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Nucléaire : l'ASN présente le calendrier et les grandes lignes de l'audit des installations françaises

Les tests de résistance des centrales françaises tiendront compte de situations extrêmes et combineront ces situations. Afin d'être achevés pour le 15 novembre 2011, ils se baseront sur les travaux récurents de l'ASN.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
   
Nucléaire : l'ASN présente le calendrier et les grandes lignes de l'audit des installations françaises
Centrale nucléaire de Fessenheim
© Florival
   

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a présenté lundi 9 mai 2011 le cahier des charges des "évaluations complémentaires de la sûreté" des installations nucléaires françaises réclamées par le Premier ministre français, François Fillon, suite à la catastrophe de Fukushima.

Le calendrier précisé

L'organisation du test prévoit la remise à l'ASN d'un premier document méthodologique rédigé par l'exploitant de l'installation visée. Une fois la méthode approuvée par l'ASN, l'opérateur réalise l'audit et le remet à l'ASN pour une évaluation conjointe avec l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Ce retour de l'ASN et de l'IRSN sera public.

Les sites ont été classés en trois catégories en tenant compte de leur vulnérabilité et des conséquences d'un accident. Les exploitants des sites de la première catégorie, incluant les 58 réacteurs du parc d'EDF, devront rendre leur rapport méthodologique le 1er juin et le rapport d'évaluation d'ici au 15 septembre. L'ASN les évaluera avant le 15 novembre afin que les résultats puissent être présentés au Conseil de l'Union européenne de début décembre. Les audits des installations du deuxième groupe se dérouleront de janvier à mi-septembre 2012 et le calendrier pour le troisième groupe n'a pas été précisé.

S'agissant du retour d'expérience approfondi, l'ensemble des représentants de l'ASN et du Haut comité pour la transparence et l'information sur la sûreté nucléaire (HCTISN) ont estimé lors de la présentation du cahier des charges qu'il serait long. La dizaine d'années est l'ordre de grandeur avancé par Jean-Christophe Niel, directeur général de l'ASN.

Douze exploitants sont concernés, parmi lesquels EDF, Areva et le Commissariat à l'énergie atomique (CEA).

Etudier la sécurité selon différents états des installations

S'agissant du cahier des charges, l'ASN l'a établi en se basant sur un document proposé par l'Association des responsables des autorités de sûreté nucléaire des pays d'Europe de l'Ouest (Wenra). Jean-Christophe Niel précise que la proposition de l'ASN constitue une "évaluation ciblée des marges de sécurité à l'image de l'accident de Fukushima", c'est-à-dire des tests tenant compte d'une perte successive des défenses des installations et de l'efficacité des mécanismes de prévention.

Les tests français seront-ils conformes aux tests européens dont le cahier des charges doit être présenté dans quelques jours ? "Nous n'avons aucune assurance", estime André-Claude Lacoste, président de l'ASN, précisant que "ce sont deux processus différents." Interrogé sur les commentaires de certains observateurs qui estiment que l'ASN tente d'assouplir les tests européens, le président de l'Autorité a indiqué que cela le "fait rire" et que les tests français sont proches des propositions de la Wenra sur les principaux sujets.

Concrètement les tests répondent à une approche déterministe, qui vise à valider la sécurité indépendamment de la cause de l'accident. Ainsi, les problèmes posés par une perte de refroidissement d'un réacteur seront étudiés sans tenir compte de la probabilité réelle d'un arrêt des circuits de refroidissement. De même les tests tiendront compte de "l'effet falaise", c'est-à-dire d'une dégradation brutale des conditions d'exploitation. Cette méthode est qualifiée de "démarche par état" par Jean-Christophe Neil qui estime qu'elle permet de "prendre en compte de larges situations."

Les événements étudiés tiendront compte des risques de séisme, d'inondation et de la combinaison des deux ainsi que des effets secondaires aux environs du site.

Un complément contraint du travail habituel

Pour Jean-Christophe Niel, directeur général de l'ASN, l'audit demandé par le gouvernement vient "en complément du travail habituel de l'ASN", ce qui explique qu'il se base en partie sur les travaux effectués lors des visites des sites nucléaires français. "Nous ne partons pas de rien" renchérit André-Claude Lacoste, indiquant que "l'ASN a une bonne connaissance des exploitants." Pour le président de l'ASN, il s'agit d'"un processus classique mais en l'occurrence renforcé" pour tenir compte de la catastrophe nippone.

Cependant, l'audit inclus trois éléments qui en font "un exercice très contraignant" explique Jean-Christophe Niel.En effet, il covient de prendre en compte la référence explicite à l'accident de Fukushima, les délais de réalisation très courts et l'ambition d'être le plus cohérent possible avec les tests prévus au niveau européen.

Le HCTISN satisfait

Le Haut comité pour la transparence et l'information sur la sûreté nucléaire (HCTISN) réuni en séance extraordinaire le 3 mai a émis "un avis favorable sur le projet de cahier des charges rédigé par l'ASN."

Il estime notamment que le cahier des charges "prend en compte les questions techniques posées par l'accident de Fukushima." Par ailleurs, le Haut comité "note avec intérêt que […] le cahier des charges couvre les conditions de recours aux entreprises prestataires [et que] le champ de l'audit inclut, dès 2011, une quinzaine d'installations nucléaires autres que les centrales nucléaires." Henri Revol, président du HCTISN, a indiqué que ces deux aspects avaient été proposés par le HCTISN lors de deux réunions de préparation tenues en les 20 avril et 3 mai.

Reste que l'ensemble des propositions du Haut comité n'ont pas été prises en compte. Ainsi, le HCTISN "prend note que le champ de l'audit n'a pu être étendu dans un premier temps à certaines thématiques proposées par des groupes de travail (transport de combustibles, actes de malveillance…) en raison des contraintes de calendrier."

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