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De la méconnaissance des impacts socio-économiques des OGM dans le monde

Un rapport de la Commission européenne relève que beaucoup d'études ont été réalisées sur les gains économiques des agriculteurs se convertissant aux OGM. En revanche, les impacts socio-économiques globaux sont méconnus.

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
De la méconnaissance des impacts socio-économiques des OGM dans le monde
   

Alors qu'un débat européen est en cours sur les possibilités pour les Etats membres d'interdire les OGM en invoquant des impacts agro-environnementaux ou socio-économiques, la Commission européenne a publié le 15 avril un rapport sur les incidences socio-économiques de la culture d'organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l'Union européenne à partir de contributions des Etats membres. Conclusions : ''les informations disponibles ont souvent des fondements statistiques ténus et reposent fréquemment sur des idées préconçues concernant la culture des OGM.(…) Le débat doit s'écarter des perceptions polarisées dont le rapport fait état pour s'appuyer sur une base plus concrète et objective'', note la Commission qui recommande de définir un ensemble de facteurs et d'indicateurs fiables. Elle préconise d'engager une réflexion, ''en s'appuyant sur un socle scientifique solide'', afin de cerner correctement les conséquences socio-économiques ex ante et ex post réelles de la culture d'OGM, de la production de semences à l'assiette du consommateur dans toute l'Union européenne. ''Ce processus de réflexion devrait être mis en place et réalisé conjointement par les États membres et la Commission. Il convient également d'y associer activement les parties prenantes, afin d'en garantir le succès''.

Union européenne : peu de retours d'expérience

En préambule, la Commission rappelle l'expérience limitée de l'Union européenne en matière de culture OGM, au regard d'autres pays. Seuls sept États membres cultivent ou ont déjà cultivé des OGM. Les données ex post sont donc peu nombreuses.

 
Plantes génétiquement modifiées Bt et RH Les plantes Bt ont été modifiées par ajout d'un ou plusieurs des gènes codant la toxine insecticide de Bacillus thuringiensis, bactérie présente naturellement dans les sols, l'eau, l'air et le feuillage des végétaux et sécrétant des protéines mortellement toxiques pour certains insectes.
Les plantes RH sont résistantes aux herbicides. Leur objectif est d'augmenter le rendement des cultures en éliminant plus efficacement les mauvaises herbes.
 
De fait, ''de nombreuses contributions se sont limitées à une simple énumération des diverses opinions représentées au niveau national sur la culture d'OGM, transmises à la Commission par les États membres sans filtrage ni analyse préalable au regard de leur pertinence ou de leur qualité''. A l'instar de la France, qui fournit un inventaire à la Prévert des réponses d'acteurs très variés tels que les Amis de la terre, la FNSEA, Synabio ou encore l'Union française des semenciers et Monsanto. ''Les contributions indiquent des opinions polarisées, fondées sur une connaissance factuelle restreinte du contexte européen et influencées par la position initiale, favorable ou défavorable, des contributeurs vis-à-vis de la culture de plantes Bt et RH en Europe et dans le monde'', regrette la Commission.

Seuls les États membres cultivant des OGM ont pu s'appuyer sur des études ex post réalisées sur leur propre territoire. Mais celles-ci ne relaient des informations socio-économiques qu'au niveau de l'exploitation. Ainsi, ''l'Espagne cite une étude menée par le Centre commun de recherche (CCR) démontrant que, dans certaines provinces espagnoles infestées de parasites, les exploitants cultivant du maïs Bt ont enregistré, sur trois ans, un rendement moyen supérieur à celui d'exploitants conventionnels (jusqu'à 11,8 % de plus dans la province de Saragosse) ainsi qu'un accroissement de leur marge brut. Le Portugal, la Roumanie et la République tchèque ont également fait état de hausses du rendement moyen comprises entre 7 et 12,5 % du fait de la culture de maïs Bt''. La Roumanie, qui a cultivé du soja RH jusqu'en 2007 sur son territoire, fait état de gains de rendement de 31 % en moyenne.

Quant aux répercussions socio-économiques sur le reste de la chaîne d'approvisionnement et la société dans son ensemble (transports, assurances, industrie alimentaire, laboratoires d'essais, emploi/modèles de travail, activités administratives, choix des consommateurs…), elles ont été ''largement commentées'' sans toutefois être ''étayées d'un point de vue scientifique et statistique''.

À l'échelle internationale, peu d'analyses socio-économiques larges

Du fait du peu de retours d'expérience à l'échelle européenne, la Commission a élargit son enquête aux ouvrages scientifiques internationaux portant sur les dimensions économiques et sociales de la culture d'OGM. Ceux-ci dressent le même constat : les plantes Bt apportent un avantage économique aux exploitants surtout lorsque la pression des insectes ravageurs est forte (réduction des besoins en pesticide et/ou accroissement des rendements), que l'exploitation soit de petite ou de grande taille.

Quant aux plantes RH, ''de nombreuses études indiquent une différence de rendement faible, voire nulle, entre le soja RH et le soja conventionnel (à quelques exceptions près, par exemple lorsque les méthodes classiques de contrôle des adventices ont été particulièrement inefficaces, comme dans le cas du soja conventionnel en Roumanie). Globalement, la technologie RH réduit le coût de production, mais le surcoût des semences RH atténue, voire annule l'effet sur la marge brute des exploitants (études réalisées aux États-Unis et au Canada)''.

Les études sur les effets micro-économiques plus larges dans les pays en développement (incidences sur les agriculteurs n'adoptant pas la technologie RH, l'emploi rural, la pauvreté et le revenu des ménages), ou consacrées au niveau macro-économique à l'ampleur des incidences économiques de la culture de plantes transgéniques et à leur répartition entre les agents économiques de la chaîne d'approvisionnement (semenciers, agriculteurs cultivant des OGM et agriculteurs n'en cultivant pas, fabricants de denrées alimentaires et d'aliments pour animaux, consommateurs) sont beaucoup plus rares.

Réactions5 réactions à cet article

 

Totale Absurdité
Tout le monde sait que sur le long terme il n'y a pas de gain économiques pour les agriculteurs utilisant des OGMs, ils sont en effet "coincés" et dépendant de leurs fournisseurs d'OGM puisque dans l'incapacité de replanter les graines des années précédentes. En outre la nature est plus intelligente et réagit face aux barrières de protection des OGMs. Enfin l'impact sur les insectes est loin d'être négligeable, sans parler de l'impact sur les pollinésateurs. Un désastre crée par l'homme qui va se retourner contre lui.

arthur duchemin | 20 avril 2011 à 10h04
 
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POUR OU CONTRE LES OGM....cependant on ne sait toujours rien sur l'impact de la santé sur l'homme et de son environnement , ce qui est grave

henri | 21 avril 2011 à 07h49
 
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Arthur, est-ce que tu pourrais préciser ton porpos stp? Comment peux-tu dire que "tout le monde sait sur le long terme qu'il n'y a pas de gains économiques pour les agriculteurs"? L'article précise justement qu'il n'y a pas d'étude scientifique qui permette de faire la part des choses.
De plus, la dépendance des agriculteurs envers les semenciers existe déjà, et même si ce que tu dis est vrai pour les OGM, c'est déjà une réalité pour beaucoup de semences cultivées aujourd'hui en France.
Je ne suis pas pro-OGM mais il faut faire attention à ses arguments!
Bonne journée!

julie | 21 avril 2011 à 09h24
 
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La dépendance aux sélectionneurs n'est pas une exclusivité des OGM car un hybride de semence n'est pas resemable, et dans certains cas il est simplement stérile. Depuis la nuit des temps s'est développée la sélection des variétés cultivées et il n'a pas fallu attendre les OGM pour que s'opère une certaine spécialisation. En un mot, l'agriculteur autarcique qui resème à partir de sa production d'une année sur l'autre est un fantasme d'urbain mal informé.
Bien à vous.

Remi Aubry | 21 avril 2011 à 18h07
 
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''les informations disponibles ont souvent des fondements statistiques ténus" 8 pays sur 27 autorisent la culture des OGM , alors oui c'est ténu comme source d'info fiable. Il aurait fallu élargir le champ de l'étude au niveau mondiale (encore une repli européen typique).
"reposent fréquemment sur des idées préconçues [...]"
C'est le moins que l'on puisse dire, au vu de temps de parole des écolos menteurs dans les médias et l'absence totale de droit de réponse des chercheurs.
"s'appuyer sur une base plus concrète et objective'', Plus de 700 publications scientifiques en 20 ans dans le monde montrant toutes une innocuité des OGM sur l'environnement et la santé, et aussi les apports important en terme sociaux économiques (voir en Inde, Brésil, chine, Burkina Faso...) comme le montre l'étude de Arjunan Subramanian, Kerry Kirwan, David Pink & Matin Qaim, GM crops and gender issues, Nature Biotechnology 28, 404 - 406 (2010).
Agnès E. Ricroch, Jean B. Bergé, Marcel Kuntz; Plant Physiology :
Evaluation of genetically engineered crops using transcriptomic, proteomic and metabolomic profiling techniques

Plus de 20 ans de culture OGM dans le Monde, une croissance de surface de 11% par an en moyenne (148 millions d'hectare dans le monde soit 9.8 % de la surface cultivée dans le monde...
Et toujours rien des "catastrophes" avancées par les idéologue écolo.
Pour une raison simple: ils ne connaissent rien aux sciences!!!

Daniel | 22 avril 2011 à 11h37
 
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