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OGM : la FAO s'inquiète des risques commerciaux liés à la contamination des denrées

La contamination OGM des denrées importées fait peser un risque sur le commerce international de produits alimentaires. Plus les règles seront strictes, plus le risque sera grand, avance la FAO, plaidant pour l'abandon de la tolérance zéro.

Agroécologie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

L'intensification des cultures génétiquement modifiées de par le monde a donné lieu à une augmentation d'incidents liés à la présence d'organismes génétiquement modifiés (OGM) en faible quantité dans les denrées alimentaires et aliments pour animaux faisant l'objet d'échanges internationaux. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et synthétisant les informations reçues de 75 pays, dont la France. "Les incidents concernant des cargaisons de grains, céréales et autres espèces cultivées ont entraîné des interruptions des échanges, et les pays importateurs ont détruit ou retourné les cargaisons à l'expéditeur", s'inquiète la FAO.

L'étude de la FAO sera présentée les 20 et 21 mars 2014 à Rome (Italie) à l'occasion du premier colloque de l'organisation dédié aux perturbations commerciales que pourrait causer la contamination aux OGM dans le commerce international des produits destinés à l'alimentation humaine ou animale. L'objet de la rencontre n'est pas, pour l'instant, d'aboutir à un accord international mais de "faciliter une compréhension commune de la question".

A noter que "la notion de faible quantité n'est définie ni quantifiée par aucune réglementation internationale, et son interprétation est donc laissée à la discrétion des pays", précise la FAO ajoutant que "pour un grand nombre de pays, cela correspond à une quantité décelable". Par ailleurs, l'étude indique que 49% des pays ayant répondu ne disposent pas de capacités de détection des OGM suffisamment robustes pour assurer le contrôle de leurs importations. Un détail important puisque selon Renata Clarke, spécialiste de la sécurité sanitaire des aliments à la FAO et chargée de l'enquête, "il semblerait que plus on renforce les tests et la surveillance, plus on recense d'incidents".

Un "bond" depuis quatre ans

L'étude indique que depuis 2002, 198 incidents ont été recensés par les pays ayant répondu. Avec 138 événements rapportés sur les quatre dernières années (2009 à 2012) contre 60 sur les sept premières (2002-2008), la FAO évoque un "bond" au cours la dernière période. L'année 2009 marque un pic avec plus de 70 contaminations constatées. Etats-Unis, Chine et Canada sont les trois principaux exportateurs des lots contaminés, avec 35 à 45 cas chacun. L'Allemagne est le quatrième pays, mais avec moins de dix cas recensés sur la période.

Le lin, avec plus de 50 contaminations constatées, le riz (un peu plus de 40 cas) et les galettes et nouilles de riz (un peu plus de 30 cas) forment le trio de tête des produits pour lesquels le plus grand nombre de contaminations a été constaté. Le maïs (30 cas) et le soja (moins de cinq cas) apparaissent en quatrième et huitième place respectivement.

En France, onze cas en 10 ans

Quant à la France, elle a indiqué avoir identifié onze lots de denrées contaminés aux OGM. Cinq événements concernaient des lots de riz importés des Etats-Unis (2 cas), de Chine (2 cas) et du Pakistan / Inde (1 cas). Avec quatre lots contaminés, le maïs est la deuxième denrée concernée. Tous les lots de maïs venaient des Etats-Unis. Enfin, un lot de lin en provenance du Canada et un lot de papayes en provenance du Vietnam complètent la liste.

En France, les lots identifiés ont pu l'être grâce au système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) de l'Union européenne (4 cas), à des contrôles officiels (3 cas) ou à une alerte émise par les Etats-Unis (2 cas). Greenpeace est à l'origine d'un des cas découverts (du riz en provenance de Chine) et l'autocontrôle d'un agent économique est à l'origine d'un dernier cas (riz en provenance du Pakistan / Inde). La réaction a été un retrait du marché (6 cas), des mesures d'urgence européennes (3 cas) et un blocage des produits en attendant les mesures européennes (2 cas).

Enfin, la France figure aussi dans la liste des pays exportateurs de lots contaminés. La Hongrie a recensé en 2011 et 2012 des lots de soja et de maïs contaminés dont certains en provenance de France (le document ne détaille pas). De même, en 2007, Madagascar a détecté des OGM dans un lot de maïs provenant de France.

Vers un abandon de la tolérance zéro

Reste la question à l'origine de cette étude : la présence d'OGM dans des denrées censées ne pas en contenir menace-t-elle le commerce mondial des produits alimentaires ? A ce stade, une seconde étude de la FAO apporte quelques pistes.

Du point de vue des Etats, le facteur le plus important en matière de risque pour le commerce est l'absence de législations unifiées en matière d'OGM (42% des pays ayant répondu estiment ce facteur très important), la contamination involontaire des cultures (39%) et des dates d'autorisation des OGM différentes selon les pays (35%).

D'autre part, "le caractère restrictif des règlementations, dont la tolérance zéro, ont bel et bien un effet dissuasif sur le commerce de maïs". En revanche, une stratégie d'interdiction des produits contaminés basée sur des seuils a des effets limités sur le commerce international.

Selon la FAO, "les résultats de l'étude économétrique sont identiques aux résultats obtenus précédemment qui plaident pour des politiques règlementaires excluant la tolérance zéro".

Réactions4 réactions à cet article

 

Pourquoi ce titre alarmiste ?

La FAO organise une réunion les 20 et 21 mars 2014 et a établi à cet effet un document très intéressant qui vaut d'être consulté.

Le communiqué de presse de la FAO est tout à fait factuel et ne distille aucune inquiétude.

Et pour cause : 198 « incidents de faibles quantités d'OGM décelées dans des cultures non OGM entre 2002 et 2012 » ne sont rien quand on connaît : l'importance du commerce international ; l'extension qu'on pris les cultures et les essais d'OGM de par le monde ; la sensibilité des tests ; l'existence de politiques de tolérance zéro ; l'emploi des « contaminations » à des fins protectionnistes ou manoeuvrières (cas récent de la Chine qui a fait baisser le prix du maïs sur les marchés internationaux.

Vous noterez que le communiqué de presse a pris soin d'éviter – sauf pour une occurrence – les mots de la famille de « contamination ». Dans le document, il n'apparaît que deux fois.

Faut-il rappeler que l'OGM n'est ni un vecteur de maladie, ni un polluant, ni un « élément impur » au sens religieux.

Wackes Seppi | 16 mars 2014 à 17h42
 
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"D'autre part, "le caractère restrictif des règlementations, dont la tolérance zéro, ont bel et bien un effet dissuasif sur le commerce de maïs". En revanche, une stratégie d'interdiction des produits contaminés basée sur des seuils a des effets limités sur le commerce international."

"Selon la FAO, "les résultats de l'étude économétrique sont identiques aux résultats obtenus précédemment qui plaident pour des politiques règlementaires excluant la tolérance zéro".

Le but avoué des ogm! la contamination généralisée qui ne permettrait plus un éradication efficace.
Que propose la FAO une tolérance, un pourcentage qui ne ferait (pourrait) que croitre et donc la porte ouverte à la contamination mondiale.
De qui se moque t’on, ce ne sont pas les états qui ont adopté la tolérance zéro qui nuisent au commerce international, mais bien les OGM qui doivent être beaucoup plus encadrées, a défaut de pouvoir être interdites.
Lio: wackes seppicide

lio | 17 mars 2014 à 12h57
 
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« Le but avoué des ogm! la contamination généralisée... » ?

Ah ! Les belles théories du complot...

« ...la porte ouverte à la contamination mondiale... » ?

Ben voyons ! C'est même une contamination intersidérale...

Mais vous démontrez, Mme Lio, l'immensité du gouffre abyssal de connaissances et d'information du public.

Croyez-vous vraiment que des papayes transgéniques vendues en Europe sont susceptibles de « contaminer » – et ce définitivement – l'Europe ? Savez-vous que nous avons cultivé du maïs MON 810 avant que des politocards populistes ne s'avisent d'interdire cette culture ? Où est la « contamination » des campagnes françaises ? Savez-vous qu'on en importe, de ce maïs, en Europe ? Où est la « contamination » ?

Sauf erreur, la FAO ne propose rien. Elle organise une réunion pour discuter de la question. Les États membres de la FAO décideront... s'ils sont dans de bonnes dispositions pour décider (ce dont je doute fort).

Wackes Seppi | 17 mars 2014 à 17h53
 
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Marrant de lire cet article après avoir lu le rapport de la FAO: on ne doit pas avoir les mêmes lunettes ou bien il y a dû y avoir un problème de traduction... Ou une contamination... Alerte!!!

Albatros | 28 mars 2014 à 19h45
 
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