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Ondes : un rapport recommande de multiplier les antennes pour réduire l'exposition

L'augmentation du nombre d'antennes relais de téléphonie mobile est nécessaire pour pouvoir réduire l'exposition aux ondes tout en conservant la même couverture : c'est la conclusion d'une expérimentation menée depuis 2009.

Gouvernance  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com
Ondes : un rapport recommande de multiplier les antennes pour réduire l'exposition

Une multiplication par trois du nombre de sites d'implantation d'antennes relais de téléphonie mobile serait nécessaire pour maintenir la même qualité de couverture lors d'un abaissement global de l'exposition aux ondes électromagnétiques en façade et au sol : c'est l'un des résultats de l'expérimentation menée sur différents quartiers pilotes. Lancée à la suite d'une table-ronde interministérielle sur les radiofréquences, l'opération s'est étalée de 2009 à 2013.

La première phase d'état des lieux avait montré que le niveau d'exposition médian d'exposition s'avérait inférieur aux valeurs limites réglementaires (comprises entre 40 V/m et 61 V/m pour les fréquences utilisées par la téléphonie mobile). Environ 90% des niveaux d'exposition modélisés pour les seize zones d'expérimentation seraient en effet inférieurs à 0,7 V/m et 99% à 2,7 V/m. Les environnements identifiés comme les plus exposés restent les centres villes anciens denses et les zones urbaines modernes denses.

Le comité opérationnel sur les ondes de téléphonie mobile a finalement remis lundi 26 août les résultats de la seconde phase de l'opération ainsi que des propositions pour encadrer la concertation à Philippe Martin, ministre de l'Écologie, et à Fleur Pellerin, ministre déléguée en charge de l'économie numérique.
Les conclusions ne font cependant pas l'unanimité.

L'approche "qualité de service" dénoncée

Pour cette deuxième phase d'expérimentation, les opérateurs ont tout d'abord réalisés des simulations numériques de réduction de l'exposition à 0,6 V/m (à puissance maximale des émetteurs) sur l'ensemble de la zone d'expérimentation pour les réseaux 2G et 3G.

Des mesures sur le terrain ont ensuite vérifié le maintien ou pas de la qualité de la couverture GSM 1800 (extérieure et intérieure) après l'abaissement effectif de puissance pour plusieurs émetteurs (trois si possible, un par opérateur sur une seule et même fréquence (GSM 1800)) de la zone d'expérimentation.

"Ces simulations (..) ont montré qu'un abaissement de l'exposition en façade et au sol à 0,6 V/m, s'accompagnerait d'une forte détérioration de la couverture du réseau, en particulier à l'intérieur des bâtiments", souligne le rapport.

Les relevés sur le terrain auraient constaté des pertes en moyenne de 82% de la couverture à l'intérieur des bâtiments à Paris 14ème, de 44% à Grenoble et de 37% à Grand-Champ.

"L'objectif de départ était vicié d'avance puisqu'il était d'évaluer les effets sur la qualité de service d'une baisse des émissions, qui aurait comme répercussion une baisse de l'exposition, sans réflexion sur ce que doit être la téléphonie mobile, a regretté Janine le Calvez, présidente de l'association Priartem, doit-on avoir une qualité de service parfaite après 4 murs, au 4e sous sols etc. ?"

Elle déplore également que les mesures de correction envisagées pour rétablir la qualité de la couverture ne reposent que sur l'existant. Ces dernières ont en effet évalué le nombre de sites d'implantation d'antennes qu'il serait nécessaire d'ajouter afin de restaurer la couverture initiale tout en maintenant un niveau d'exposition inférieur à 0,6 V/m en façade et au sol.

Une méthodologie contestée

"L'objectif poursuivi est de discréditer la valeur cible de 0,6 V/m pourtant recommandée par le Conseil de l'Europe", dénonce Robin des toits dans un communiqué. Selon l'association, le cahier des charges mis en place pour l'expérimentation de la baisse de puissance n'a pas été respecté et les résultats s'en trouvent biaisés.

Lors du changement de présidence du comité en 2011, des expériences déjà réalisées à Paris 14e et à Grenoble avec le Comop, auraient été refaites avec des modes opératoires différents.

"Pour les reconfigurations faites par simulation, nous avions convenu d'une typologie d'antennes - macrocellulaires -, le CSTB avait effectué un repérage des bâtiments hauts et ces derniers ont été équipés d'antennes de manière arbitraire pour que cela soit reproductible quelque soit l'endroit où nous faisons la simulation", explique Etienne Cendrier, porte-parole de Robin des Toits. Selon l'association, l'expérience réalisée à Grenoble avec le premier protocole montre que pour maintenir la qualité du service en limitant l'exposition à 0,6V/m, le nombre d'antennes relais devrait être multiplié par 1,5 contre 3 avec les "nouveaux" arbitrages.

""Lorsqu'ils ont commencé à déployer leurs réseaux il y a près d'une vingtaine d'années, les opérateurs ont cherché, en priorité, à installer des antennes sur les bâtiments les plus hauts. Comme il s'est avéré impossible de le faire à Grenoble, les opérateurs ont déployé leurs réseaux sur des bâtiments de moindre hauteur, se justifie FFTélécoms, il serait contreproductif d'ajouter à Grenoble des antennes sur les bâtiments les plus hauts car ces ajouts provoqueraient des brouillages et dégraderaient la qualité des services mobiles".

Vers une augmentation de l'exposition avec la 4G

Si le déploiement de la 4G n'a été prise en compte qu'en 2012 avec des travaux de simulation de l'impact du déploiement d'antennes 4G (LTE) théoriques, les résultats montrent une augmentation de l'exposition du public.

"En considérant des émetteurs 4G théoriques avec des hypothèses de déploiement en principe majorantes, on obtiendrait sur l'ensemble de ces villes, une augmentation moyenne de l'exposition en façade et au sol de 50% environ", estime le rapport. En guise d'exemple, il indique que sur la zone d'expérimentation de Paris 14ème, l'exposition moyenne au sol passerait de 0,6 V/m à 0,9 V/m environ.

Réactions7 réactions à cet article

 

« … constaté des pertes en moyenne de 82% de la couverture à l'intérieur des bâtiments ... »
N'y a-t-il pas là quelque chose qui ne va pas ?
À l’intérieur de bâtiment il y a des téléphones fixes ! Ne peut-on pas les utiliser à la place de portables ?!
Faut-il préférer les ondes qui crées des problèmes à l'utilisation de téléphones fixes ?
Réservons les téléphones portables aux déplacements et le fixe pour le reste, quitte à payer un peu plus.

Maurice | 28 août 2013 à 07h42
 
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On se focalise sur les antennes en oubliant le téléphone qu'on porte juste au niveau de la tête. Si on compare l'effet d'une faible puissance juste à côté avec celui d'une plus forte puissance bien plus éloignée on s'aperçoit qu'on peut a une distance précise avoir des effets égaux.

Multiplier les antennes est apparu comme LA solution mais ce n'est pas la SEULE.

REHAUSSER les antennes existantes est une autre solution. Il n'est pas normal de disposer au niveau des terrasse d'immeubles les antennes quand d'autres le sont beaucoup plus haut sur des pylones.
D'ailleurs les niveaux d'exposition au sol avec les émetteurs sur pylones sont surement plus faibles: c'est la solution a privilégier.
Enfin les craintes que suscitent ces émetteurs ne sont pas fondées. Il est quand même étonnant que depuis plus de 20 ans que cette technique existe et qu'elle impacte un miliard (au moins) d'utilisateurs (sans compter le reste de la population) on ait jamais pu établir de façon certaine (essais en double aveugle) des effets liés aux émissions. Les effets avérés ne concernent que les personnes se sachant prés d'un émetteur.
Evidemment aujourd'hui il devient difficile de faire ces essais puisqu'il faudrait interrompre durant une longue période le service dans un secteur. Donc ce n'est plus possible qu'en différant la mise en service dans un nouveau site.

ami9327 | 28 août 2013 à 09h36
 
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Lobby et pression financière bafouent le principe de précaution.

Que la couverture se fasse à l'extérieur des batiments est une chose mais à l'intérieur, nous avons comme le dit Maurice les téléphones fixes. Pourquoi les opérateurs se permettent "d'arroser" la population, d'ondes qui n'ont pas encore démontré leurs effets bénéfiques. Par contre il y a un grand nombre d'Etudes (pour l'instant totalement ignorées) sur les effets nocifs de ces ondes. Avec la 4G les flux de micro-ondes vont encore augmenter. En outre on considère ici la moyenne de l'exposition, ce qui est une plaisanterie en terme d'exposition au risque. Il faudrait considérer aussi les pics qui interviennent à chaque envoi ou réception de mail/image/fichier, etc. Sans négliger le paramère de proximité des antennes relais. Une Etude épidémiologique à grande échelle devrait être effectuée au plus vite sur la population (HLM) qui a (comme par hasard) la malchance d'avoir le plus grand nombre d'antennes installées sur ses immeubles. Que fait l'état? si ce n'est que des beaux discours? L'Etat a le devoir de protéger d'abord la population et de ne pas être à la merci des lobbies.

arthur duchemin | 29 août 2013 à 11h41
 
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L'un de vous, fidèles lecteurs de cette lettre, pourrait-il me dire quelle est l'intensité maximum du champ électrique (en volt/m) du rayonnement solaire direct reçu (soleil au zénith, niveau de la mer, atmosphère de transparence excellente, etc.).
Sans doute celle-ci varie-t-elle avec la longueur d'onde du rayonnement considéré. Alors pourquoi ne pas choisir le plus nocif (UV).

Merci d'avance.

jean-Claude HERRENSCHMIDT | 29 août 2013 à 17h10
 
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vouloir comparer des valeurs de champs en Volt/mètre sans tenir compte des longueurs d'onde n'a aucun sens. On a tendance a oublier que l'effet des ondes électromagnétique dépend étroitement de leur longueur: il suffit de penser que, par exemple, les ondes radio traversent les murs quand la lumière ne le peut pas. Ou encore que la longueur d'onde dans un four à micro-onde chauffe l'eau et si on s'écarte un peu de cette valeur il n'y a plus d'effet. Tous le monde connait les Radars et sait qu'ils envoient une onde puis détectent son éventuel retour par réflexion. Il existe des radars pour les bateaux, avions, projectiles et d'autres qui détectent la pluie ou la neige et même la vitesse du vent! Tout ça en choisissant les bonnes longueurs d'ondes.
Bref avec les ondes électromagnétiques il faut toujours préciser leur longueur d'onde quand on pose une question sinon il est impossible de répondre.

ami9327 | 29 août 2013 à 22h12
 
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Merci à ami9327 pour ses remarques pertinentes.
En particulier pour la longueur d'onde. C'est bien pourquoi j'avais précisé ma demande d'amplitude en v/m pour les UV. Mais peut-être est-ce insuffisant.
Dans cette discussion il est peut-être utile de préciser que je m'intéresse en priorité à l'impact des énergies électromagnétiques sur la santé humaine. Apparemment, les experts ne prennent en compte que la valeur l'amplitude du champ mesurable en un point donné. Mais, dans la suite de la remarque sur la longueur d'onde (donc de la fréquence), il serait peut-être pertinent de savoir si celle-ci a une incidence sur les cellules vivantes : de quels facteurs dépend l'absorption d'énergie, et comment et sur quoi se manifeste-t-elle ?
Ma question sur la valeur du champ électrique du rayonnement UV solaire reçu reste posée.

Jean-Claude HERRENSCHMIDT | 30 août 2013 à 10h49
 
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Pour connaitre l'effet des énergies électromagnétiques sur les cellules vivantes il faut préciser la longueur d'onde et la quantité d'énergie: par exemple le bluetooth fonctionne a la m^me fréquence que le Wifi ET que les Fours a micro-onde, mais comme les puissances sont différentes l'action de 1mW de bluetooth ne peut se comparer aux 600 à 800 watt du four.
L'effet le plus facile a cerner suivant les longueurs d'ondes est l'échauffement. Quand on a des notions de spectroscopie on comprend facilement pourquoi ces longueurs d'ondes peuvent avoir des effets si divers. Jusqu'à maintenant je n'ai jamais trouve le document montrant l''absorbtion de chaque longueurs d'onde sur des cellules vivante ou une souris (morte, faut pas être cruel...)

ami9327 | 06 septembre 2013 à 19h23
 
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