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On-Farm Experimentation : quand chercheurs et agriculteurs collaborent pour la science

Agroécologie  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com

La recherche doit-elle forcément s'affranchir des aléas du terrain pour rester objective ? Selon de nombreux chercheurs agronomes à travers le monde, dont ceux de l'Institut national de recherche agronomique (Inrae), la réponse est non. Des scientifiques de huit pays, dont la France, partagent cette idée et ont publié un article dans la revue Nature Food détaillant les bénéfices d'un nouveau modèle d'expérimentations à la ferme – ou « On-Farm Experimentation » (OFE). Ils constatent que cette approche existe dans différents pays du monde – et implique environ 30 000 exploitations agricoles – sans jamais avoir été « formalisée ou systématisée institutionnellement ». Ils appellent ainsi à l'encadrer pour « accélérer la création de connaissances locales et appliquées » au service des « transitions agroécologique et digitale ».

Concrètement, mener des recherches selon le modèle de l'OFE consiste à investiguer des questions spécifiques à une exploitation agricole précise. Ces questions sont ainsi définies conjointement par l'agriculteur et le chercheur. C'est notamment le cas des fermes Dephy, rassemblant 3 000 agriculteurs aux quatre coins de la France, au sein desquelles des techniques de réduction de l'usage des pesticides sont étudiées. « D'un côté, les agriculteurs évaluent des pratiques directement applicables à leur exploitation, de l'autre, les scientifiques collectent des données de terrain et des connaissances informelles qui enrichissent leurs recherches et ouvrent de nouvelles perspectives », étaye l'Inrae dans un communiqué. Le mouvement OFE s'appuie également sur les technologies numériques, qui « facilitent (mais ne conditionnent pas) » la collecte des données sur le terrain mais aussi leur généricité à une plus grande échelle.

La méthode OFE pose néanmoins des questions en matière de recherche sur le statut des données de terrain produites ou encore l'hybridation des types de savoirs (science, pratiques agricoles ou industrielles, etc.). Pour y répondre, les chercheurs de l'étude appellent à « renforcer la communauté des OFE », notamment en faisant de l'OFE2021, rencontre tenue en octobre 2021 à Montpellier, un rendez-vous annuel pour en débattre.

Réactions13 réactions à cet article

 

Le problème avec cette tribune est qu'elle ne défend que des moyens, sans jamais nous dire quel est le résultat recherché. Certes, il est question comme depuis le Grenelle de réduction des pesticides, mais le problème est le modèle agricole productiviste, dévastateur pour les écosystèmes (sauf pour la FNSEA) et déclaré non durable dès l'expertise collective de l'INRA de 2005. Avant d'hybrider les savoirs et toutes ses promesses creuses, ne devons-nous pas nous pencher, collectivement, sur ce qui pourrait être un avenir souhaitable ?

Yorghos | 31 décembre 2021 à 10h59
 
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Trés bien dit ,Yorghos , ;Avant toute recherche il est capital de se fixer un but .,sinon on va tourner en continu pour essayer de se mordre la queue ,mais toujours en vain .
Affichons trés clairement notre souhait et nous pourrons alors orienter le mouvement vers ce qui est recherché , sans hésitations ni perte de temps .
Chacun , saura prendre sa place et ainsi avancer en harmonie avec toutes les strates .
Encore une fois, toutes les parties sont elles prêtes à partager autour de la table ? L'exploitation voit tellement à sens unique !...., et pourtant ,les évolutions nous exigent une adaptation jamais connue ; du courage , encore du courage! et nous y arriverons !

Bionature | 31 décembre 2021 à 11h49
 
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Chers Yorghos et Bionature,

Je m'associe à vos souhaits d'échanges, de discussions et, pourquoi pas, de consensus.

Par contre, je désapprouve de façon formelle ce que je pense être des propositions de changement de paradigmes scientifiques, que ces paradigmes scientifiques relèvent de la théorie (logique de l'intellect, lequel doit s'efforcer de ne pas se laisser guider par des associations d'idées, des convictions politiques ou des imaginations); que ces paradigmes relèvent de l'expérimentation et des procédures instrumentales (logique mathématique de l'observable : 2+2 = 4, et recueil de données factuelles sur le terrain); que ces paradigmes relèvent de l'éthique (logique de la morale et du raisonnable).
Car si je ne m'abuse, le changement de paradigme que vous préconisez donne le sentiment de vouloir mettre la charrue avant les boeufs (commencer par où on devrait finir): Construisons un résultat "ex nihilo et a priori " et dès lors, foin de la recherche puisque nous avons déjà le résultat... sans avoir cherché (on gagnerait ainsi en temps et en argent...).

Êtes vous sérieux quand vous dites qu'une recherche, pour être efficiente, devrait être conditionnée à un but fixé à l'avance, à un résultat prédéfini ? Il me semble que rechercher, c'est entreprendre des activités intellectuelles (théories) et des travaux (toutes expérimentations) qui tendent à la découverte de connaissances et de lois nouvelles, en totale abstraction de tout but préconçu.

Bien à vous

Euplectes

Euplectes | 01 janvier 2022 à 19h50
 
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Pour moi, le principal résultat recherchable et sur lequel se concentrer au niveau de l'agriculture est de faire manger de façon PERENNE la population française (ou européenne, ou mondiale selon l'échelon), et rien n'est acquis à ce sujet, 2021 l'a encore montré.
Ensuite, que ce soit le plus sain est un gain souhaitable.
Mais ne pas oublier que les populations augmentent inexorablement.... et que quand elles ont faim, elles se tapent dessus.

nimb | 02 janvier 2022 à 20h34
 
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Cher nimb,

Je salue votre sens des priorités qu'il faut traiter de prime abord, et votre discernement à les classer par ordre d'importance: Faim dans le monde dont en France, bonne santé des plantes et des animaux destinés à l'alimentation, sécurité sanitaire des aliments.

Cinq organismes (ONU-FAO, FIDA, UNICEF, PAM et OMS) ont publié, mi-2021, un rapport conjoint intitulé " Etat de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde", que je trouve très instructif, mais inquiétant en ce qui concerne l'inflation sur les denrées alimentaires, qui se profile et s'amplifie plus rapidement que la production alimentaire. Les retombées de la pandémie en sont responsables, mais en partie seulement, puisque le taux de la faim dans le monde s'accroit régulièrement depuis 2010. Les seuils de pauvreté vont continuer à augmenter tant que l'inflation n'aura pas régressé.
Qu'en penser? En toute logique, il y aurait lieu de ne pas diminuer les rendements agricoles globaux dans nos pays développés, et - j'ose le dire - de les augmenter, tous modèles de production confondus. Les moyens techniques pour y parvenir ne sont pas de ma compétence, mais en toute logique et une fois de plus, il y aurait lieu de lever sérieusement le pied sur les fantasmes de régression que réclament les "nostalgiques des diligences et du glorieux passé" (citation).

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 04 janvier 2022 à 02h07
 
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Bonjour Euplectes ,
Je ne comprends pas trés bien votre propos qui , d'emblée ,refuse toute modification des pratiques habituelles. Pourtant ,ce qui paraissait vrai hier ne l'est plus totalement aujourd'hui .
Comment chercher en agriculture sans avoir un objectif ( pas seulement un but )? , qui ne sera peut être jamais atteint ?, mais qui aura permis d'avancer en restant les pieds sur terre ?
Je fais pourtant partie de ceux qui considèrent le rêve comme indispensable à la vie et à l'équilibre de tout homme et donc à son bonheur que nous recherchons tous , même inconsciemment .Chaque individu arrive sur cette terre avec deux potentiels fondamentaux d'action et d'évolution : la raison et l'intuition qui sont indispensables pour progresser dans leur recherche du savoir , de la vérité ,sachant que nous n'arriverons jamais au summum .Nous possédons tous notre part de vérité et c'est bien en les mettant ensemble que nous pourrons avancer vers LA VERITE .
Pour moi, une science crédible et efficace est la résultante de cette mise en pratique....,pas facile à réaliser au quotidien !
Quant à la " charrue devant les boeufs" ce sont bien les boeufs définis en premier , qui vont pouvoir tirer la charrue ,motivés et dirigés ( mais non conditionnés )
Enfin, rechercher ,c'est bien savoir se remettre en question tous les matins et n'être jamais convaincu d'avoir tout découvert .
Un peu de bon sens ,soit un judicieux mélange de raison et d'intuition ,...au risque de vous fatigu

Bionature | 05 janvier 2022 à 17h03
 
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.....,suite et fin
......., au risque de vous fatiguer ! ?
Merci pour votre réaction toujours utile et indispensable à ma petite réfléxion .
Bien cordialement .

Bionature | 05 janvier 2022 à 17h13
 
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Il y a plusieurs types de recherches, mais elles ont toutes le même but : voir ce qui se passe en prenant une situation A et en la modifiant pour voir ce qu'elle devient avec telle modification.
Il peut y avoir un but : par ex comparer 1 sol avec tel et tel engrais.
Et il peut y avoir une recherche plus théorique : essayer des médicaments sur un virus.
Dans tous les cas il y a une idée derrière.
Et il y a des hasards, qui font qu'une recherche sur un sujet A apporte une solution à un sujet B...
Le tout est déjà de chercher...

28plouki | 07 janvier 2022 à 10h42
 
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Cher Bionature,

Merci pour cette réponse qui, bien loin de me fatiguer, m'encourage - et m'oblige - d'expliciter et préciser les fondements qui étayent ma position.

- Je ne refuse pas "toute modification des pratiques habituelles": Je me dresse contre une tendance, actuelle et forte, qui ne se cache pas de vouloir modifier ou changer (peu importe) les procédures d'élaboration de ces pratiques. Ces procédures sont des acquis de la Science (avec un grand S) et sont en évolution constante depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, et elles participent des "connaissances actuelles de la Science".
Ce qui me conduit à considérer que toute proposition de changer les méthodes scientifiques pour les remplacer, peu ou prou, par de nouvelles, peut être reçue mais ne saurait être adoptée et appliquée que si (et seulement si) il peut être prouvé, après études et recherches, que ces propositions sont amélioratives à l'état actuel de la Science.
les modèles de la Science (appelons les "paradigmes") sont, jusqu'à la preuve du contraire, des références incontournables, elles ont été construites pierre après pierre, après de nombreuses améliorations et reculs, depuis des millénaires (citons Aristote, Ptolémée, Newton, Lavoisier, Descartes, Curie, Einstein pour n'évoquer que les plus connus).
Ceci pour montrer qu'on ne peut penser la Science, référence incontournable à toute recherche, même si l'on peut penser qu'il serait facile ou nécessaire de lui interchanger quelques paradigmes (...)

Euplectes | 07 janvier 2022 à 17h42
 
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( ... ) sans en avoir démontré la pertinence (au sens de: congru, améliorant, perfectionné, bref: changeant en mieux).

- Bien sûr, on ne peut chercher en agriculture sans avoir un objectif de recherche (c'est l'hypothèse). Cet objectif n'est ni un but, ni un résultat, et surtout, ne saurait dépendre que d'une idée pure, c'est à dire dépouillée des intérêts et des préjugés de la personne qui fait l'hypothèse: en ce cas, l'hypothèse devient subjective, elle n'est donc plus un pur objectif, ce peut être le vecteur d'un but préconçu, d'une stratégie, d'une idée déjà toute faite, d'un parti-pris.

- Le rêve est un phénomène psychique nocturne ou diurne, Freud le définit comme "la réalisation d'un désir". J'en conviens, la réalité et la vérité peuvent paraître pénibles ou agréables au rêveur. Mais à mon sens, le rêveur-chercheur peut-il, sans déchoir, essayer de réaliser son rêve en en faisant le "Deus ex machina" de son protocole de recherche ?

- Vous souhaitez "un peu de bon sens, soit un judicieux mélange de raison et d'intuition". Oui, à la condition de ne pas conférer la préférence à l'intuition, et de ne pas lui conserver la préséance tout au long du protocole de recherche, par rapport à l'hypothèse et au raisonnement. Permettez-moi d'insister: Pour accéder à la connaissance via la Science, il faut un peu d'intuition, mais l'intuition doit ensuite céder le pas et passer, sans se sentir humiliée, sous les fourches caudines de l'hypothèse, du raisonnement, (...)

Euplectes | 07 janvier 2022 à 18h29
 
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(...), et de la collaboration horizontale, réciproque, osmotique et dans chaque sens, avec les agriculteurs.

- Quant au résultat d'une recherche, il doit être passé au crible de la critique (ce mot n'est pas péjoratif en Science) et du contrôle, et ce n'est qu'au terme de ce long périple qu'il sera - ou non - intégré à l'état des connaissances scientifiques.

Ainsi pourront être évités les "aveuglements à la catastrophe" et les "falsifications du vrai" (par vrai, j'entends: le réel vérifié), du moins je le souhaite.

Cher Bionature, vous ne me fatiguez pas, bien au contraire, je souhaite que nous puissions poursuivre. Veuillez accepter l'expression de mes sentiments distingués.

Bien à vous,

Euplectes

Euplectes | 07 janvier 2022 à 18h53
 
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Euplectes , il ne faut pas confondre recherche fondamentale et recherche appliquée. Si je n'avais cherché ds mon laboratoire que pour la beauté de la science, mon patron m'aurait virée vite fait! Heureusement , il existe encore des sociétés (privées souvent) où les domaines et les buts des recherches sont bien définis à l'avance, cela permet de se concentrer sur l'utile et de répertorier rapidement les directions prometteuses. Pour cela un inventaire préalable de l'existant et des pratiques intéressantes est nécessaire et même obligatoire, en ce sens toutes les données utiles envoyées par les impétrants sont bonnes à prendre , à regrouper et à analyser. Bravo donc à cette initiative.

gaïa94 | 08 janvier 2022 à 18h53
 
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Bonjour, mes amis Gaîa et Euplectes ,
Je pense découvrir votre activité ( Gaîa ) ( ancienne ?) : Chercheur ,Bravo !
j'espère que vous avez été parmi "les chercheurs qui trouvent" et non seulement parmi "ceux qui cherchent" ( pour reprendre une réflexion ancienne et dure !)
Je comprends votre réserve quant à vouloir tout chambouler .
Pour moi, on se doit obligatoirement d''évoluer ( propre de tout être vivant ) ,mais cela ne signifie pas qu'il faille tout nier d'emblée
. Le questionnement permanent permet de conserver (si utile ) tout en améliorant. Voila pour moi,(petit cul terreux) ma vision du monde et ce que j'ai essayé de mettre en pratiques sur le terrain , car tous les discours et palabres sont peut être bien ,mais faut il, qu'en même temps ,ils soient démontrés sur le champ.
La première école, pour moi ,et qui ne trompe jamais est bien l'école quotidienne de la Vie ! ,encore ,faut il être observateur et persévérant
Je terminerais par un petit conseil de lecture pour mieux comprendre la science ,aujourd'hui : découvrez :" la fabrique du mensonge " de Stéphane Foucart ,journaliste au "monde.
Bonne année, bonne santé ,même avec ce terrible ( ?)covid et au plaisir de se rencontrer peut être (?) et d'échanger autour d'un verre .....!
Amicalement .

Bionature | 14 janvier 2022 à 12h33
 
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