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Grenelle : une optimisation de la collecte sélective sera nécessaire

Alors qu'en 2007, 61,3% des emballages mis sur le marché ont été recyclés, ce taux va devoir passer à 75% dès 2012 selon le projet de loi Grenelle 1. Les collectivités vont donc devoir sensibiliser, optimiser voire réorganiser leur collecte.

Déchets  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Grenelle : une optimisation de la collecte sélective sera nécessaire
© Gautier Willaume
   
Depuis le début des années 1990, la France déploie sur son territoire des collectes sélectives afin de répondre aux réglementations européennes encourageant le recyclage des déchets. Ces collectes concernent principalement les emballages ménagers qu'ils soient en verre, en plastique, métal ou en papier-cartons. Aujourd'hui, 98,5% des communes françaises disposent d'un système de collecte sélective, ce qui a permis en 2007 de recycler 61,3% des emballages ménagers mis sur le marché. L'objectif européen de 55% en 2008 est donc atteint.

Toutefois un nouveau défi attend les collectivités avec le projet de loi Grenelle 1 en cours de discussion au Parlement. Ce texte issu des débats du Grenelle est en effet plutôt ambitieux en matière de déchets. Plusieurs objectifs nationaux sont fixés et notamment celui de recycler 75% des emballages ménagers dès 2012. Selon le rapporteur du projet de loi au Sénat Bruno Sido, en rythme annuel, cet objectif représente sur les 5 ans à venir une accélération de 50 % des performances de recyclage (…) par rapport à la moyenne des 15 dernières années. Du fait des bonnes performances actuelles en la matière, il sera particulièrement difficile de passer de 62 % à 75 %, prévient le rapporteur. Mais pour l'éco-organisme Eco-emballages et l'Association des Maires de France (AMF), ce taux est accessible. Il va toutefois nécessiter une optimisation des collectes sélectives actuelles. Cet objectif ne sera atteint que si tous les maillons de la chaîne du tri s'activent, producteurs, citoyens, collectivités et recycleurs, expliquent Jacques Pélissard, Président de l'AMF.

Mieux informer les habitants

 
Cet objectif ne sera atteint que si tous les maillons de la chaîne du tri s'activent, producteurs, citoyens, collectivités et recycleurs  
Jacques Pélissard
 
Pour les collectivités locales, les habitants sont le premier échelon à convaincre. Selon le dernier baromètre d'opinion coordonné par Eco-emballages et réalisé par 60 collectivités auprès de 23.000 personnes, le manque d'informations semble criant. Les deux premières pistes d'amélioration tirées de ce baromètre sont une meilleure information sur les résultats, les débouchés et l'impact du tri sélectif et une meilleure information sur le « bon geste du tri ». L'amélioration de la communication en général est également un levier identifié par 78% des collectivités ayant débuté des études d'optimisation. D'autres pistes ressortent également du baromètre : distribuer des sacs de tri à domicile ou des poubelles compartimentées.
Le baromètre n'apporte en revanche aucune réflexion sur l'opportunité d'harmoniser au niveau national les couleurs des poubelles ou de faire évoluer la signalétique sur les emballages. Si Eco-emballages a reconnu que son logo « Point vert » peut porter à confusion, il n'a pas prévu de le modifier mais a récemment apposé l'adresse de son site internet auprès de son logo. Cette mention invitant les consommateurs à vérifier si l'emballage est oui ou non recyclable n'a d'ailleurs pas manquer de faire polémique. Eco-emballages semble donc préférer que les collectivités déploient une communication locale spécifique et adaptée à la collecte mise en place.

Adapter les modes de collecte aux spécificités locales

L'optimisation de la collecte sélective passera également par une meilleure adaptation des modes de collecte aux modes de vie des habitants. Selon le baromètre, 74% des habitants trient tout ou presque dans les communes où le taux d'habitat vertical (immeubles) est inférieur à 10% alors que ce taux chute à 47% dans celles où l'habitat vertical est supérieur à 40%. La question du tri dans l'habitat vertical est un véritable enjeux, confirme Vincent Regnouf, Directeur du département Services aux Collectivités chez Eco-emballages.
Le SMICTOM de Coulommiers a appliqué ce principe lors de la redéfinition de sa collecte il y a quelques années : un ramassage des bacs robotisé pour le milieu rural, des bacs semi-enterrés au pied des habitats collectifs et des bacs complètement enterrés en centre ville. La ville en a profité pour harmonier les fréquences de collecte au sein de ses 54 communes et pour rappeler les consignes de tri. Résultat, le SMICTOM observe une réduction des tonnages d'ordures ménagères de 7% par an depuis 2005, une augmentation des tonnages d'emballages de 15% et de 10% pour le verre.

Mais cette recherche de performance va devoir aller de paire avec une maîtrise des coûts. Dans le cas du SMICTOM de Coulommiers qui finance le service exclusivement grâce à la Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM), les résultats sont exemplaires puisqu'en 2007 cette TEOM a baissé de 5 à 6% selon les communes.

Selon l'AMF, plus de 300 collectivités représentant près de la moitié de la population française ont engagé une réflexion que ce soit pour mieux connaître leurs coûts de fonctionnement ou identifier des leviers d'optimisation. Eco-emballages a, de son côté, créé un observatoire de l'optimisation pour suivre les évolutions : 120 collectivités ont déjà regroupé leurs expériences. Eco-emballages espèrent en convaincre 20 de plus d'ici à la fin de l'année 2009.

Réactions8 réactions à cet article

 
Lecture "sélective" de l'actualité Eco-Emballag...

Bonjour,
Pas un mot dans votre article sur les propos tenus pendant cette conférence de presse AMF/Eco-Emballages sur le "scandale" (voir les propos du Ministre et de la Secrétaire d'Etat de l'époque et les titres de la presse en déc 08) des placements off-shore et de la gestion approximative des fonds d'Eco-Emballages. Avec ses suites, dont des rumeurs de "négociations sans transaction" (je cite) d'Eco-Emballages avec son Directeur Général limogé pour faute grave ...
Tout ceci est déjà retombé dans les oubliettes du recyclage ? L'écologie est aussi (surtout ?) de la politique et de l'économie, de la confrontation d'intérêts collectifs divergents (entreprises adhérentes qui financent et collectivités locales qui sont censées en recevoir la quasi-totalité) et de la satisfaction des intérêts de l'équipe dirigeante et de ceux du CA de cet "éco-organisme". Ne pas tenir compte de ces différentes composantes ne rend pas compte de la réalité et fait de votre article un coupé-collé, une simple reprise -sans analyse ni recul- des communiqués de presse des institutions concernées.

lecture "sélective" | 19 mars 2009 à 08h50
 
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Re:Lecture

Chère lectrice

En effet, dans cet article il n’est pas abordé le scandale financier d’Eco-emballages, ce n’est pas l’angle qui a été choisi pour cette article. Cette information a été traitée dans de nombreux articles précédents depuis le début du scandale en décembre 2008. Nous avons même fait la promotion de l’enquête approfondie réalisé par un de nos confrères et dès qu’il y aura du nouveau nous ne manquerons pas d’en faire part à nos lecteurs.

https://www.actu-environnement.com/ae/news/amorce_plainte_eco_emballages_6887.php4
https://www.actu-environnement.com/ae/news/audit_eco-emballages_6722.php4
https://www.actu-environnement.com/ae/news/enquete_eco-emballages_6598.php4
https://www.actu-environnement.com/ae/news/scandale_financier_eco-emballages_6368.php4
https://www.actu-environnement.com/ae/news/renforcement_eco-organisme_meeddat_6415.php4
https://www.actu-environnement.com/ae/news/nouvelle_gouvernance_eco-emballages_6405.php4

Oui, comme vous le dites « l'écologie c’est aussi de la politique et de l'économie » mais pas seulement et nous restons convaincus que pour un média professionnel et spécialisé tel qu’Actu-environnement il est tout aussi important de présenter des solutions concrètes que des polémiques pour faire bouger les choses.

Bonne journée

La rédaction

La rédaction | 19 mars 2009 à 13h12
 
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Collecte sélective

Effectivement, la collecte sélective après la réduction des emballages est et doit rester le premier maillon du traitement des déchets.
Cependant, je considère que le tri sélectif doit être simplifié pour l'habitant avec une notion:
- de déchets propres et secs faciles a trier dans les centres
de tri, les refus étant destinés a la valorisation énergétique,
- déchets humides destinés au compostage ou a la méthanisation.

En effet il est plus facile de récupérer des emballages non recyclables au milieu de déchets secs qu'au milieu de déchets humides, d'autant que ceux-ci sont compressés dans les camions de collecte. (ex: les plastiques non recyclables non rien a faire en compostage ou méthanisation et compromettent la qualité du compost obtenu).

R.B.

RB | 19 mars 2009 à 14h46
 
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pourquoi pas tous les plastiques

Pourquoi Eco-emballage ne recycle que les flacons et pas les barquettes?. Les plastiques sont repérés par des numéros allant de 1 à 7 qui indiquent sans équivoque leur nature. Les consommateurs savent lire et pourraient utiliser ces n° pour trier les plastiques.

Air Vigilance | 19 mars 2009 à 19h17
 
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Emballages recyclables

Le meilleur déchet est celui que l'on ne produit pas... Alors limitons les emballages en faisant le choix de produits en vrac !
On ne le dit jamais assez...
Par ailleurs, pourquoi les emballages recyclables ne sont-ils pas mieux signalés ?
On pourrait faire le choix de produits aux emballages recyclables au détriment des autres !

michellem | 21 mars 2009 à 15h53
 
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Re:pourquoi pas tous les plastiques

On ne recycle que les bouteilles et flacons en plastiques. Le reste , pots de yaourt ou autres sont sales et sont beaucoup plus légers.Ce ne serait pas interressant de les recycler au point de vu transport et on utiliserait beaucoup trop d 'eau pour les nettoyer.

olivier | 24 mars 2009 à 09h03
 
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Expérience

Ancienne ambassadrice du tri, je peux témoigner que la gestion des déchets et notamment le tri est un sujet épineux chez nos chers concitoyens.
Entre la réplique "je paye déjà des impôts", "trier créé du chômage", "de toute façon, vous mélangez tout après, on tri mais pour rien, ce sera brûler en fin de course" et j'en passe des meilleurs, mobiliser, sensibiliser sur le tri est difficile.

Et on a beau dire, Eco-emballages, à part financer des campagnes de communication (prédéterminées et très formatées) ne fait pas grand.

Si le logo Eco-emballages n'est pas apposé sur le déchet d'emballage, type carton de déménagement, la collectivité paye des amendes.

Enfin tout un système qui nécessite une forte volonté.

Créer des postes d'ambassadeurs de tri qui seront valorisés et mieux rémunérés et pris en compte et on en reparlera...
C'est de contact de proximité dont les citoyens ont besoin !

Une ancienne conseillère | 24 mars 2009 à 12h22
 
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Re:pourquoi pas tous les plastiques

Le problème des barquettes et autres emballages plastiques non "Flacons" c'est qu'ils sont constitués aussi d'un plastique particulier. En effet, il existe plein de sorte de plastique, tout le monde connait le PS le polystyrène mais il n'y a pas que lui. Concernant les emballages, il y a des types de plastique qui se recyclent pour la simple et bonne raison que leur part est plus importante donc plus interessante à recycler. Et il y a aussi des emballages plastques constitué de plusieurs résines.
La notion de lavage est aussi à prendre en compte. Mais ne soyons pas négatifs, la collecte sélective est en perpetuelle évolution (récupération de la bouteille d'huile etc). Soyons patient !
En ce qui concerne le n°, je pense que les gens n'ont pas forcément la place pour ce tri minutieux. Laissons les centres de tri faire leur travail et nous consommateurs faisons chez nous le meilleur pré-tri possible.

Employée de Centre de Tri | 26 juin 2009 à 17h41
 
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