2019 à 22h38
 
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Sauf erreur c'est la première fois qu'un gouvernement français reconnait le fiasco de sa filière nucléaire. Cela va dans le bon sens !
Et puis de toutes façons, à l'instar d'autres grands projets inutiles, chaque année qui passe rend le nucléaire moins compétitif et moins pertinent...

Philippe | 29 octobre 2019 à 09h43
 
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@ Philippe : vous avez raison, cet aveu est une première historique. En revanche, un EPR est tout sauf un grand projet inutile pour tout le monde : il permet à tout un aréopage de nucléocrates et d'industries spécialisées d'exister de façon artificielle, en ponctionnant les finances publiques pour combler le puits sans fond des déficits de cette filière. Car nos décideurs sous influence de ce type de lobby ne raisonnent pas sous l'angle de l'économique, contrairement à ce qu'on nous serine à longueur de temps.
Je crains hélas que cette farce dispendieuse et dangereuse ne se perpétue donc encore quelques temps...

Pégase | 29 octobre 2019 à 15h07
 
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Les nucléairomanes doivent beaucoup au député PS Christian, Bataille.

Comment faire confiance à un gouvernement dont le premier ministre est un ancien salarié d'AREVA ?

Peut-on faire confiance à l'ASN ?

Que pensent de la sûreté nucléaire les syndicalistes CFDT (surtout pas CGT) interrogés anonymement ?

Que coûterait en plus du coût officiel bien calculé une centrale nucléaire réellement sécurisée .... avec toujours du personnel d'entretien interne ?

Consultez les archives du GSIEN

Sagecol | 29 octobre 2019 à 17h33
 
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Diable! Tout à leurs manuels de "politologie-collapsologie" et à la terreur qu'ils veulent en faire transpirer, nos annonciateurs d'apocalypse profitent de ce qu'il est question de relancer un programme nucléaire pour stigmatiser, une fois de plus, l'incurie, l'imprudence et l'incompétence de nos gouvernants.

Mais ces zélateurs de la foi régressive ont-ils bien considéré ceci:

En France, la part de production d'électricité obtenue de l'éolien, du solaire et des bioénergies renouvelables est, en tout, de 7,5%.
La part de production d'électricité obtenue du nucléaire et de l'hydraulique est, en tout, de 81,7%... Le reste est obtenu du thermique à flamme, mais n'en parlons pas, en raison du gaz carbonique qu'il génère(source: EDF).

Il est possible de donner le temps à l'éolien, au solaire, aux bioénergies renouvelables, de se substituer au nucléaire et à l'hydraulique pour assurer, maintenir et même améliorer l'approvisionnement de la population et des industries; mais vu l'écart actuel des possibilités de production, beaucoup d'eau pourra passer sous le pont... Sauf si l'on accepte le collapsus.

Le collapsus: Danger pour la France, danger pour l'Europe, danger pour le Monde! Inutile de faire le dessin.

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 29 octobre 2019 à 19h18
 
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Cher Euplectes

Vous nous manquiez :-))))))))))))

Désolé je ne suis pas assez riche pour vous offrir un voyage à Fukushima

Par contre vous inviter à taper

GSIEN

çà ne me coûte pas cher

Sagecol | 30 octobre 2019 à 14h44
 
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Vous perdez votre temps, Sagecol : toute voix qui pose un questionnement sur des dérives technologiques manifestes est désormais taxé de collapsologue, qualificatif frais pondu de la novlangue qui fait de toute évidence fureur chez les négationnistes de l'environnement. Ecolo-bobo devant déjà être usé par un emploi inconsidéré et abusif, il fallait bien trouver du neuf dans les think-tanks conservateurs.

Pégase | 30 octobre 2019 à 22h21
 
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