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Ouverture de la COP 15 à Abidjan : restaurer un milliard d'hectares de terres dégradées d'ici à 2030

Cette conférence onusienne de haut niveau sur la désertification vise à adopter des mesures concrètes pour conserver les terres en bon état tout en garantissant la sécurité alimentaire.

Gouvernance  |    |  Agnès Sinaï  |  Actu-Environnement.com
Ouverture de la COP 15 à Abidjan : restaurer un milliard d'hectares de terres dégradées d'ici à 2030

« Terre, vie et prosperité » : c'est le slogan dont s'est dotée la 15e Conférence des parties (COP 15) à la Convention-cadre des Nations unies sur la désertification (CCNUD) qui s'ouvre, ce 9 mai, à Abidjan, et se tiendra jusqu'au 20 mai dans la capitale de la Côte d'Ivoire. Alors que, d'ici à 2050, 15 % des terres cultivables seront impraticables, y compris en Europe, et 16 millions de kilomètres carrés en mauvais état, soit la taille de l'Amérique du Sud, l'enjeu posé par cette COP 15 est de tendre vers un monde neutre en termes de dégradation des terres et de restaurer les terres dégradées. Selon Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la CCNUD, « la réparation des terres offre des opportunités à tous les États du monde pour mieux produire ».

Pendant deux semaines, les représentants des 195 pays membres de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification vont tenter de se mettre d'accord sur une série d'objectifs avec une ambition : stopper l'accroissement de la désertification, qui menace 40 % des terres émergées. Entre la nécessité de conserver les terres en bon état et l'impératif de garantir la sécurité alimentaire en pratiquant l'agroécologie plutôt que l'agriculture intensive, le défi est complexe et multidimensionnel. Il s'agit d'accroître les rendements sans appauvrir les sols et sans détruire des forêts, d'atténuer l'avancée des terres arides, de protéger et d'impliquer les populations directement aux prises avec ces changements accélérés.

Des réponses concrètes et inclusives

 
La réparation des terres offre des opportunités à tous les États du monde pour mieux produire  
Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la CCNUD
 
La COP 15 s'appuiera sur les dix axes mis en avant dans la deuxième édition des Perspectives foncières mondiales et « offrira une réponse concrète aux défis interconnectés de la dégradation des terres, du changement climatique et de la perte de biodiversité alors que nous entrons dans la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes », annonce le communiqué officiel.

La conférence se concentrera sur la restauration d'un milliard d'hectares de terres dégradées d'ici à 2030 et sur la lutte contre les impacts croissants des sécheresses, des tempêtes de sable et de poussière et des incendies de forêt.

Neuf chefs d'État africains, dont le président nigérien Mohamed Bazoum, son homologue congolais Félix Tshisekedi ou encore le Togolais Faure Gnassingbé sont attendus à Abidjan autour du président ivoirien Alassane Ouattara. Le président français Emmanuel Macron ainsi que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen participeront aux débats en vidéoconférence.

Faire émerger les sans-voix, les paysans et les femmes, mais aussi les jeunes, est une des ambitions de cette COP 15. Sous la houlette de Dominique Ouattara, épouse du président de la Côte d'Ivoire, se déroulera la deuxième édition d'une conférence sur le rôle des femmes (Gender Caucus). Les femmes subissent particulièrement la dégradation des terres et la sécheresse. Leur faible statut social et leur manque de protection dans les zones rurales les rendent plus susceptibles de souffrir des impacts de la désertification. Par exemple, en Afrique subsaharienne, les femmes représentent la moitié de la main-d'œuvre agricole, mais ne détiennent que 18 % des titres fonciers associés. Le Fonds d'aide aux femmes (Fafci), lancé en 2012, a généré un capital de réinvestissement de plus de 25 milliards de FCFA (38 millions d'euros).

Accélérer l'achèvement de la Grande Muraille verte au Sahel

Sur le continent africain, la Grande Muraille verte, lancée il y a quinze ans, à cheval entre onze pays du Sahel, a pour objectif la restauration des terres, le reboisement, l'implantation de méthodes agricoles diversifiées et de variétés adaptées, de Dakar à Djibouti. C'est une démarche multisolution pour permettre aux populations de vivre sur place, à l'heure où 135 millions de personnes au Sahel sont touchées par la dégradation des terres. Seulement 10 à 15 % ont été restaurées sur un objectif de 100 milliards d'hectares le long de cette « muraille » encore clairsemée. Lors de la deuxième édition du One Planet Summit en 2021, la France s'est mobilisée pour porter à 14 milliards d'euros les fonds internationaux pour la Grande Muraille verte. Outre rassembler des donateurs, l'enjeu est aussi de veiller à la mise en œuvre sur le terrain, à la bonne échelle, avec l'implication des populations et de l'expertise locale.

La COP 15 d'Abidjan sera la première d'une série de trois grandes conférences onusiennes sur l'environnement à se tenir en 2022. La COP 15 sur la biodiversité et la COP 27 sur le changement climatique se réuniront plus tard cette année, respectivement à Kunming, en Chine, et à Charm el-Cheikh, en Égypte.

Réactions2 réactions à cet article

 

En France c'est la désertification des campagnes au profit des villes qui s'accompagnent d'un développement des forêts à la place des prairies. Les paysages se ferment de plus en plus et c'est aussi une catastrophe inversée.

le papet | 10 mai 2022 à 09h04
 
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Bonsoir !
voilà un projet digne de respect.
cependant ce projet gagnerait plus d'intérêt pour l'Afrique et l'Europe
si dans ses actions il est intégré l'esprit puits de carbone jouant le rôle de séquestration du CO2 et libération de l'oxygène.
est-il suffisant de diminuer les émissions du CO2 qui ne contribuent pas à réduire les stocks du CO2 dans l'atmosphère. A+

DAOUD | 10 mai 2022 à 19h01
 
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