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Actu-Environnement

Situation environnementale inquiétante en Europe de l'Est

Un rapport, présenté à l'occasion du forum de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) dédié à la sécurité environnementale, fait état d'une situation écologique critique en Ukraine, Belarus et Moldavie.

Risques  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) regroupe 56 États situés en Europe, en Asie centrale et en Amérique. Par conséquent elle assure la sécurité d'une région géographique s'étendant de Vancouver à Vladivostok en déployant un large éventail d'activités relevant des trois dimensions de la sécurité : humaine, politico-militaire et économico-environnementale. À l'occasion d'un de ses forums organisé la semaine dernière à Prague et dédié à la sécurité environnementale, un rapport rédigé par l'Initiative sur l'Environnement et la Sécurité (ENVSEC*) fait état d'une situation écologique alarmante en Ukraine, Belarus et Moldavie étroitement liée à la situation géopolitique de la région.

Intitulé « Environnement et sécurité : transformer le risque en coopération », le rapport note que les trois anciennes républiques soviétiques font partie des cibles de la politique de « bon voisinage » de l'Union Européenne mais sont aussi regardées de très près par la Russie. Cette région charnière est confrontée à des enjeux majeurs sur le plan énergétique qui sont à l'origine de problèmes environnementaux importants. Les trois pays dépendent des approvisionnements en gaz russes mais sont également des zones de transit pour les canalisations de gaz naturel à destination de l'UE. Le Belarus et l'Ukraine poursuivent une politique d'autosuffisance énergétique en partie grâce à la construction de centrales nucléaires malgré l'ombre de Tchernobyl. Le développement rapide des stockages de pétrole et des usines thermo et hydro-électriques a également des implications importantes pour la sécurité et l'environnement.
Outre les menaces conséquentes à la position centrale des trois pays sur le plan énergétique, cette région doit également faire face à un passé militaro-industriel encore très présent. Selon le rapport, en Ukraine, environ 2,5 millions de tonnes d'armes, munitions et déchets militaires légués par l'époque soviétique sont sommairement stockés, dont quatre sites d'enfouissement de résidus radioactifs. Les experts estiment qu'entre 5 et 10% des dépôts et décharges du domaine militaire ukrainien exigeraient « des réparations majeures ».
En Belarus, le problème environnemental le plus grave concerne la liquidation des armements et munitions, y compris des matériaux toxiques ou radioactifs hérités de l'URSS. Dans ce pays, les sites militaires occupaient à l'époque soviétique 300.000 hectares dont 200.000 de forêts. Depuis, plusieurs terrains ont perdu leur usage militaire, laissant aux autorités locales le défi de dépolluer des sols souillés de pétrole ou des zones soumises à fortes radiations électromagnétiques. La Moldavie doit elle aussi régler son héritage militaire qui compte environ 20.000 tonnes d'armes et de munitions intransportables et dont l'explosion pourrait provoquer un désastre écologique et humain.

Les nombreux dépôts de déchets industriels et de pesticides périmés sont un autre legs du passé. Les experts ont répertorié 8.000 tonnes de pesticides périmés en Belarus et 20.000 tonnes en Ukraine, dont 11.000 tonnes d'hexachlorobenzene (HCB) et 2.000 tonnes de DDT. La plupart des 6.000 sites de stockage ukrainien sont jugés par les experts inadaptés et mal surveillés. En plus d'un million de tonnes de déchets industriels, la Moldavie doit gérer 8.000 tonnes de résidus toxiques, souvent des stocks illégaux et sauvages qui contribuent à la pollution du sol et de l'eau, selon l'OSCE.

La qualité de l'eau est d'ailleurs globalement problématique dans les trois pays, remarque le rapport. En Ukraine, environ 39% des eaux usées sont polluées par les industries lourdes et environ un quart ne sont pas traitées du tout. En Moldavie, plus de la moitié des réserves souterraines sont polluées au-delà de toutes les normes acceptables, qui sont souvent dépassées en surface avec des eaux affectées par l'ammoniac, les nitrates, les phénols ou les produits pétroliers.
De plus, le rapport signale qu'avec le durcissement des réglementations dans les nouveaux Etats membres de l'Union européenne, les trois pays ont vu arriver en masse et illégalement des déchets en provenance de Slovaquie et de Hongrie.

Ainsi à travers ce dossier, l'ENVSEC démontre que les questions de sécurité et de stabilité n'ont pas systématiquement une issue militaire et que la destruction et la surexploitation des ressources naturelles et des écosystèmes peuvent également menacer la sécurité des communautés et des nations. De même, des problèmes de pollution frontalière ou de zones naturelles partagées comme les fleuves et des lacs peuvent causer des tensions politiques voire entraîner des conflits.
À l'occasion de la réunion de Prague qui a reçu plus de 300 décideurs, experts et fonctionnaires de plus de 60 pays, la question du changement climatique et de ses conséquences géopolitiques a donc été au cœur des débats. Il est temps d'agir, a déclaré Cristina Barrios, la représentante espagnole. L'OSCE doit aborder les conséquences du changement climatique global, en particulier car elles affectent la sécurité, a-t-elle ajouté.


*Conçue pour soutenir les pays à contrôler les risques environnementaux, l'Initiative sur l'Environnement et la Sécurité (ENVSEC) mise sur le dialogue international et la coopération pour améliorer la situation et entend bien aider les gouvernements à identifier des solutions communes. Elles est composé de représentants du Programme des nations unies pour l'environnement (PNUE,) du Programme des nations unies pour le développement (PNUD), de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), de la commission économique des Nations Unies pour l'Europe et du Centre régional de l'environnement.

Réactions1 réaction à cet article

 
Urgence !!

Combien faudra t il de temps pour espére une amelioration ?

Anonyme | 31 mai 2007 à 13h29
 
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