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Prospective : les exploitants éoliens vont devoir optimiser davantage leurs installations

Les nouvelles règles du marché de l'énergie incitent les professionnels de l'éolien à améliorer la compétitivité du kWh produit. Le secteur fourmille de solutions pour produire plus et mieux. Le point avec Guillaume Steinmetz, directeur commercial de ROMO Wind.

Avis d'expert  |  Energie  |    |  Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°361 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°361
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Les règles de marché pour la production et la vente d'énergies renouvelables évoluent sérieusement en France. Le 28 mai 2016, la publication d'un décret sur les modalités du nouveau mécanisme de soutien aux EnR impose aux professionnels quelques remises en question.

Les règles du marché de l'énergie privilégient la compétitivité

Auparavant basé sur un tarif d'achat fixé à l'avance et indexé chaque année, ce mécanisme de soutien évolue désormais vers un simple complément de rémunération calculé et versé par l'Etat. Il vient s'ajouter à la vente des productions électriques sur le marché libre de l'énergie.

Concernant l'éolien, l'objectif à terme est d'accompagner la filière vers une compétitivité suffisante sur le marché de l'énergie pour pouvoir se passer de ce complément de rémunération, conformément aux exigences de l'Union Européenne.

La filière de l'éolien optimise l'exploitation des parcs

Pour les exploitants éoliens, souvent habitués à des business models "confortés" par le tarif d'achat, la conséquence est une nécessaire adaptation des habitudes et la quête de solutions pour extraire davantage d'énergie des actifs éoliens en production. Certains exploitants sont déjà rompus à l'exercice, en raison de ressources de vent parfois plus faibles qu'attendues sur les parcs mis en service.

De fait, le marché de l'éolien s'adapte progressivement aux attentes, avec de plus en plus d'entreprises qui proposent des produits et services permettant, de différentes manières et à différents niveaux, d'optimiser l'exploitation des parcs éoliens. Une tendance particulièrement visible sur EWEA, le salon de l'éolien qui s'est tenu en novembre dernier à Paris.

Tout un ensemble d'actions pour produire plus et mieux

Pour l'industrie de l'éolien, l'optimisation des parcs vise à améliorer la compétitivité du kWh éolien produit, et à maximiser les revenus d'exploitation d'un parc. Un ensemble d'actions, directes ou indirectes, doit désormais contribuer à améliorer un fonctionnement, un rendement, une utilisation. Car l'idée d'agir sur les performances seules de la machine, afin de produire plus de kWh à la sortie pour une même ressource de vent en entrée, occulte de nombreuses autres possibilités d'optimisation.

En effet, si le comportement de la machine est évidemment un facteur clé à travailler, les conditions dans lesquelles cette machine est opérée sont tout autant essentielles. A quoi bon travailler sur l'aérodynamisme d'une pale si le parc est situé dans une zone du réseau électrique subissant régulièrement des perturbations ? Pourquoi chercher à améliorer l'angle de calage des pales si l'éolienne en question se trouve la plupart du temps dans le sillage de l'éolienne voisine ?

Optimiser, une mission systémique et complexe

La mission "d'optimiser" dans le secteur de l'éolien revient à considérer l'équation de la production dans son ensemble. Charge à l'exploitant d'intégrer les données d'entrée et les données de sortie, ainsi que le processus permettant de passer des unes aux autres. Aucun facteur, direct ou indirect, n'est à négliger dans cet exercice.

Ainsi, même les considérations d'hygiène et sécurité, en plus de garantir un environnement de travail aux risques limités, permettent indirectement d'optimiser les machines en limitant leur risque d'immobilisation. C'est un facteur qui peut parfois être négligé, à tort.

De nouveaux repères pour les exploitants de parcs éoliens

Il est nécessaire de comprendre que le temps est venu, pour les exploitants, de sortir du simple suivi d'exécution des contrats de maintenance "tout compris". L'ère de l'optimisation éolienne s'impose à eux... et pour le meilleur.

Car si toutes les éoliennes actuellement en exploitation en France voyaient leur fonctionnement optimisé, ne serait-ce que de 2%, cela permettrait un supplément de production électrique correspondant à la consommation des 2,3 millions de parisiens pendant un mois. C'est toujours bon à prendre.

Les perspectives pour les professionnels de l'éolien sont bonnes. Le défi de produire plus et mieux est largement à leur portée. Les pistes d'amélioration sont connues et le mouvement est déjà lancé.

Avis d'expert proposé par Guillaume Steinmetz, directeur commercial France chez ROMO Wind.

Réactions3 réactions à cet article

 

Cela n'empêche pas que les défauts majeurs de l'éolien sont l'intermittence aléatoire et le faible facteur de charge (24% en 2015). Par ailleurs, comme l'intermittence perturbe le réseau de transport, avec en sus des variations de puissance de 1 à 100, il faut en back up des centrales thermiques et il faut renforcer le réseau. Et tout cela coûte fort cher. Enfin, de plus en plus d'études pointent les effets néfastes des infrasons pour les riverains, mais les études d'impact ne mesurent pas ces infrasons. Donc, de plus en plus de riverains en souffrent gravement, et les Pouvoirs Publics, tout comme les promoteurs rapaces, mettent ces nuisances sous le tapis. Sans compter la distorsion de concurrence liée aux aides, aux tarifs conventionnés et au rachat obligatoire, avec des prix qui sont hors marché, ce qui fait que les opérateurs sont contraints de fermer des centrales thermiques et que la Direction de la Concurrence de la Commission européenne commence à se poser des questions et à enquêter. Bref, l'éolien est un mode de production qui pose tellement de problèmes qu'il n'aurait jamais pu se développer dans un marché ouvert, Son développement a des conséquences néfastes sur le prix du kWh, donc sur le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité de nos entreprises, au bénéfice de promoteurs rapaces qui s'engraissent de manière déraisonnable dans ce fromage créé par les Etats et l'UE...

jipebe29 | 01 août 2016 à 19h10
 
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Optimisées ou pas, les éoliennes ne sont pas enviro-défendable, sauf peut-être très très très loin à l'horizon des plages, voire en Lozère.

Inverstissons plutôt dans la recherche sur les hydroliennes

Sagecol | 02 août 2016 à 09h58
 
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Regardons les faits, chiffres, et études sérieuses.
Premièrement, l’Institut de l’Environnement, de Mesure et de la Protection de la nature du Land de Bade-Wurtemberg (LUBW) a publié début 2016 les conclusions de son étude
«Bruits de basses fréquences (BF) et infrasons émis par les éoliennes et d’autres sources» que vous pouvez consulter (mais en allemand). Pdt 2 ans les mesures faites sur les
bruits de BF émis par 6 éoliennes de différents modèles, de puissance entre 1,8 et 3,2MW ont montré que les niveaux d’infrasons produits par les éoliennes se situent en-deçà du seuil
de perception humain et qu’il n’existerait pas de preuves scientifiques établies d’un impact négatif sur la santé de l’homme. Les conclusions de l’étude confirment
qu’aucun effet négatif des sons émis par les éoliennes ne serait à
craindre. Les infrasons, mesurés à une distance de 150 à 300m des éoliennes (alors qu'elles doivent être à au moins 500m des habitations) ont étés clairement
inférieurs au seuil de perception de l’homme ! Mais aussi inférieurs aux infrasons d'appareils électroménager ou d'une voiture, et comparables à des mesures effectuées à la campagne, dans une zone sans parc éolien.
Concernant l’intermittence, le panorama des EnR 2015 publié par ERDF nous apprend que la variation de la production éolienne par rapport à sa prévision n'est que de 5% de la puissance installée, soit environ 500W. Inférieure donc aux écarts de prévision de la consommation qui sont eux de quelques milliers de MW.

TrueStory | 05 août 2016 à 20h36
 
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