Robots
Cookies

Préférences Cookies

Nous utilisons des cookies sur notre site. Certains sont essentiels, d'autres nous aident à améliorer le service rendu.
En savoir plus  ›
Actu-Environnement

Nucléaire : le Jury de déontologie publicitaire tacle Orano

Gouvernance  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com

Dans un avis adopté le 1er avril 2022, le Jury de déontologie publicitaire (JDP) a critiqué une campagne du groupe nucléaire Orano sur le recyclage des combustibles usés. Le jury a été saisi, en 2021, par l'ONG Sortir du nucléaire, qui dénonce « le greenwashing » de deux publicités de la campagne de recrutement d'Orano.

Le JDP juge que la première publicité, qui présente un « caillou » d'uranium capable de lutter contre le dérèglement climatique, « ne méconnaît pas les règles déontologiques ».

En revanche, il épingle la seconde publicité d'Orano. Celle-ci vante la capacité « déjà » de l'industriel « de réutiliser 96 % des matières recyclables d'un combustible qui, à la base, est complètement usé ».

« Sur ces 96 %, 1 % correspond au plutonium effectivement retraité sur le site de Melox de l'entreprise et réutilisé pour produire le combustible dénommé Mox, et 95 %, qualifiés d'« uranium de retraitement » (URT), sont entreposés sur un site dans la Drôme dans l'attente de leur éventuelle valorisation », pointe le jury. Il ajoute « qu'Orano ne dispose pas, à l'heure actuelle, des moyens techniques de réutiliser les URT » et que « seuls des opérateurs étrangers, en particulier russes, sont en capacité de procéder à ces opérations d'amont nécessaires au recyclage ».

« Une telle approximation, qui aurait pu être aisément levée en précisant que seul 1 % du combustible usé est effectivement réutilisé à l'heure actuelle, est de nature à induire en erreur le public sur la réalité de l'ampleur du recyclage nucléaire auquel procède l'annonceur », conclut, par conséquent, le JDP.

Le Réseau Sortir du nucléaire s'est félicité de cette décision. « Non contente d'entretenir cette image d'un nucléaire vert participant à l'économie circulaire, Orano a reconnu ses liens avec ses sous-traitants russes, auxquels il n'a pas l'intention de mettre fin malgré le contexte géopolitique actuel », déclare l'ONG.

Réactions5 réactions à cet article

 

Cette industrie est bâti sur le mensonge, ça, on le sait déjà.
Mais il est intéressant de noter que certaines étapes sales du recyclage du combustible usagé (1 000 tonnes / an, si j'ai bien compris) passent obligatoirement par la case Russie, rendant cette industrie parfaitement dépendante d'un pays dont on connait désormais sans ambiguïté les objectifs géopolitiques impérialistes. Pourtant, visiblement, cela ne posait aucun problème moral aux deux candidats qui s'affrontaient au second tour de la présidentielle française...

Pégase | 24 avril 2022 à 22h06
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Les URT... aucun empêchement technique à leur réutilisation, juste une limite réglementaire qui de facto interdit la construction des ateliers nécessaires (d'où la Russie, hélas), tout comme pour le Mox qui est réglementairement limité à certains réacteurs alors qu'on sait pouvoir l'utiliser dans tout le parc. De là à annoncer des taux de réemploi faramineux, faut pas trop pousser le bouchon... mais c'est le propre de la pub' n'est ce pas, c'est pas pire que celles de Total et autres greenwashers patentés.

dmg | 25 avril 2022 à 10h10
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Juste une réflexion : sont-ce les mêmes, tels "Sortir du nucléaire", qui donnent des leçons de géopolitique sur la dépendance vis à vis de la Russie au niveau de ces déchets, et qui en même temps, ne veulent pas de ces mêmes déchets sur leur propre territoire?

nimb | 26 avril 2022 à 09h30
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@ nimb : ce sont sans doute les mêmes qui ne veulent pas d'une industrie - et pas uniquement de ses déchets, dont ses bonnes fées ont oublié de traiter la question lorsqu'elle se sont penchées sur son berceau, comme c'est ballot ! - qui a été et demeure imposée à tous sans aucun débat, qui s'avère de plus en plus sujette à des pannes générant des tensions sur l'approvisionnement, est désormais bien moins compétitive que l'éolien, nécessite de colossaux investissements sur le parc existant pour espérer maintenir un semblant de niveau de sécurité et qui n'est pas en capacité de respecter - et de loin ! - ni les calendriers ni les budgets de réalisation des nouvelles "merveilles technologiques" que sont les EPR.
Maintenant, nimb, si vous souhaitez entreposer chez vous les quelques dizaines de kilos de combustible usagé hautement radioactif pour des centaines de milliers d'années que nombre de français produisent malgré eux (je précise pour ma part que j'ai souscris à une offre électrique 100 % renouvelable, excluant donc le nucléaire), laissez donc votre adresse à la rédaction qui fera suivre !

Pégase | 26 avril 2022 à 14h42
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Pegase, j'ai Fessenheim à 30 kms de chez moi, qui devrait devenir un centre de retraitement des déchets. Et je suis personnellement pour exploiter le centre de stockage de Bure. Ca ne fait pas de moi un pro nucléaire pour autant. Je n'ai d'ailleurs pas "choisi" personnellement l'énergie nucléaire, mais par contre, ce serait pas honnête que d'affirmer que TOUT mon mode de consommation est 100% renouvelable puisque quasiment tout ce que j'achète (et qui est produit) dans ce pays dépend de l'énergie nucléaire, qu'on le veuille ou non.
Je trouve donc normal que ce soit à mon pays de s'occuper de ses propres déchets, plutôt que de les envoyer ailleurs (sans se soucier de leur devenir). Donc oui, ce n'est pas normal d'envoyer mes déchets nucléaires en Sibérie, mais la guerre en Ukraine n'a rien à voir là dedans... en période de non conflit, le constat serait le même.
Sortir du Nucléaire (ainsi que vous?) veulent arrêter le nucléaire pour de multiples raisons... c'est leur/votre droit.... mais que proposent-ils/vous de pragmatique quant aux déchets occasionnés par leur propre pays /consommation?

nimb | 27 avril 2022 à 06h57
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Rachida Boughriet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager

Conseil en résilience environnementale LPA-CGR avocats