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France, tes oiseaux disparaissent

Une espèce d'oiseau nicheur sur quatre est menacée en France métropolitaine, ainsi que plusieurs espèces migratrices. L'UICN et le Muséum national d'Histoire naturelle tirent la sonnette d'alarme.

Biodiversité  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
   
France, tes oiseaux disparaissent
   

La situation est très préoccupante pour les oiseaux de France métropolitaine. Tel est l'état des lieux que vient d'établir le Comité français de l'UICN et le Muséum national d'Histoire naturelle, en partenariat avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), la Société d'études ornithologiques de France (SEOF) et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.

Interview de Jean-Philippe Siblet - directeur du service du patrimoine naturel au Mnhn
 
26% des espèces d'oiseaux nicheurs menacées

« L'évaluation des 277 espèces d'oiseaux nicheurs en métropole révèle que 73 d'entre elles sont actuellement menacées, soit plus d'une espèce sur quatre (26%). Cette proportion est beaucoup plus élevée qu'au niveau mondial, où 12% des espèces d'oiseaux sont menacées d'extinction », précisent l'UICN et le Muséum, qui ont dressé une Liste rouge des espèces menacées en France.

Les raisons de cette perte de biodiversité ? L'intensification des pratiques agricoles, l'urbanisation et le drainage des zones humides, qui entraînent la régression des bocages et des prairies naturelles.

L'UICN et le Muséum citent ainsi plusieurs exemples : le râle des genêts, qui souffre de la disparition des prairies alluviales, a subi une diminution de 50% de ses effectifs en dix ans ; la pie-grièche à poitrine rose, classée en « danger critique », ne compte plus que 30 à 40 couples sur notre territoire.

« Les pollutions dues aux hydrocarbures et la réduction des ressources alimentaires liée au changement climatique affectent les oiseaux marins, comme le pingouin torda et le macareux moine. Les tirs au fusil et l'empoisonnement par des appâts toxiques menacent les rapaces, pourtant protégés, comme le milan royal », ajoutent les organisations.

 
Et les hirondelles ? "Entre 1989 et 2009, les effectifs d'hirondelles de fenêtre ont chuté de 41% et ceux du martinet noir de 6%", alerte la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).
Cette année, l'association a d'ores et déjà constaté leur arrivée plus tardive et en moins grand nombre.
"Ce phénomène est sans doute consécutif à la vague de froid et de pluie très marquée qui a touché plusieurs régions au printemps 2010", souligne-t-elle.
Cette dernière a entraîné une mortalité très importante, voire record, de milliers d'individus adultes, capables de se reproduire ou en train de couver, notamment en Auvergne et dans le Limousin.
 
Des espèces migratrices aussi en danger

La France a également une responsabilité particulière dans les menaces pesant sur les espèces migratrices.Parmi les quinze espèces migratrices en danger ou vulnérables, l'UICN et le Muséum citent le phragmite aquatique, « petit migrateur classé ''vulnérable'', victime de la dégradation des milieux humides qui affecte ses haltes migratoires ».

« Le changement climatique entraîne également le glissement vers le Nord des aires d'hivernage de certaines espèces, non menacées à l'échelle mondiale, mais qui ne sont désormais plus observées en métropole qu'en très faibles effectifs », détaillent les organisations.

C'est le cas de la macreuse brune et du cygne de Bewick, tous deux classés « en danger ».

Mais des actions de reconquête inespérées

Petite note optimiste toutefois, l'UICN et le Muséum mettent en avant les résultats positifs de plusieurs actions de conservation.

« La protection des rapaces, des hérons et des oiseaux coloniaux a permis des reconquêtes encore inespérées il y a 40 ans. Les actions de protection des zones humides engagées depuis trois décennies ont contribué à améliorer la situation de certaines espèces d'oiseaux d'eau », notent avec satisfaction les organisations.

« Et les plans nationaux d'action, mis en place récemment, devront permettre d'accentuer les efforts déployés pour les espèces les plus menacées », ajoutent-elles.

Reste que 26 espèces nicheuses et dix espèces hivernantes et de passage ont été identifiées comme « quasi menacées » sur notre territoire.

Réactions6 réactions à cet article

 

Les pratiques agricoles dans la région du vaucluse sont très nuisibles pour nos oiseaux. En effet, tous les jours et même plusieurs fois par jour les agriculteurs aspergent les pommiers et autres cultures de pesticides qui ne sélectionnent pas, que l'insecte ravageur des pommiers, mais tous les insectes. Depuis plus de 15 ans, les hirondelles, qui n'ont plus de nourriture, ne viennent plus nicher dans les hangars....

Bienvivrebio | 30 mai 2011 à 10h20
 
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En quoi le drainage des zones humides serait-il responsable de la disparition des oiseaux, alors que les cormorans, les hérons, les cygnes et les cigognes, espèces protégées, pullulent au point de créer des nuisances pour les hommes ? Ces pullulations ne pourraient-elles également être sources de nuisances pour d'autres espèces d'oiseaux ? En tout cas elles sontt nuisibles aux poissons !

Laurent Berthod | 30 mai 2011 à 14h01
 
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UNE AUTRE CAUSE POSSIBLE..PAS ASSEZ EVOQUEE NI VRAIMENT PRISE EN COMPTE A SAVOIR LES ANTENNES RELAIS DONT LES EFFETS ELECTROMAGNETIQUES TROU8LENT DEJA....ET C EST RECONNU SEMBLE T IL LES ABEILLES IL SERAIT SOUHAITABLE DE SE PENCHER SUR CE PROBLEME

ACHILLETALO | 30 mai 2011 à 18h40
 
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Parce que tu crois que les hérons sont responsables de la diminution du poisson ? C'est plutôt le contraire, si les hérons pullulent comme tu dis, c'est bien parce qu'il y a surabondance de poisson donc aucune inquiétude à ce sujet. Il y a du poisson pour tout le monde.

Dédé | 31 mai 2011 à 09h58
 
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Un constat : les espèces chassables ne craignent rien ! La raison essentielle est dûe à la protection et la régulation que font les chasseurs, sans aide financiére ou autre des décideurs. Sans vouloir faire la chasse à la sorciére, il existe des associations qui bénéficient de subventions gigantesques et qui utilisent malheureusement ces grotesques sommes à des fins essentiellement personnelles. Que font-ils de cet argent qu'ils ont sollicité et obtenu en se fondant sur des dossiers alarmistes qu'ils ont présentés sur les oiseaux et espèces en situation précaire, souvent avec des connaissances assez douteuses ? Ces "marchands de vent" trompent l'opinion en faisant peur en utilisant des arguments totalement orientés au lieu de proposer, et surtout réaliser, des travaux efficaces pour sauver ces espèces en voie de disparition. A titre d'exemple, plusieurs sociétés de chasse ont investi leurs propres deniers dans des terrains humides qui allaient être la proie des spéculateurs immobiliers, ceci afin de sauver des limicoles et autres migrateurs. Par ailleurs, elles réalisent des acquisitions de terres et les aménagent pour le bien de notre faune, etc., etc...
Alors, au lieu de se lamenter indéfiniment, les pleureurs devraient se mettre en action avec les bienfaiteurs plutôt que de pleurnicher sans rien réaliser et se permettre de critiquer. Il est si facile de critiquer !

Alain | 02 juin 2011 à 21h12
 
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A propos de l'impact de la chasse sur des espèces chassables, exemples :
La perdrix rouge est menacée voire éteinte à cause du lâcher massif depuis des décennies de million d'hybrides d'élevage, cette pollution génétique est étudiée en France par ONCFS. La caille des blés connait aussi la pollution génétique à cause de la chasse ainsi que le sanglier pour les mêmes raisons sauf que cette hybridation avec le cochon le fait pulluler.
La perdrix grise est dans un mauvais état de conservation, tout comme le grand tétrat ou le tétra lyse qui est encore chassé dans des départements ou il est en voie de disparition (exemple la Drôme).
Les exemples ne manquent pas, il y a aussi le dérangement, le plomb .... on pourrait écrire un livre ou engorger les tribunaux si réellement les associations de la protection de la Nature dénonçaient les atteintes à l'environnement liée à la pratique de la chasse. Donc la chasse a beaucoup d'effort a faire (même s'il est vrai qu'elle en fait un peu depuis peu) et de toute évidence certains chasseurs ne s'en rende pas compte, c'est dommage pour l'avenir de la chasse.

expert | 05 juin 2011 à 22h25
 
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