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L'aide humanitaire dépassée par les crises climatiques ?

Si le système d'aide humanitaire n'est pas réformé, les ONG risquent d'être dépassées par l'explosion du nombre des victimes du changement climatique d'ici 2015, selon l'organisation Oxfam qui appelle les pays riches à réduire leurs émissions.

Gouvernance  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
   
L'aide humanitaire dépassée par les crises climatiques ?
© Oxfam
   
Les catastrophes naturelles ont coûté la vie à 220.000 personnes en 2008 dont la plupart vivaient en Asie (plus de 70.000 victimes dans le séisme qui a frappé la Chine en mai 2008) tandis que les Etats-Unis ont enregistré les dommages matériels assurés ''les plus importants'', causés en grande partie par les ouragans Ike et Gustav, avait annoncé le réassureur Swiss Re dans la dernière étude ''Sigma'' publiée en mars dernier. L'année 2008 a affiché l'un des bilans les plus lourds jamais enregistrés en termes de dommages catastrophiques, avait souligné Swiss Re qui estimait le coût total à 269 milliards de dollars.

Les conditions météorologiques extrêmes, la baisse des réserves d'eau et la dégradation des terres agricoles pourraient causer le déplacement forcé de 250 millions de personnes d'ici 2050, selon les prévisions les plus optimistes annoncées par le Haut commissaire adjoint de l'ONU pour les réfugiés, L. Craig Johnstone, à l'occasion de la conférence internationale sur le climat de Poznan (Pologne) en décembre dernier. Le nombre de ces ''réfugiés climatiques'' pourrait ainsi augmenter de six millions au minimum par an, a-t-il précisé.

De son côté, dans un rapport publié en mai 2007, l'association britannique Christian Aid avait estimé qu'ils seraient plus d'un milliard de personnes d'ici 2050 à fuir leur habitat en raison de la pénurie des ressources mais aussi des conflits qui résulteront de ces bouleversements climatiques.

Si, outre une réduction des émissions de gaz à effet de serre, les Nations Unies recommandent d'anticiper l'aide humanitaire et d'être en mesure de distribuer dans les zones vulnérables des stocks d'aide vingt fois supérieurs aux stocks actuels, l'ONG Oxfam International tire d'ores et déjà la sonnette d'alarme.

375 millions de victimes d'ici à 2015

Les organisations humanitaires risquent d'être submergées d'ici à 2015 par l'explosion du nombre de personnes frappées par des catastrophes climatiques, prévient Oxfam dans le rapport intitulé ''Le droit de survivre'', publié le 21 avril. Basé sur les données* portant sur 6.500 catastrophes climatiques depuis 1980, le rapport d'Oxfam indique que les crises climatiques pourraient affecter plus de 375 millions de personnes chaque année d'ici 2015 (contre 250 millions aujourd'hui), soit une augmentation de 54% des victimes, menaçant d'accabler lourdement le système d'aide humanitaire. Cette estimation ne prend pas en compte les victimes de conflits armés ou de catastrophes naturelles comme les tremblements de terre ou les éruptions volcaniques.

Le système d'aide humanitaire ''doit être réformé d'urgence''

L'incapacité des leaders mondiaux à gérer ces risques ainsi qu'un système d'aide humanitaire inadapté à la situation actuelle, aggravent encore plus cette situation, souligne l'ONG. Oxfam estime en effet que le système d'aide actuel est désuet mais aussi injuste, et dénonce une inégalité de traitement des victimes. Quand 1.241 dollars ont été dépensés pour chaque survivant du tsunami de 2004 en Asie du Sud-Est, 23 dollars seulement ont été alloués à chaque victime de la crise humanitaire au Tchad. L'aide humanitaire fonctionne comme un grand jeu de cartes dont la donne est aléatoire et non basée sur les besoins des individus. La réponse est souvent irrégulière, insuffisante, en retard et inadéquate, déclare Jeremy Hobbs, directeur général d'Oxfam International. Une réforme fondamentale centrée sur les personnes dans le besoin doit être mise en place, plaide-t-il.

25 milliards de dollars nécessaires

 
Le changement climatique menace déjà notre travail d'éradication de la pauvreté (...) Nous devons aborder dès à présent la question du changement climatique.  
Oxfam
 
Pour faire face à la hausse croissante des victimes des catastrophes climatiques, les dépenses d'aide humanitaire doivent passer de 14 milliards d'euros par an - leur niveau de 2006 - à au moins 25 milliards de dollars, prévient Oxfam qui précise toutefois que cette augmentation, équivalant à 50 dollars par personne, restera inadéquate pour répondre aux besoins les plus élémentaires.

Le changement climatique menace déjà notre travail d'éradication de la pauvreté, secourir des millions de personnes devenant de plus en plus difficile. Nous devons aborder dès à présent la question du changement climatique, prévient Oxfam. Le monde doit repenser la manière avec laquelle il prévient les catastrophes, s'y prépare et y réagit, ajoute l'ONG.

A huit mois de la conférence sur le climat de Copenhague (Danemark) qui doit aboutir à un nouveau traité post-Kyoto, Oxfam appelle les pays riches à respecter les engagements internationaux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les nations doivent conclure un accord international afin d'éviter un changement climatique catastrophique, cesser d'accorder de l'aide de manière aléatoire et améliorer radicalement leur réponse aux catastrophes, indique le directeur général d'Oxfam International. L'ONG exhorte également les pays riches à fournir une aide d'au moins 50 milliards de dollars par an afin d'aider les pays pauvres à s'adapter aux changements climatiques.

Renforcer les mesures d'adaptation aux changements climatiques

En décembre dernier, le Haut commissaire adjoint de l'ONU pour les réfugiés avait aussi appelé les pays à renforcer les mesures d'adaptation aux changements climatiques. L'Europe n'est également pas à l'abri des effets du réchauffement. Car si l'UE s'est engagée à réduire de 20% ses émissions d'ici 2020, il n'est plus possible d'inverser la machine du changement climatique et ses conséquences sont irréversibles, a prévenu le commissaire européen à l'Environnement Stavros Dimas à l'occasion de la publication du Livre blanc d'adaptation aux changements climatiques le 1er avril par la Commission. Il devient donc urgent de se préparer, a-t-il souligné. Rappelons que selon un rapport de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE), l'Organisation mondiale de la santé et le Centre de Recherche de la Commission européenne publié en septembre 2008, le changement climatique menace particulièrement les zones montagneuses et côtières de l'Europe, mais également la Méditerranée et l'Arctique. En Europe, 4 millions de personnes et 2.000 milliards d'euros de biens pourraient ainsi être menacés par les inondations d'ici la fin du siècle. Le rapport fait également état de la disparition de deux-tiers des glaciers alpins depuis 1850.


* Estimations du Centre for Research on the Epidemiology of Disasters (CRED) de l'université de Louvain (Belgique).

Réactions8 réactions à cet article

 
Adaptation.

Celà semble plus facile à dire qu'à faire. S'adapter n'est pas forcément réalisable, encore faut-il avoir les moyens pour le faire. La meilleure façon de se préparer c'est , peut-être, de commencer dès maintenant. Il faut commencer à diminuer le plus possible nos émissions de G.E.S., à consommer des énergies renouvelables et à économiser l'énergie. Moins que celà, ce sera trop peu.
Même dans ces conditions, des changements climatiques surviendront. Il faudra donc s'adapter et faire avec. Il est possible que le phénomène de réchauffement climatique résulte majoritairement de causes naturelles: l'augmentation de concentration du gaz carbonique n'est peut-être pas un facteur prédominant. Il est très possible que suite à l'augmentation de température des étendues d'eau planétaires, l'augmentation de la concentration de la vapeur d'eau dans l'atmosphère soit de première importance. Je suggère que la diminution de l'albédo de la planète, suite à la fonte des glaces, soit un autre facteur important. Quoi qu'il en soit, il faudra s'adapter et par la suite trouver des moyens efficaces pour lutter contre le réchauffement.

lafden | 23 avril 2009 à 02h19
 
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Re:Adaptation.

Je suis bien d'accord avec vous, il faudra s'adapter.
Mais ne dit-on pas aussi "mieux vaut prévenir que guérir".
Prendre dès maintenant les initiatives de réduction de notre empreinte écologique...
On arrête pas de tirer la sonnette d'alarme mais personne ne bouge.
Nous, européens, bon peuple privilégié, ne devons pas nous endormir sur nos lauriers, sinon le réveil sera violent....

Pamela | 23 avril 2009 à 10h49
 
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Re:Re:Adaptation.

Vous avez tout à fait raison, il faut,dès maintenant prendre des initiatives de réduction de notre empreinte écologique. Dans mon petit message, je n'ai pas beaucoup développé le sujet. Par contre, si ça peut vous intéresser, j'ai publié plus de 40 articles sur des sujets connexes : climat, cycles glaciaires-interglaciaires, économies d'énergies, énergies renouvelables, changements climatiques,etc.

lafden | 23 avril 2009 à 15h20
 
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Re:Re:Adaptation.

Permettez moi d'élaborer sur le sujet qui nous intéresse. J'ai écrit une courte réponse, maintenant je me propose de mettre un peu de viande autour de l'os. J'aimerais y aller à patir des changements climatiques qui, si rien n'est fait, serant beaucoup plus graves que prévu.

Les scientifiques, en général, ont tendance à être plutôt conservateurs dans leurs prévisions. Évidemment, ils ont peur que ces dernières se retournent contre eux, dans le cas où ils auraient été trop alarmistes. Ils craignent pour leur crédibilité, leur notoriété ou leur carrière. Cette approche, trop frileuse, fait en sorte que les prévisions de ces scientifiques sont trop optimistes.

En fait, le réchauffement n'est pas plus grave que prévu, il est simplement plus grave qu'annoncé. Malheureusement le GIEC a mis des bémols sur ses rapports en disant aux politiciens ce qu'ils voulaient entendre tout en protégeant leurs carrières. C'est malheureux, mais c'est comme ça.

Maintenant il faut s'armer pour lutter contre un scénario pessimiste qui semble le plus réaliste et, si on tient compte des paramètres existants, ce serait celui prévoyant une hausse de température moyenne de la planète d'environ 5 degrés Celsius au cours de ce siècle. Alors, je propose qu'on cesse d'en discuter et qu'on commence à sérieusement travailler pour contrer ou du moins amoindrir les effets du réchauffement climatique annoncé. Il faut limiter ce réchauffement à l'intérieur d'une fourchette de 2 à 2,5 degrés Celsius incluant le 0,8 degré Celsius déjà acquis.

La crise Économique qui a fait baisser le prix du pétrole ne nous aide pas. Celà a ralenti le développement des énergies renouvelables qui, de ce fait, sont de moins en moins concurrentielles. Le seul remède efficace que je connaisse c'est de taxer le pétrole ainsi que les source conventionnelles d'énergies électriques produites à partir des combustibles fossiles. Bien sûr, il faudra prévoir un taux préférentiel, disons pour les premiers 30 kWh d'électricité par jour, pour une famille à revenu moyen ou faible. En procédant de cette façon, je suis persuadé qu'on verra, en peu de temps, un changement positif du côté des énergies renouvelables.

Il faudra limiter notre champ d'action: se concentrer pour être plus efficace. On mettra plus d'efforts sur le photovoltaïque, l'éolien, l'hydroélectricité (là où c'est possible, ex: Québec) et surtout le géothermique. J'insiste sur ce dernier, je ne parle pas seulement du géothermique conventionnel. Si on veut plus d'énergie et à moindre coût, il faut aller chercher l'énergie thermique emmagasinée dans l'eau (océans, mers, fleuves, lacs et rivières)à l'aide de thermopompes eau-eau. On peut ainsi réchauffer l'eau à faible coût ( 1 kWh d'énergie électrique génère au moins 4 kWh d'énergie thermique), et ainsi économiser plus de 60% sur la facture de chauffage et de production d'eau chaude. On doit également encourager la production de véhicules électriques comme le BlueCar italien. De plus, rien ne vaut un bon programme de mesures d'économies d'énergies. Finalement, il faut favoriser l'utilisation d'un maximum de techniques d'énergies renouvelables en les subventionnant au besoin.

lafden | 23 avril 2009 à 20h37
 
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Re:Re:Re:Adaptation.

Merci pour ce complèment :)

Pamela | 24 avril 2009 à 09h19
 
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Re:Re:Re:Re:Adaptation.

C'est moi qui vous remercie. Le plaisir était pour moi.

lafden | 24 avril 2009 à 13h54
 
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N'oublions pas la pression démographique

Bonjour

Je suis tout a fait de l'avis des intervenants il faut réduire nos émissions de gaz à effet de serre par tous les moyens
y compris par une réduction de notre démographie. En effet plus nous serons nombreux plus nous aurons besoin dénergie
Alors pour limiter les dégats et aussi rèduire le nombre de victimes potentielles dans les années à venir il faudrait que dès aujourd'hui tous les états du monde abordent courageusement le problème de la croissance démographique et proposent que comme en Chine chaque femme se limite à n'avoir qu'un ou deux enfants au maximum.

René03 | 25 avril 2009 à 13h17
 
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Gestion globale de la ressource en eau

Si vous avez besoin qu'on vous dise comment faire pour résoudre le problème n'hésitez pas à m'appeler.
Sinon continuer à faire du tourisme humanitaire.

jeandb | 09 juillet 2009 à 12h51
 
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