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L'observatoire de la santé autour des mines d'uranium lancé par Areva et Sherpa fait débat

Areva et les ONG Sherpa et Médecins du Monde ont signé un accord visant à mettre en place un observatoire de la santé autour des sites miniers exploités par le groupe. Un accord qui fait déjà polémique et où plane un soupçon de Greenwashing.

Risques  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
En collaboration avec l'association internationale de juristes Sherpa et l'ONG Médecins du Monde, le groupe nucléaire Areva a annoncé le 19 juin la mise en place d'un observatoire de la santé autour des sites miniers d'uranium exploités dans le monde par le groupe en particulier au Niger et au Gabon.

Ce Groupe pluraliste d'observation de la santé (GPOS) a pour objet l'étude de l'impact potentiel des activités uranifères d'Areva sur la santé des travailleurs et des populations avoisinantes, ont précisé les partenaires, lors de la signature de l'accord. Si des cas de maladies imputables à cette activité professionnelle étaient mis en évidence, les soins correspondants seraient pris en charge par Areva à l'identique de la couverture médicale française, ont-ils ajouté dans un communiqué.

Présidé par le directeur médical d'Areva, le Groupe Pluraliste est composé de dix membres, experts médicaux et scientifiques, choisis à parité par les associations impliquées et par le groupe. Pour chaque site d'exploitation d'uranium, sera créé un ''observatoire local'' de la santé avec conseil d'administration et comité médical, où seront représentés les ONG, les autorités publiques locales et Areva. Le groupe pluraliste sera notamment chargé de faire des propositions, le cas échéant, en matière d'hygiène et de sécurité sanitaire dans les sites miniers ou de proposer des indicateurs de suivi sanitaire pour les nouvelles zones d'implantation minière.

Pour Jean-Pierre Getti, de Sherpa, cet accord manifeste indéniablement une maturité et une approche nouvelles chez tous les acteurs. L'ouverture au dialogue d'Areva témoigne de sa volonté de répondre aux inquiétudes de citoyens de mieux en mieux informés et conseillés. La société civile quant à elle, en s'autorisant à discuter avec Areva, démontre qu'un accord peut avoir un impact constructif pour les populations locales.

Rappelons en effet qu'entre 2003 et 2007, l'association Sherpa qui a mené des enquêtes de terrain au Niger et au Gabon, parlait de ''présomptions très sérieuses'' d'un lien entre certaines pathologies et les radiations résultant de l'extraction de l'uranium et dénonçait ''la culture du secret'' d'Areva.

Un accord dénoncé par les assos

Dans un communiqué, la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), qui avait participé à ces enquêtes, a émis de nombreuses réserves sur l'accord signé entre Areva et Sherpa craignant qu'il ne se résume à une nouvelle opération de communication. Pour la Criirad, si Areva ne propose pas certaines garanties (inclusion de toutes les personnes concernées, prise en compte de toutes les pathologies incriminées, dispositifs d'indemnisation adaptés…) et ne prend pas en parallèle des dispositions pour réduire l'impact sanitaire et environnemental de ses activités, la mise en place de ces observatoires ne constituera pas un progrès réel, a-t-elle estimé.

Le Réseau Sortir du nucléaire a quant à lui dénoncé l'accord Areva / Sherpa. L'association s'est dite perplexe devant cette surprenante volte-face de l'association Sherpa, connue pour combattre - et non accompagner - les activités des multinationales lorsqu'elles sont polluantes ou ne respectent pas les Droits de l'Homme.

Le Réseau Sortir du nucléaire parle de ''greenwashing'' (publicité utilisant de manière mensongère le message écologique). Selon lui, l'association Sherpa reconnaît elle-même que cet accord va permettre à Areva de redorer à peu de frais son image et tenter de cacher ainsi les conséquences inacceptables de ses activités au Niger.

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