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Plastiques : des parlementaires soulignent l'importance de la réduction à la source

Un rapport parlementaire souligne que la réduction de l'utilisation des plastiques est indispensable pour lutter contre la pollution qu'ils génèrent. Il ne s'agit pas d'interdire tous les usages, mais de limiter les moins utiles.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

« Pour lutter efficacement contre la pollution plastique, il faut infléchir l'explosion de sa consommation », estiment les députés et les sénateurs de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, dans un rapport présenté ce lundi 14 décembre. « Le maître mot est la réduction », explique Angèle Préville, déplorant que « nous n'en [prenions] pas le chemin ». La sénatrice PS du Lot regrette en particulier que chaque interdiction ou réduction d'usage s'accompagne de nouvelles utilisations qui effacent les bénéfices attendus.

Les deux rapporteurs, Angèle Préville et Philippe Bolo, député MoDem du Maine-et-Loire, dressent un état des lieux complet de la pollution plastique et de ses sources. Leur rapport, intitulé « Pollution plastique : une bombe à retardement », constate que les politiques actuelles de lutte contre la dissémination des déchets plastique dans l'environnement ne sont pas à la hauteur des enjeux.

80 % des plastiques sont jetés en un an

Les racines du problème posé par les déchets plastique commencent à bien être comprises. Actuellement, les polymères constituent la troisième matière la plus utilisée à l'échelle mondiale, derrière le ciment et l'acier. De deux millions de tonnes en 1950, la production mondiale a bondi à 438 millions de tonnes aujourd'hui. Elle devrait encore doubler d'ici 2050.

Conçues pour durer, ces résines sont essentiellement utilisées pour des usages jetables, notamment pour les emballages. Aujourd'hui, 80 % des produits en plastique deviennent un déchet en moins d'un an, rappelle Angèle Préville. Tous ces déchets ne finissent pas dans la Nature. Mais, entre les diverses « fuites » au fil du cycle de vie des produits, la collecte parfois défaillante, ou encore les exportations de déchets difficiles à tracer, la quantité de plastique déversée dans l'environnement ne cesse de croitre.

Des politiques de lutte ont été menées (et le rapport les étudie en détail), mais elles sont « peu efficaces ». « La lutte contre les pollutions plastiques implique un bouleversement de nos modes de production et de consommation », résume le document qui estime qu'« elle exige de se questionner en profondeur sur un modèle de société de surconsommation fondée sur le jetable ». Bien sûr, un tel questionnement remet en cause les intérêts des industriels, des consommateurs qui doivent « renoncer à la facilité apportée par la société du jetable » et des dirigeants politiques qui doivent « assumer des choix réalistes en veillant à assurer une justice sociale ».

Hiérarchiser les usages

Les rapporteurs reprennent à leur compte la métaphore de la fuite d'eau employée par plusieurs intervenants : « en cas de fuite d'eau, on coupe d'abord l'eau avant de commencer à l'éponger, sans cela éponger ne sert à rien ! ». Pour « endiguer » la pollution plastique, il faut donc « envisager une réduction à la source ». Le texte passe en revue les mesures déjà prises : interdictions règlementaires ; objectif de fin de la mise sur le marché d'emballages en plastique à usage unique d'ici à 2040 ; ou encore réduction du poids des emballages, plutôt que de leur nombre. « Trop timide », estiment les parlementaires.

La solution proposée n'est pas la suppression de tous les plastiques, « l'objectif est de rationaliser leurs usages en les réservant aux applications où leurs performances leur confèrent une nette supériorité vis-à-vis des autres matériaux ». Ce crédo est développé par Philippe Bolo qui insiste sur l'indispensable hiérarchisation des usages. La réduction du recours aux plastiques doit se baser sur leurs qualités (conditionnées notamment par la toxicité de leurs additifs), l'intérêt de leur usage (quid des usages uniquement liés à des fonction marketing ?), leur durée de vie (certains produits ne sont utilisés que quelques minutes), leur risque de fuite et leur substituabilité.

Parmi les priorités, figurent l'interdiction des microplastiques intentionnellement ajoutés, le recours à la commande publique, la réduction de la consommation de plastique par les entreprises « par la coercition et l'incitation », ou encore « [l'interdiction de] l'utilisation de polystyrène expansé pour l'emballage des colis, y compris pour les produits frais (poissons) et les objets fragiles ».

Réactions1 réaction à cet article

 

Mais c'est toute la stratégie des plasturgistes, consistant à faire porter l'entière responsabilité de la dissémination des matières plastiques dans l'environnement aux consommateurs et non aux producteurs, qui est là remise en cause !!!
Nos parlementaires semblent aujourd'hui découvrir ce qu'ONG et scientifiques dénoncent depuis longtemps déjà. Mais il ne fallait pas brusquer ni contrarier une si florissante industrie, peu importe quelle soit extrêmement polluante...
Seulement, aujourd'hui, cette absurde pollution planétaire généralisée est bien documentée, très médiatisée et comme tout le monde le sait et en parle, nos parlementaires ne veulent surtout pas paraître dépassés et en décalage avec la société.
Las, leur responsabilité, liée à leur cécité et à la lenteur de leur temps de réaction, est terrible quant à cet envahissement de l'environnement et de la biosphère par ces matières aussi polluantes qu'insidieuses ! Conséquences dramatiques d'une représentation nationale bien plus préoccupée par le mythe de la croissance économique que par la préservation des conditions de vie sur la planète.

Pégase | 15 décembre 2020 à 09h31
 
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