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Transition énergétique : l'open data, un outil bénéfique pour les collectivités

Les données de production et consommation d'énergie mises en ligne par les gestionnaires de réseau, apparaissent comme un moyen d'établir un diagnostic et développer des politiques de mise en œuvre de la transition énergétique dans les territoires.

Energie  |    |  Eva GomezActu-Environnement.com
Transition énergétique : l'open data, un outil bénéfique pour les collectivités
Environnement & Technique N°372 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°372
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Que deviennent les données recueillies par les compteurs communicants d'électricité et de gaz ? Dans le but d'améliorer la compréhension et la maîtrise de la consommation d'énergie, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte prévoit en effet à l'article 179, que les gestionnaires de réseau mettent à disposition de tous, les données dont ils disposent. Le développement de l'open data est également une pierre angulaire de la loi pour une république numérique, adoptée en octobre 2016. Si la circulation de données personnelles soulève des interrogations, pour les acteurs du secteur de l'énergie et notamment les collectivités, il s'agit avant tout d'un moyen d'adapter la mise en œuvre de la transition énergétique à la situation actuelle.

C'est le cas de la métropole du Grand Lyon par exemple, qui exploite ces données pour définir les lignes directrices de la politique de transition énergétique locale. Depuis 2016, le gestionnaire de réseau Enedis met en ligne les données de production d'énergie par filière, et de consommation électrique annuelle aux échelles régionale, d'établissement public de coopération intercommunale (EPCI) et d'îlots regroupés pour l'information statistique (Iris – 2.000 habitants), par secteur. La qualité de fourniture d'électricité est également représentée et "des analyses accompagnent ces données afin de leur donner du sens", précise Enedis. Eymeric Lefort, directeur de mission "énergie" du Grand Lyon, explique que l'utilisation de ces données a permis d'acquérir une meilleure connaissance énergétique du territoire et d'établir "un état des lieux énergétique complet et détaillé, comprenant des typologies des consommateurs et des usages spécifiques au Grand Lyon".

 
L'application "Electryc", développée par Enedis et le Grand Lyon, permet de visualiser la part d'électricité produite et consommée localement dans le quartier de la Confluence à Lyon.
 

Une piste pour identifier la précarité énergétique

L'analyse de ces données énergétiques, croisée avec celle de données territoriales, de l'agence d'urbanisme ou de l'Insee par exemple, permet de "travailler avec des industriels pour favoriser les économies d'énergie ou de repérer les bâtiments les plus énergivores pour orienter l'éco-rénovation", selon Eymeric Lefort. Les données fournies par les acteurs sociaux "sont aussi très importantes dans le processus d'identification de la précarité énergétique". 15% des foyers français sont en effet concernés. "Nous avons aussi pu diagnostiquer le taux de pénétration du réseau de chaleur urbain", relève-t-il. Des éléments d'analyse intéressants, alors même que les compteurs Linky ne finiront d'être déployés sur le territoire du Grand Lyon qu'en fin 2017. S'en suivront des phases de déploiement du compteur communicant de gaz, Gazpar, puis d'eau et de chaleur.

Grâce à ces analyses de données, la métropole est en phase de développement d'un scénario pour atteindre les objectifs de la loi de transition énergétique en 2030. Enedis a déjà développé l'application mobile "Electryc" en partenariat avec la métropole, qui "permet de visualiser la part d'électricité produite et consommée localement dans le quartier de la Confluence (Lyon), heure par heure, ainsi que l'historique et les prévisions des 12 prochaines heures". Une façon pour les habitants d'adapter leur consommation d'électricité, produite par les 7.000 m2 de panneaux solaires installés. Christian Buchel, chef digital d'Enedis, estime en effet que "la transition énergétique doit se faire avant tout au niveau régional". Le gestionnaire de réseau est aussi en train de mettre au point une plateforme de "closed data" avec la métropole de Nantes, afin de réunir les données électriques descriptives du territoire concerné.

Améliorer le service et la gestion en interne

Pour les gestionnaires de réseau, le développement des outils numériques est une nécessité. En effet selon Christian Buchel, "la transformation digitale, qui comprend les compteurs communicants, la big data, ou l'intelligence artificielle, est nécessaire à la transition énergétique et les données sont au cœur des vecteurs de cette transformation". Enedis a pour cela mis en place quatre départements consacrés au numérique, composés de 68 salariés, chargés de la collecte, du stockage, du traitement et de l'analyse des données, mais aussi de leur protection, de leur exploitation et de leur mise à disposition en open data. En interne, l'exploitation de ces données permet d' "améliorer les modes de gestion des actifs, les équipements ou optimiser la maintenance pour aller vers une maintenance prédictive", explique Jean-Charles Monnet, directeur de "la fabrique numérique" d'Enedis.

 
Les données sont anonymisées et une équipe est dévouée à leur gouvernance, c'est-à-dire à leur protection et à leur transfert sécurisé. Elles ne sont transférables qu'avec le consentement du client.  
Chantal Genermont, directrice du programme numérique d'Enedis
 

Un partenariat avec la start-up d'intelligence artificielle DC Brain permet également d'étudier via ces données, le comportement du réseau et la propagation des flux afin de pouvoir l'équilibrer, anticiper la reconstitution du réseau en cas de panne, ou encore déterminer les sources d'économies d'énergie.

Transparence et cyber-sécurité

Malgré l'utilité de l'open data, la circulation de données inquiète de nombreux clients et consommateurs qui se demandent à qui appartiennent leurs données privées. "Elles sont anonymisées et une équipe est dévouée à leur gouvernance, c'est-à-dire à leur protection et à leur transfert sécurisé. Les données ne sont transférables qu'avec le consentement du client", rappelle Chantal Genermont, directrice du programme numérique d'Enedis. Pour le gestionnaire de réseau électrique comme pour la start-up DC Brain, "bien qu'intrusives, l'exploitation et l'analyse de ces données permettent de réguler la consommation d'énergie et d'agir sur la transition énergétique".

Christian Buchel souligne que la diffusion des données à l'échelle Iris (2.000 habitants) est aussi un moyen de protéger les données. Il fait valoir l'article 179 de la loi de transition énergétique, qui garantit la transparence et la protection des données individuelles et commerciales par les gestionnaires. Pour lui, il s'agit de "s'assurer qu'aucune donnée ne pourrait constituer un risque pour les installations et de trouver le bon équilibre entre l'ouverture des données et l'assurance de nos responsabilités".

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