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L'optimisation de la recherche environnementale selon l'Opecst

La recherche environnementale exige de la pluridisciplinarité, des financements sur le long terme, et un assouplissement du principe de précaution. Quelques messages contenus dans un rapport que l'Opecst vient de publier.

Gouvernance  |    |  Anne-Sophie Luchez Actu-Environnement.com

L'amélioration de la compétitivité française grâce à la recherche environnementale a fait l'objet d'une audition publique, tenue au Parlement l'été dernier. L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) en livre un compte-rendu exhaustif et critique, récemment rendu public. Pour développer notre économie, l'Office met en lumière la nécessité de faire évoluer la recherche environnementale. Il fournit des recommandations qui s'appuient notamment sur l'expérience de professionnels.

"Maudit principe de précaution"

La recherche environnementale permet des évolutions technologiques et scientifiques qui, elles-mêmes, peuvent faire naître de nouveaux marchés. Or, ces évolutions ne sont pas toujours prises en compte par la réglementation. Ce qui pose problème puisque des "évolutions réglementaires sont souvent nécessaires pour permettre l'émergence d'un marché", précise Anne-Yvonne Le Dain, vice-présidente de l'Office. En cause ? L'application du principe de précaution, qui apparaît pour les membres de l'Office comme un frein au bon épanouissement de l'économie.

"Maudit principe de précaution". Telle est l'expression employée par Frédérique Clusel, directrice générale de Lesaffre Feed Additives. Auditionnée dans ce cadre, la chef d'entreprise considère que des produits "plus sûrs que ceux qui existent déjà ne peuvent être lancés faute de réglementation les concernant". En guise d'illustration, le premier vice-président de l'Opecst Jean-Yves Le Déaut, mentionne "les freins réglementaires à l'innovation" dans le cadre de la rénovation thermique des bâtiments. Cela touche à la qualité de l'air intérieur, problématique qu'il juge pourtant "majeure".

Pour y remédier, Eric Quemeneur, directeur des programmes de recherche et des partenariats industriels du CEA préconise de "vaincre la résistance au changement et [de] favoriser la prise de risque dans les nouvelles technologies". Il "faut réfléchir au moyen de faire évoluer la lettre de la réglementation" pour qu'elle puisse prendre en compte l'innovation, ajoute François Démarcq, directeur général délégué du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

Développer les financements et les maintenir sur le long terme

Le vice-président de l'Alliance nationale de recherche pour l'environnement (AllEnvi), Jean-Marc Bournigal, souligne l'importance de la prise en compte de financements sur des cycles plus longs. L'Office renchérit, puisqu'il regrette l'obstacle auquel doivent faire face certains professionnels : un financement non adapté au temps de développements longs que requièrent les recherches. Pour Emmanuel Maille, directeur corporate and business development de Carbios, les "financements font défauts entre la phase de recherche et celle de commercialisation".

Pour pallier la difficulté, certains professionnels se tournent vers la Banque publique d'investissement (BPI). C'est le cas du directeur général d'Agrauxine, Antoine Coutant, qui s'en est rapproché pour financer la recherche dans le biocontrôle. Le rapport témoigne du grand nombre de rapprochements qui s'effectuent avec la BPI, qui, selon la vice-présidente de l'Opecst, est "susceptible de jouer un rôle d'impulsion décisif". Mais est-ce le seul moyen de financement ?

Les entreprises peuvent financer la recherche environnementale. La vice-présidente de l'Office donne l'exemple des Etats-Unis : "Tous les deux ou trois ans, les entreprises vont dans les laboratoires sélectionner des projets, qui alors les subventionnent fortement". Mais les entreprises françaises semblent plus frileuses… En témoigne Katia Barral, membre de la direction de l'innovation du CNRS, pour qui certaines entreprises "rechignent à apporter des financements". Selon cette dernière, il existerait en France l'idée selon laquelle la recherche publique est gratuite. Elle déplore cette idée reçue, et en appelle donc au changement de culture.

Mobiliser plusieurs compétences

Les membres de l'Office mettent l'accent sur le grand nombre d'acteurs impliqués dans la recherche, et en vantent les mérites. Cette recherche intègre les sciences humaines et sociales, précise la vice-présidente de l'Office, "pour mieux appréhender leurs retombées économiques et sociales". La plupart des innovations mobilisent "un  faisceau de technologies et de connaissances".

En matière de risques naturels, Jean-Marc Bournigal, également président de l'Irstea, préconise le passage d'une gestion des aléas à "une vision plus intégrée de vulnérabilité", entraînant des conséquences sur la gouvernance et la prise de décisions dans le cadre du développement des territoires. Il estime que cet exercice serait "rendu [im]possible" sans la gestion de systèmes complexes, qui mobilisent plusieurs compétences. Cela témoigne de l'importance de la pluridisciplinarité.

Les membres de l'Office considèrent que la dynamique de la recherche environnementale repose en partie sur son caractère pluridisciplinaire. Ils soulignent également la grande valeur des partenariats qui, rappellent-ils, associent "le public, le privé, mais aussi les citoyens". L'Opecst les juge "indispensables" pour que la recherche se traduise en innovation.

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